avança en s'appuyant sur une barre qu'elle avait apportée, dans une direction très approximative.
« Usagi ? appela-t-elle sans colère dans la voix quoique ce fut difficile à dire vu sa mauvaise élocution, Usagi, tu as raison ! Je veux que tu m'aides, je te fais confiance !- Mako ! Moon prit un ton ravi en recevant sa capitulation. Finalement, tout va bien se passer
- Ah c'est par là que tu es… je peux tenir ta main ? Je ne peux pas te voir.
- D'accord. Tu sais je ne sais pas encore comment faire, mais ce ne sera pas long.
- Tu trouveras, je te fais confiance. »
Moon avait marché vers son amie et tendait la main pour prendre la sienne quand d'un coup sur le poignet Mercure l'en empêcha. Elle mit le doigt sur ses lèvres pour l'inciter à se taire, puis mit sa propre main dans celle de Jupiter. Si celle-ci était vraiment aveugle, ce qui ne faisait pas de doute, elle ne saurait rien de la substitution tant que Moon restait à côté pour parler.
« Moi aussi j'ai parlé, Usagi, moi j'ai une solution. Deux, en fait. Au choix.
- Quoi ?
- Soit tu cesses immédiatement de me maintenir en vie, c'est la meilleure chose à faire, et tu ne refait plus jamais une chose aussi stupide…
- Mako ! Qu'est-ce que tu racontes ?
- Attends, ce n'est pas la meilleurs, tu veux la savoir ? »
Elle avait resserré sa prise et Mercure luttait pour libérer son poignet douloureux, sans vraiment forcer pour se libérer pour ne pas éveiller de soupçons. Elle remarqua alors le large adhésif entourant son corps. Elle avait cru qu'il servait à la cacher, ou retenir quelque partie voulant quitter sa personne, mais son mouvement avait écarté deux bandes mal jointes. Un liquide clair s'écoulait de la fente. L'odeur pourtant sans subtilité était pratiquement couverte par celle de la putréfaction, mais une vague pointe éthérée perçait. « Usagi ! cria Mercure, Éloigne-toi ! Elle est couverte d'essence !
- Non ma chère ! souffla Jupiter dans son oreille sans savoir qu'elle tenait Mercure. C'est l'autre solution, tu meurs et j'ai enfin la paix ! »
En parfaite synchronisation avec ces mots, le dragon tranquillement couché en retrait tourna la tête, les narines fumant déjà du feu qu'il préparait. Sailor Moon hurla : « Non ! C'est Ami que tu tiens ! Je suis ici ! »
Surprise, Jupiter attira sa captive à elle et emprisonna sa tête entre ses bras. En effet, elle n'avait pas la coiffure d'Usagi. Elle la repoussa au sol et sautilla sans grâce aucune vers la voix qui l'avait avertie. Cependant le jet de flammes qu'elle n'avait pas songé à arrêter la frappa à mi-course. Elle avança de quelques bonds encore, le carburant en flammes sur sa peau ne lui important guère, puis une sensation de tournoiement la désorienta et elle fut vite couchée sur le dos, incapable de se relever et toujours en feu.
Pour les témoins, l'incident l'ayant arrêtée fut beaucoup plus clair et horrible. Le feu fut momentanément soufflé, permettant une vue brève du torse se gonflant au point de déchirer l'adhésif le colmatant, puis se fendant lui-même sur le sens de la longueur, éclatant comme un tronc d'arbre frappé par la foudre avant d'être avalé par une boule de vapeurs incandescentes.
Écartelé, le corps vola en trois gros morceaux et des milliers de petits. La jambe et le bassin rencontrèrent tout de suite le sol, l'épaule gauche encore rattachée au bras et une partie du thorax filèrent latéralement et finirent leur course contre un mur, la tête et l'autre épaule, sans le bras correspondant, filèrent vers le haut avec une rotation rapide.
Mercure avait reçu de l'essence mais assez peu pour l'éteindre elle-même, puis elle utilisa son pouvoir pour éteindre Jupiter et tout ce qui s'était trouvé trop près. Moon s'agenouilla devant la partie carbonisée comprenant la tête.
L'explosion n'avait rien fait pour l'embellir, sur un côté ses dents étaient découvertes par la joue arrachée et toute sa peau était noircie et brûlée. Une orbite vide béait, l'autre toujours encadrée de paupières lâches et pendantes contenait un śil séché et ratatiné comme une pomme pourrie. Les cheveux avaient brûlé et une partie du cuir chevelu pendait du crâne, une oreille passablement déchirée rattachée à son bout.
Cette tête était rattachée par un cou étrangement intact à une clavicule et quelques côtes, un court chapelet de vertèbres restant de son dos. Des lambeaux de chair rappelaient l'emplacement des muscles et des organes.
« Oh, Makoto… gémit Moon, je suis désolée. C'est mieux comme ça. C'est mieux pour toi. »

Chapitre 14