À la vie à la mort

Chapitre 1

Elle leva son visage mouillé de larmes et se retrouva en face de celui de Makoto, qui tentait de se relever. « Mako ! hurla Moon, je savais que tu ne m'abandonnerais pas ! » Vénus, qui avait gardé son calme jusque là, éclata en sanglots et se jeta au cou de la miraculée. « Ne nous refais jamais une peur pareille ! »
Lorsque les étreintes s'espacèrent suffisamment pour la laisser jouir de ses mouvements, Makoto tâta sa poitrine, quelques instants plus tôt une insoutenable douleur la transperçait, et soudainement elle se sentait… pas vraiment bien, mais pas mal non plus. Elle n'avait même pas vu ce qui lui avait fait aussi mal, elle avait perdu conscience presque aussitôt. À en juger par la réaction des autres et le sang qui tachait ses vêtements, ce devait être grave. « Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Bien… hésita Vénus, je ne suis pas sûre que tu serais contente de le savoir…
- Un des monstres, dit Mercure, t'avait transpercée d'une flèche. Tu es restée presque dix minutes sans battements de cœur, puis tu as perdu ta transformation. Tu étais morte, mais Usagi t'a sauvée.
- Ami ! Tu es trop brusque !
- Minako, tourner autour du pot n'arrange rien.
- Usagi, avança Makoto, je suppose que je te dois un merci.
- Oh, répondit-elle, je ne me rendais pas compte de ce que je faisais, je ne savais même pas que j'avais ce pouvoir. Alors disons qu'une boîte de petits gâteaux suff…
- Usagi ! s'indigna Mars.
- Tu vas les avoir tes petits gâteaux, Usagi, dit Makoto en souriant, tu sais bien que j'adore cuisiner pour mes fans. Je le fais tout de suite après avoir pris une douche, je ne me promènerai pas toute la journée couverte de sang.
- On peut te raccompagner chez toi ? Je ne sais pas pour les autres, mais j'ai été tellement inquiète ! »
Moon et Mars n'hésitèrent pas à suivre Makoto, Mercure avait un devoir mais opta pour son amie, et Vénus rentra chez elle, disant que si elle était encore en retard pour le souper ce serait elle qui aurait besoin d'être ressuscitée.
Les guerrières reprirent leur forme de tous les jours et partirent. Il était temps, car l'ambulance appelée par Minako allait arriver et elles ne voulaient pas plus de complications qu'elles en avaient déjà eu. Lorsqu'elles arrivèrent, Makoto s'enferma dans la salle de bain, au grand dam d'Usagi qui aurait bien voulu l'utiliser quelques instants avant. Mais elle se fit une raison et attendit, ce n'était pas encore si urgent.
Makoto se hâta d'enlever sa chemise et sa jupe encroûtées de sang. Une tache pareille, elle ne pourrait sans doute pas la faire partie. Elle se plaça devant le miroir et s'examina comme elle le faisait toujours après une bataille, passer en revue ses écorchures. La plante de ses pieds et le bout de ses doigts étaient très rouges et elle ne savait pas pourquoi. Son teint n'était pas très beau, un peu grisâtre, mais c'était peut-être par contraste avec le rouge qui maculait sa peau. La plaie sur sa poitrine… s'y trouvait toujours. En plus, elle avait un genou écorché et une égratignure sur le bras, tout ce qu'il y avait de plus normal après s'être battue.
Le trou sous son sein l'inquiétait, mais elle ne le verrait bien qu'une fois lavée. Bientôt, l'eau éclaboussait sa peau, se teintait de rose puis disparaissait par le drain. Ses amies l'attendant au salon, elle ne se lava pas minutieusement, seulement assez pour se sentir propre, puis elle s'essuya et retourna devant le miroir.
Ce n'était pas plus rassurant. Si elle levait le bras, elle ouvrait suffisamment la blessure pour voir le muscle tendu entre ses côtes et le gros trou dans ce muscle, et plus loin… elle ne voyait qu'une masse bourgogne mais elle pariait que si elle y mettait le doigt elle trouverait une ouverture. Sailor Moon lui avait rendu la vie, mais elle avait négligé de guérir la blessure qui l'avait tuée. Quand les filles seraient parties elle irait voir un médecin, elle n'avait pas envie d'en mourir à nouveau.
Elle jura en réalisant qu'elle n'avait pas apporté de vêtements propres et dut courir à sa chambre avec sa serviette autour du corps. En hâte, elle la laissa tomber, tira des habits au hasard de son tiroir et les enfila. Elle prit sa brosse et allait sortir quand…
« Usagi, qu'est-ce que tu fais dans ma chambre ?
- Bien… je regardais tes belles fleurs quand tu es entrée.
- Tu ne m'as pas regardée au moins ?
- Ne t'inquiète pas ! Ton derrière est pas mal comme le mien alors il n'y a pas de quoi en faire un plat !
- Ne parle pas de tes fesses, tu vas me donner des cauchemars ! Je retourne au salon, tu viens ou tu préfères faire de l'œil à mes violettes africaines ? »
Makoto s'arrêta à la cuisine commencer à faire du thé et ramena au salon des biscuits faits la veille pendant que l'eau chauffait. Elles restèrent longtemps lui tenir compagnie, c'était gentil mais elle trouvait l'attention exagérée, elle n'avait souffert que quelques instants tandis qu'elles, à en juger par leur excitation en la découvrant vivante, avaient passé un plutôt mauvais moment. Ça l'embêtait un peu, elle voulait voir un médecin mais pas les inquiéter et elles s'attardèrent plus tard que la fermeture des cliniques.
Quand elles furent parties, elle décida de ne rien faire tout de suite, ni les petits gâteaux, ni le docteur. Demain serait mieux, surtout pour les gâteaux, comme ça ils seraient frais quand Usagi les aurait, le lendemain midi car le matin elle serait en retard. Et puis ça lui permettrait d'aller tôt au lit, elle avait une de ces crampes comme on n'en a pas souvent dans la nuque, elle pouvait à peine tourner la tête et elle sentait que c'était le genre de truc qui voulait s'étendre, relaxer était la meilleure chose à faire contre ça.
Elle passa à la salle de bain et urina remarquablement peu pour quelqu'un qui ne s'était pas soulagé depuis le matin, se brossa les dents, puis désinfecta et pansa sa blessure. Le temps qu'elle finisse, la raideur s'était étendue à ses épaules et sa mâchoire, et elle se coucha en souhaitant ne pas avoir une de ces grippes qui vous laissaient à plat une semaine durant.

Chapitre 2