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es guerrières extérieures étaient parfois difficiles à contacter… Parfois, elles se tenaient sur terre, et alors ce n'était pas trop compliqué, mais ce n'était pas le cas en ce moment, leurs tâches toujours un peu mystérieuses les retenaient en quelque lieu inconnu, Rei et Usagi étaient donc seules. Cette dernière pleurait sur les genoux de son amie, qui ne savait la réconforter. Rei et elle étaient réunies au temple, où elle venait de lui raconter le dénouement du jour précédent.
Ami ne mourrait pas, c'était une certitude, mais de sérieux doutes planaient quant à son avenir. Elle souffrait d'une commotion cérébrale, de trois côtes et d'une clavicule fracturées, de maints ligaments déchirés, mais tout ceci était

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de la petite bière. Elle avait bien mieux dont s'inquiéter. Aussi passionnant que, non pas une, mais trois vertèbres cervicales disloquées, dont une brisée, et quel suspense, d'attendre les prochains examens, qui détermineraient si elle avait la moindre chance de retrouver un jour l'usage de ses membres !
Elles se tinrent mutuellement compagnie toute la journée, mais ne firent pas grand chose. Elles ne manquaient pas l'école, puisque c'était un samedi, et ne sortirent que pour rendre une courte visite à Ami.
Tout le long, elles ne surent pas quoi lui dire. Il est vrai que sa conversation ne les encourageait guère : bien qu'elle fut parfaitement consciente et lucide, elle restait tout à fait silencieuse, outre les sons divers des machines branchées à son corps. Tout d'abord elle n'avait pas le contrôle de ses

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poumons, ce qui la rendait au départ muette, puis le tube du respirateur passant entre ses dents l'empêchait de miment ses mots, ce qui aurait d'ailleurs été inutile, aucune de ses amies ne sachant lire sur les lèvres.
Une minerve maintenait son cou, et des tiges vissées à son crâne immobilisaient sa tête. On ne lui avait pas retiré son habit, quoiqu'il ait été découpé à l'avant, sans doute au sujet de ces côtes cassées. À cela s'ajoutaient l'incontournable perfusion, un électrocardiogramme et un mince tube dont, à en juger par l'endroit où il disparaissait sous le drap la couvrant jusqu'à la taille, on devinait aisément l'usage. Le tube du respirateur était blanchi à l'endroit où il pénétrait entre ses mâchoires, et les marques blanches du plastique endommagé indiquaient qu'elle l'avait mordu, peut-être sous l'effet d'une douleur intense.

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Ses deux amies avaient bien tenté de lui parler, utilisant la méthode classique des clignements d'yeux pour répondre, mais tout ce que ses yeux dirent était qu'elle pleurait, puis elle les ferma et ne les regarda plus. Elles étaient parties peu après, embarrassées.

Maintenant, tandis qu'Usagi pleurait sur les genoux de sa dernière alliée, celle-ci croyait que ses larmes étaient destinées à celle que le malheur venait de frapper. Mais, alors que dehors le soleil commençait à se faire bas, elle avoua : «  Je veux abandonner, Rei, je veux revoir Makoto, et Ami, même, et toi… il va te détruire aussi si je continue. Donnons-lui Vénus, il ne la rendra pas de toutes manières, on continuera avec une guerrière en moins. Le démon m'a promis que l'enfer serait meilleur que les limbes.

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- Comment peux-tu parler comme ça ? Tu nous as convaincues de persévérer, et maintenant qu'Ami est condamnée, tu veux laisser tomber ? Plus tôt, peut-être, mais ce n'est plus d'une vie qu'on parle, il y en a trois en jeu.
- Non, cinq ! Je n'ai même pas pu l'affronter, tant il me prend au dépourvu, je ne suis pas assez forte !
- Il te le fait croire ! Tu perds parce que tu n'as pas confiance en toi ! Avec quoi il t'attaque ? Des illusions ! Réussis à le voir derrière les illusions et tu n'en feras qu'une bouchée !
- Et Ami ? Et Makoto ? Et ma blessure, et Minako ? Un ennemi faible pourrait faire ça ?
- Ta blessure, c'est toi qui te l'es faite. Makoto s'emprisonne en elle-même parce que son esprit croit qu'elle est morte. Ami a eu peur au point de sauter par la fenêtre.

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Minako… c'est exactement pour elle qu'on continue ! Toutes ces attaques sont de vulgaires hallucinations, tu vas nous laisser détruire par elles ? Je n'abandonne pas, fais ce que tu veux, je les sauverai moi-même, dans ce cas !
- Non ! Tu ne seras pas capable seule ! Je vais le faire. »
Rei n'avait pas songé à utiliser la psychologie inversée, ses mots n'avaient été poussés que par la colère, mais ça avait fonctionné. Elle s'excusa, contre son habitude, de sa colère. Usagi avait besoin qu'on la secoue un peu, mais dans son état de panique, trop de brusquerie ne ferait qu'empirer les choses. Ils mettraient Mamoru dans le coup dès demain, il était faible comme guerrier mais elles avaient besoin de tous les alliés possibles.
Après une longue conversation et une heure de méditation qu'Usagi tenta de partager, ce dont elle fut incapable, elles

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décidèrent de se coucher, étirer le jour ne ferait que réduire les chances qu'il se passe sans attaque du démon.

Rei put se permettre un sommeil paisible sur presque toute la durée de la nuit, ce qu'Usagi égala presque. Mais, à peine quelques minutes passées minuit, elle eut le malheur de se mettre à rêver.
C'était son rêve habituel, celui dont elle ne parlait à personne et ne pensait qu'en rougissant. Peut-être était-ce l'allusion à son bien aimé qui en avait ravivé le souvenir. Tout commençait dans un parc. Elle était assise dans une balançoire pour enfants, mais ne se balançait pas, bien sûr, c'était impossible avec la somptueuse robe blanche qu'elle portait. Tout était calme, on n'entendait que le chant des oiseaux et celui d'un ruisseau, et le doux murmure de la

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brise. Puis… il arrivait.
Vêtu d'un tuxedo et de son masque blanc, il montait un grand cheval noir, fougueux mais docile, qu'il guidait majestueusement jusqu'à elle et mettait pied à terre. Là, après un long et langoureux baiser, il l'emportait jusqu'à un endroit magnifique, un palais érigé au milieu des bois, où ils dansaient sans porter attention à la musique ni aux pas, seulement au doux parfum de l'autre, à sa voix qui soupirait le langage de l'amour, à la chaleur de ce feu qui les consumait ensemble.
C'est après un moment de cette valse enivrante que la partie embarrassante, mais si délicieuse, commençait. Elle savait qu'en réalité ce n'était pas aussi extraordinaire qu'en ce rêve, après tout on ne pouvait s'attendre d'un couple de leur âge qu'il soit resté chaste, mais ça n'avait rien pour décevoir.

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Tout commença comme d'habitude mais ne se poursuivit pas comme tel. Les caresses de son homme, d'abord douces, se faisaient plus hardies, au point de lui faire mal. Elle le repoussa en lui disant d'arrêter. Il ne sembla pas prendre ce rejet avec bonne humeur et se saisit de ses poignets, les écrasant contre le sol aux côtés de sa tête. Elle ne souriait plus et commençait à avoir peur.
« Qu'est-ce qui se passe Usako, dit-il d'une voix rauque, sinistre, tu ne m'aimes plus ? »
Son ton, malgré l'excitation, était teinté de dérision, voire de mépris. Usagi ne mit guère de temps à se remettre de sa stupeur, elle replia les jambes, les glissant sous le corps qui l'écrasait et, d'une seule poussée, le rejeta en arrière. Elle tenta ensuite de se relever mais ses bras étaient liés par les

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vrilles d'étranges lianes ligneuses poussant du sol même et enserrant peu à peu son corps d'anneaux rêches. Elles s'emparèrent de ses jambes et les maintinrent ouvertes. Mamoru la regardait de haut, une grimace cruelle sur les lèvres.
« Ne me touche pas, démon ! hurla-t-elle. »
Ces mots semblèrent irriter l'imposteur, du moins son visage se tordit en la plus horrible grimace. Puis, succédant à cette effrayante expression, une abominable transformation. Ses yeux rougirent, s'affaissèrent, éclatèrent et coulèrent en un pus sanglant sur ses joues, et sous ces globes factices, du creux de ses orbites, luisaient d'un jaune malsain d'horribles yeux d'insecte. La peau de son front se déchira en plusieurs fentes, révélant une substance noire et gluante, ses cheveux pâlirent et se muèrent en quelques cordons, comme des

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tentacules desséchées et pourries hérissant sa tête de leur courbe disgracieuse. Sa mâchoire sembla s'élargir, étirant la peau jusqu'à ce que celle-ci s'arrache au niveau du menton, se transformant en deux horribles mandibules bordées d'aiguilles, entourant un trou béant qui était sa gorge d'où pendait une longue langue bosselée, come pleine de pustules, dégouttante d'une salive blanchâtre et qui ondulait lentement, comme cherchant une cible.
Le corps du monstre gonflait, jusqu'à déchirer ses vêtements, et sous ceux-ci, la peau était d'une couleur grise comme la poussière, incisée de millions de fentes évoquant de loin l'écorce d'un vieil arbre d'où ici et là pointaient de petits fils, peut-être les antennes d'insectes qui y étaient tapis, ou au mieux des poils horriblement mal disposés. Quoique légèrement tordue, la forme de ses bras et de ses jambes était

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en somme la même, en y ajoutant des griffes au bout des doigts, puis d'autres à chaque jointures, enfin certaines pointant n'importe où comme les hideuses difformités qu'elles étaient. Une étrange crête dentelée bordait ses avant-bras. De son dos, se tordaient une quinzaine de tentacules semblables à sa langue, mais toutes ces monstruosités s'effaçaient, n'étaient que détails face au membre le plus horrifiant qu'elle eut jamais vu, planté au milieu de son entrejambe.
Tordu, noueux comme une souche, dégoulinant d'une substance visqueuse et trop opaque pour être naturelle, il faisait près de la moitié de la longueur de son corps et était aussi large qu'une cuisse normale.
« Ne me touche pas, répéta-t-elle avec terreur.
- n'aie pas peur, répondit calmement le démon d'une voix

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sèche, crissante, dans quelques minutes tu me supplieras de continuer. »
Elle tenta de reculer, solidement retenue par les lianes, et ferma les yeux en hurlant quand il se pencha sur elle, redoublant ses cris en le sentant débuter son horrible parodie de l'amour.

Contrairement à ses attentes, connaissant le démon pour son sadisme, elle ne ressentit qu'une douleur minime, sans rapport avec la taille odieuse du phallus qui aurait dû lui déchirer le ventre. Au contraire, la sensation physique était semblable à ce qu'elle ressentait avec Mamoru, cependant elle ne l'accueillait qu'avec dégoût, et pour son esprit c'était une atroce souffrance. Elle se concentra sur la douleur, pour distraire son corps qui voulait jouir de cette abomination.

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Cet abject plaisir prenait toute la démesure qu'avait prise la douleur lors de son dernier cauchemar, sans que toute l'intensité du monde ne parvienne à le rendre agréable, au contraire. En plus de l'humiliation et du dégoût, une perception trop claire de l'objet enfoncé dans son abdomen, de sa démesure et de la monstrueuse déformation qu'il imprimait à son corps, lui donnait une telle nausée qu'elle ne comprenait pas pourquoi elle n'avait pas déjà vomi.
Elle ignora tout ceci. Si elle y portait attention elle deviendrait folle. Une curiosité morbide qu'elle ne se connaissait pas la poussa à ouvrir les yeux, ce qu'elle regretta aussitôt. Son corps entier était distendu par cette énorme verge qui ne semblait pas avoir fini de se gonfler, au point qu'elle semblait presque aussi monstrueuse que la créature qui la violait. Cette vue, celle du démon et cette

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innommable jouissance qui faisait frissonner son corps la firent redoubler ses cris.
Elle aurait peut-être réalisé que ce n'était qu'un rêve si elle avait pensé au fait qu'ainsi arrangée, ses poumons étaient écrasés et qu'elle n'aurait pas dû pouvoir hurler, mais ça n'aurait peut-être rien changé. C'était, après tout, un démon, les limites de ses pouvoirs étaient inconnues, et d'ailleurs, rien de tout ce qu'il lui avait fait n'était possible, physiquement. Elle aurait dû être morte.
Après un certain temps, elle laissa son corps réagir comme bon lui semblait et en détacha son esprit, pleurant en silence, impuissante et désespérée. Le démon daigna enfin s'interrompre, sans toutefois se retirer de l'enveloppe distendue qu'était devenu son tronc.
« Tu as deux choix, dit-il comme si de rien n'était. Ou tu

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donnes Vénus à mon maître et j'arrête tout de suite, ou je continue jusqu'à la limite de ta volonté, et tu la donneras toi-même pour que je n'arrête pas. Ne t'imagine pas un courage que tu n'as pas, ni homme ni femme ne m'a jamais résisté. Les plus forts une heure, j'ai déjà vu deux, mais très bientôt tu me supplieras de t'en donner plus, et tu l'auras. Tu es libre, je te dis. Cède maintenant, et tu jouiras de ta volonté et de ton libre arbitre, cède plus tard, et tu jouiras de cette délicieuse souffrance dont tu n'as eu qu'un avant-goût pour l'éternité. Je ne t'impose pas de choix, mais je te conseille le second.
- Je n'abandonnerai jamais Vénus ! »
Ce fut tout ce qu'elle dit, sachant bien qu'elle se condamnait à plus de torture, peut-être au point de perdre l'esprit, mais elle ne se soumettrait pas, dut-elle souffrir pour l'éternité.

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Les yeux du démon brillèrent d'excitation. « Ô petite guerrière, si tu savais comme tu te féliciteras de ce choix. »
Son répit s'acheva, et il reprit son immonde acte avec une violence redoublée. Elle attendait qu'il se finisse, s'il devait jamais y avoir une fin, mais à mesure que le temps passait les sensations qui s'intensifiaient exponentiellement traversaient toute la distance qu'elle pouvait prendre. Cette partie d'elle qui aimait se voir et se sentir profanée la suppliait de plus en plus ardemment de se laisser aller, et elle constata avec horreur qu'une part de plus en plus grande de son esprit pensait ainsi.
Elle n'en pouvait plus, d'une manière ou d'une autre elle devait abandonner, mais elle ne pouvait même pas dire au démon qu'elle se rendait, il ne la laisserait parler que lorsqu'il lui en plairait, et avant cela il s'assurait qu'elle ne

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veuille plus dire autre chose que oui. Elle aurait tout donné pour qu'un éclair la foudroie, qu'elle meure sans aller au bout de son avilissement, mais elle savait que ça n'arriverait pas. Vénus était perdue. Usagi était perdue.

Rei s'éveilla dans sa chambre encore pleine de la noirceur de la nuit au son de sanglots courts et étranglés. Encore lourde de sommeil, elle s'assit et regarda autour d'elle, le dos douloureux après les trois quarts de la nuit passés couchée sur le sol, le lit étant occupé par Usagi. Quoi qu'elle puisse bien rêver, ça n'avait pas l'air agréable. La faible lumière de la lune suffisait à dévoiler les larmes coulant de ses yeux à ses tempes, mouillant ses cheveux, et son expression terrifiée, aussi pire que celle qu'elle affichait en se rendant à l'école un jour d'examen. Son corps se raidissait et

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frissonnait presque convulsivement, et dans un vague mouvement de fuite elle avait fini par repousser le drap à ses pieds.
Elle hésita un instant, puis entre la tirer de ce cauchemar et lui laisser son sommeil, choisit de la réveiller. Elle la secoua d'abord doucement, puis plus fort, sans résultat. Finalement, elle appliqua les jointures contre son sternum et frictionna fortement, la douleur intense mais inoffensive parvint à tirer la jeune femme de son sommeil tourmenté. Celle-ci hurla, si fort qu'il était heueux qu'il n'y ait pas de voisinage immédiat, répétant plusieurs fois le même long hurlement hystérique, puis se jeta à son cou, le serrant si fort qu'elle crut qu'elle allait lui rompre la nuque, secouée de violents sanglots.

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Rei l'entoura de ses bras, attendant qu'elle se calme tout en caressant distraitement son dos, couvert par ses cheveux si emmêlés par ses mouvements qu'ils ressemblaient à de la laine d'acier. Le temps que sa respiration reprenne un rythme normal, un grand cercle de larmes mouillait l'épaule de son pyjama, et Usagi ne semblait pas avoir fini d'en déverser.
« Usagi, qu'est-ce qu'il t'a fait ? Ce maudit démon, te faire mal à ce point…
- Il ne m'a pas fait mal, dit-elle entre deux sanglots, il m'a… il…
- Qu'est-ce qu'il a fait ?
- Rei ! cria-t-elle brusquement. Rei, si tu es mon amie, ne me laisse plus jamais dormir ! »


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l était près de midi quand Mamoru se leva. Il n'eut pas à s'habiller, c'était plus simple depuis qu'il avait découvert que porter les mêmes caleçons le jour et la nuit, sans en changer, ça ne piquait plus après une semaine. Bien sûr, pour ce faire il les lavait le moins souvent possible, pour ne pas avoir à supporter une autre semaine d'adaptation. Les retourner rallongeait leur autonomie, pourquoi la plupart des gens n'y pensait-elle pas ? Il suffisait de gratter pour estomper les marques brunes et on n'y voyait que du feu. De plus, il n'aimait pas laver les vêtements, c'était fatigant.
Par coquetterie, il portait également longtemps une camisole, ainsi elle jaunissait au même rythme et donnait

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l'illusion que l'ensemble devait avoir cette couleur, mais non des chaussettes assorties, car la croûte de crasse et d'aliments séchés qu'elles amassaient du plancher fonçait trop vite, il préférait des bas de laine gris. Quand il sortait, il enfilait un ensemble de jogging gris jauni, taché de sauces diverses, et de vieilles pantoufles de cuir qu'il avait trouvées en fouillant dans les poubelles de son voisin, ce qu'il faisait à chaque semaine depuis que cet idiot avait jeté une boîte pleine de magasines érotiques.
Il déjeuna, reste de pizza tiède, que les coquerelles n'avaient pas encore accaparée, bière et autre chose, qui visuellement ne ressemblait à rien, mais puisque c'était dans le réfrigérateur ça devait se manger. Il prenait tout son temps, marchant en raclant des orteils la croûte noirâtre du plancher, il n'avait pas à aller travailler cette semaine. Ce

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n'était pas grave, tant qu'il payait son loyer, sa bière et son câble, il n'avait pas à travailler davantage. Il avait encore deux ans avant qu'on lui fasse des problèmes au sujet de ses sept millions de yens [note: plus ou moins 70 000$] de dettes d'étude, dont il n'avait pas remboursé le moindre sou. Belle perte de temps en vérité. Il n'avait pas besoin d'études pour conduire un camion entre quelques villes du Japon, et ça payait bien.
Il se gratta le bas-ventre, s'assit sur une tache de sa propre urine séchée depuis longtemps sur le divan et alluma son cinéma maison. Il n'en était qu'à sa troisième bière devant les poste payants où il tentait d'apercevoir les scènes obscènes malgré le brouillage lorsqu'un importun cogna à sa porte. Il glissa la main dans son caleçon et se gratta le fondement, soupira en claquant les lèvres et se leva enfin,

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s'arrangeant rapidement les cheveux de la main qui venait de le gratter.
D'un coup de pied, il dégagea deux bouteilles gênant l'ouverture de la porte et répondit. Usagi et la salope, celle qui lui avait donné un coup de genou parce qu'elle croyait que ses seins étaient des reliques sacrées ou quelque chose dans le genre et qu'un gars honnête ne pouvait même pas toucher, étaient venues pour le voir. Certains se demandaient pourquoi une jeune fille comme Usagi restait avec lui après un si drastique changement dans sa situation financière, après qu'il n'eut pas pu obtenir son prochain prêt d'aucune banque, mais il lui semblait que c'était évident.
Il lui suffisait de se regarder dans le miroir, ça c'était de l'homme. Viril délicat, distingué, et de toutes évidence plus intelligent que la moyenne. Il retourna s'asseoir, les filles le

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suivirent mais restèrent debout. Même Usagi devenait snob ? Elle devrait s'asseoir, de cette position il voyait à peine la forme de ses jambes au travers de sa jupe.
" Reste pas d'boute, Usako, j'veux te tenir ça fait longtemps que j't'ai pas vue ! "
Tandis que Rei plissait le nez devant l'insalubrité de l'endroit, Usagi regarda nerveusement autour d'elle, ricana puis obéit. Il remarqua qu'elle tremblait. C'était prévisible, après tout ce temps, elle devait être en manque. Il y avait un message derrière tout ça, elle avait emmené Sailor Mars, qui devait être lesbienne pour l'avoir repoussé, c'était la seule explication.
Ce serait plus romantique s'il lui montrait qu'il devinait ses pensées sans parler, il l'entoura donc de ses bras et retint sa tête pour la forcer à regarder vers lui, puis ouvrit la bouche

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en plaquant son visage contre le sien, ce serait un baiser dont elle se souviendrait, et puis ça excite toujours les filles, un homme qui embrasse bien.
Étrangement, elle se mit à hurler, lui griffa le visage et se dégagea. " Ne me touche pas, monstre ! "
 
Rei soutenait Usagi en quittant en hâte le complexe d'appartements pestilentiel. Celle-ci pleurait à nouveau, et elle ne savait pas comment la réconforter, elle avait refusé de lui dire ce qui lui faisait si peur. " Désolée Usagi, je n'aurais pas dû mêler cet idiot à tout ça…
- Ce n'est pas lui, c'est le démon. Dans mon rêve, cette nuit, c'était le démon avec le visage de Mamoru.
- Si le démon le possède, il fait un travail minable. Mamoru est comme ça depuis qu'il a abandonné ses études. Si le

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démon t'a ouvert les yeux, il aura au moins fait ça de bon.
- Ce n'est pas vrai !
- Trouve un autre roi pour Crystal Tokyo, cet homme est une cause perdue.
- Crystal Tokyo n'existera pas. Ce démon va me tuer, c'est comme si j'étais déjà vaincue !
- Je t'interdis de parler comme ça !
- Ouvre les yeux ! Il attaque dans notre esprit, tout ce qu'on fait contre se retourne contre nous, il a l'avantage sur ce terrain, une simple hallucination peut nous tuer, tu as vu ce qui est arrivé à Ami ?
- Alors il est temps d'imposer notre propre champ de bataille. Les démons doivent occuper un lieu physique, je le trouverai l'énergie qui lui sert de corps, nous le frapperons en son point faible.

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- Comment veux-tu faire ça ? Tu as déjà essayé, tu ne le trouves pas !
- Je suis prêtresse, je le peux. Je ne l'ai pas trouvé parce que je ne sais pas le reconnaître. Si seulement j'en savais plus long sur lui…
- Dans mon livre, le livre sur les démons, il a déplacé le signet sur "christianisme", tu crois qu'il veut me donner des indices ?
- Ça ne me surprendrait pas. L'arrogance est une faiblesse commune aux démons. Il veut se moquer de nous, ils font toujours de ce genre d'erreurs. Il a bien dit qu'on l'appelait parfois "Le Porteur de Lumière", ça devrait nous aider à le retracer.
- Reviens chez moi, juste le temps de chercher le livre, 0n ira au temple ensuite le retrouver, ce salaud.

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- J'allais le proposer. Tu te tiendras prête au cas où le démon n'apprécie pas se sentir observé. "
Usagi retrouva un peu de la bonne humeur qui lui manquait depuis ce matin tandis qu'elles marchaient dans le quartier Jyuban, avec enfin un plan en tête.










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