Aurdalia
Par Youma Ephy
" Un jour viendra, où la Lumière et les Ténèbres s'uniront pour combattre un ennemi commun, pour aimer des choses communes, et ce jour-là naîtra l'Aurdalia "
Partie I : la Naissance d'Aurdalia
~~ 1 ~~
Deux cents ans ont passé sur Terre, sans que les guerriers renaissent. Des enfants jouent au bord d’un village, à l’orée d’un bois. Une rivière coule à quelques pas.
- Les enfants ! Rentrez, maintenant ! Il se fait tard !
- Oui, maman ! répondent-ils en courant vers le village.
Peu à peu la nuit tombe, les fenêtres et les portes se ferment, les gens s’endorment. Dans la forêt, tout devient lugubre, et les oiseaux nocturnes sortent de leurs nids. Soudainement, une forte lumière bleue vient troubler la noirceur de l’endroit. Un homme tombe hors d’une porte suspendue dans l’espace, puis la lumière disparaît. Il fait trop sombre pour distinguer ses traits, mais on peut voir qu’il porte une longue barbe noire et que ses cheveux traînent au sol. L’homme, épuisé, rampe jusqu’à un arbre et s’adosse contre le tronc rugueux. Il ouvre des yeux surpris, sourit, et se met à contempler les étoiles. Le sommeil le surprend, et il tombe dans les bras de Morphée.
***
- Maman ! Maman ! cria une petite fille.
- Que se passe-t-il ? demande la maman.
- On a trouvé un homme près du vieux chêne !
- Un homme ?
- Oui ! Il dormait !
- Mon dieu ! Jean ! Jean ! Va vite près du vieux chêne !
***
Il se réveilla lentement.
- Vous croyez qu’il est dangereux ?
Il tenta de bouger un bras… Impossible.
- Non, je ne pense pas Henriette. Il a l’air épuisé.
L’autre bras… Non plus.
- Il faudrait peut-être le détacher ?
Il ouvrit un œil, puis l’autre.
- Il se réveille !
- Que… Que s’est-il passé ? demande l’étranger.
- C’est à vous qu’il faudrait le demander ! s’exclame Jean.
- Calme-toi, intervint Henriette. Comme l’a dit Roger, il a l’air trop épuisé pour faire quoi que ce soit.
Il referma les yeux, les rouvrit. Observa l’endroit où il se trouvait. Le chat se réchauffait près du feu, une table en chêne trônait au milieu de la pièce. Les étagères étaient pleines d’outils de ferme, et ça sentait le blé et le cochon.
- Où suis-je ? demanda l’homme alors que le dénommé Roger s’affairait à le détacher.
- Tu es chez moi ! s’exclama Roger. A la première maison du village de l’Aune !
- Le village de l’Aune ?
- Ah ça ! Mais tu étais donc perdu, étranger ? demanda Jean.
- …
- Quel est ton nom ?
- Je… Je m’appelle Aban.
- Aban ?
- Cesse donc de l’importuner ! Il doit reprendre des forces ! Henriette ! Donne-lui donc de la soupe !
- Tout de suite !
***
Après avoir bien mangé et bu, Aban s’était rendormi. Il continua à se réveiller environs tous les deux jours pour manger, après quoi il se rendormait. Après un mois, Roger le réveilla.
- Allons, debout ! Il est plus que temps de te raser, mon cher ! Viens donc !
Aban se leva difficilement en s’appuyant sur son hôte, et le suivit chez le barbier du village. Lorsqu’il en ressortit, Roger et Jean eurent du mal à le reconnaître. Sous la couche de cheveux se cachait un très beau jeune homme de peut-être vingt ans, au visage fin et aux yeux bruns. Mais… C’est Saphir ! En effet, le gardien avait erré durant près de quatre ans dans le monde du temps, cherchant à retourner sur Terre. Il y était enfin arrivé, pour apprendre qu’il était en 3951 !
Roger et Jean l’aidèrent à retourner chez eux, et Henriette fut aussi surprise que l’avaient été son mari et son fils.
- Ben ça alors ! Qui l’aurait cru ? s’exclama-t-elle.
Saphir sourit, et se rassit.
- Je vous remercie beaucoup pour tout ce que vous avez fait pour moi, qui suis étranger, dit-il. Soyez sûrs que vous en serez récompensés !
- Tu parles droitement, mon ami, dit Roger. Mais tu vas me faire le plaisir d’oublier ça jusqu’à ce que tu sois entièrement rétablit ! Henriette ! De la soupe !
***
Trois mois passèrent encore, et Saphir apprit à mieux connaître ses hôtes. Roger était un fermier libre, et était connu pour être le plus honnête homme du village. Jean, son fils, lui ressemblait beaucoup. Il tenait par dessus tout à sa mère et à ses sœur, ce qui l’amenait parfois à être méfiant, mais il était droit et bon. Henriette était la mère de trois filles, en plus de son aîné Jean : Marie, Louise et Annie, qui avaient 13, 11 et 8 ans.
Lorsque Saphir pu à nouveau marcher et courir normalement, il fit régulièrement des longues promenades qui duraient parfois jusqu’au soir. Ses hôtes ignoraient qu’il comptait ainsi les habituer à des absences plus ou moins prolongées.
Un beau jour, Saphir marchait dans la forêt. Il avait décidé d’enfin retourner sur Pluton, et vérifia que personne ne le voyait. Il se protégea avec un globe bleu, et s’envola à la vitesse d’une étoile. Quelques secondes plus tard, il se posait devant le Temple de Chronos, ou plutôt ce qu’il en restait. En effet, le palais était en ruine. Après en avoir fait le tour deux ou trois fois, il se rendit dans un autre endroit de sa planète, et commença à s’entraîner à utiliser ses pouvoirs sans l’aide de Vénus.
***
- Ça y est ! Le dernier grain est rentré ! annonça Jean.
- Ouf ! souffla Saphir. La vie de ferme est épuisante !
- Tu te débrouilles pas mal pour quelqu’un de pas habitué à l’effort.
- Je suis tout de même ici depuis six mois, j’ai eu le temps de m’habituer…
- C’est vrai, admit Jean.
- Bon… Je vais faire une promenade.
- Une promenade ? s’exclama Roger. Mais je pensais que tu étais fatigué ?
- Mais oui, rien de mieux qu’une longue promenade pour se reposer. Et puis, j’ai tout l’après midi.
- Bon, tu fais ce que tu veux, dit Jean.
- Ça y est !
Saphir jubilait. Il avait enfin réussi à reconstruire le Temple de Chronos avec ses pouvoirs ! Il pénétra à l’intérieur du palais, en admira chaque parcelle. C’était sa demeure ! Soudainement, il ressentit comme un appel. Il comprit : les autres guerriers venaient de se réincarner.
- Bon… Il est temps que je remercie mes hôtes et que je retrouve les guerriers.
***
Le lendemain matin…
- Je vous remercie de tout ce que vous avez fait pour moi, et voici un gage de mon amitié, dit Saphir en tendant une bourse à Roger.
- Une bourse ? Mais non, mon ami, tu en auras sûrement besoin ! Reprends-la.
- Non, Roger. Tu en as plus besoin que moi.
Roger continua de refuser la bourse un moment, puis finit par se plier aux suppliques de Saphir.
- Bon, très bien, Aban. Tu as gagné.
- Ecoute Roger, je pars dès maintenant. Toi, tu n’ouvriras cette bourse que lorsque que j’aurais dépassé l’orée de la forêt. Tu as compris ?
- Comme tu voudras, fit Roger en soupirant.
Saphir sortit de la maison, fit un signe de la main et se mit à marcher vers la forêt.
- Il est tout de même bien étrange… murmura Henriette en le suivant des yeux.
Lorsqu’ils ne purent plus le voir, ils retournèrent à l’intérieur et déposèrent la bourse sur la table.
- Le pauvre m’a sans doute donné toutes ses économies… soupira Roger. J’aurais dû plus insister pour refuser.
Il l’ouvrit… et n’en crut pas ses yeux : une cinquantaine de pièces d’or roulaient sur la table ! Au fond, il y avait également un mot attaché à un saphir. Les yeux écarquillés, le fermier s’en saisit et lut à haute voix :
Pour mon chez bienfaiteur,
Merci pour tout, je ne vous oublierai jamais.
***
Pendant ce temps, Saphir était retourné sur Pluton afin d’y prendre des vêtements plus riches. Il comptait se faire reconnaître par le roi afin de lui demander d’organiser des recherches pour retrouver les guerriers. Confiant et plein d’espoir, il retourna sur Terre et se dirigea vers la capitale.
***
- Et c’est ainsi que… Saphir ! Tu es encore en train de rêver !
- Oh, excuse-moi, Marius, dit le gardien en sursautant. Je songeais…
- Oui, je m’en suis rendu compte !
Cela faisait trois mois que Saphir courait derrière le roi Vel de Pola, qui était en voyage autour du monde. Pola était le plus grand pays de la Terre, et son roi avait la réputation d’être juste et bon.
- Saphir ! Tu recommences à rêver ! Si tu ne veux pas m’écouter, dis-le moi !
- Non ! Non ! C’est juste que je suis fatigué par ce long voyage…
- Laisse-moi rire ! Toi, un protecteur de Soleil, fatigué par un simple voyage ?
- Oui, tu as raison, fit Saphir. Si nous reprenions la route ? Nos chevaux se sont suffisamment reposés.
- Oui, tu as raison.
Marius se leva. C’était un colosse de deux mètres dix, aux cheveux d’un roux flamboyant et aux yeux vifs et gais. Il était en réalité le comte de Gena, mais faisait peu attention à l’étiquette. Saphir l’avait rencontré par hasard, et ils s’étaient liés d’amitié. Lorsqu’il fut sûr que son ami était digne de confiance, le protecteur de Pluton lui avait révélé son identité et depuis ils chevauchaient ensemble, suivant la trace du roi.
Saphir monta sur son cheval brun, alors que Marius enfourchait un valeureux étalon blanc et ils se remirent en route.
- Donc, reprit Marius, je te disais que le roi se trouve actuellement à son château de Ferran. Apparemment, il a décidé d’y demeurer pour quelques jours, et nous avons une chance d’y arriver avant qu’il ne reparte s’il ne change pas d’avis.
- Et à quelle distance se trouve ce château ? demanda Saphir.
- A trente lieues. Nous en avons pour deux bonnes journées.
- Très bien… Je te remercie, Marius, je ne sais ce que je ferais sans toi !
- Mais c’est normal, dit le géant. Nous sommes amis, et tu es au service d’une déesse !
Ils continuèrent à galoper en parlant ainsi jusqu’au soir. Ils s’arrêtèrent à une petite auberge où ils changèrent leurs chevaux, et repartirent à l’aube. Ils avancèrent toute la journée, et arrivèrent au château du roi à la nuit tombée.
- Laissez-nous passer ! ordonna Marius.
- Seigneur Marius ! Entrez donc ! Vous désirez voir le roi ?
- Oui, mon brave. Préviens le roi de ma visite dès demain matin.
- Et qui est le seigneur qui vous accompagne ?
- Je garderai l’incognito, dit Saphir, et ne me révélerai qu’au roi.
- Cet homme est sous ma protection, déclara Marius.
- Très bien, nous vous ferons confiance… dit le garde en regardant Saphir d’un air méfiant.
Le gardien de Pluton réprima un sourire.
- Pierryr ! Donne une chambre à Sir Marius et à son compagnon !
- A vos ordres !
Saphir et Marius eurent droit à des chambres somptueuses, qui étaient toutes deux côte à côte. Ce jour là, ils s’endormirent sur des moelleux oreillers.
***
- Ah ! Mon cher comte, je suis content de te revoir ! déclara le roi. Il paraît que tu veux m’entretenir de choses importantes ?
- Oui Majesté, dit Marius en s’inclinant. Je voudrais vous présenter une personne qui a un grand service à vous demander…
Saphir s’inclina.
- Et qui êtes-vous, Monsieur ?
- Je me permets de demander un entretien privé à Sa Majesté, dit le gardien. Les choses que j’ai à vous confier sont confidentielles et doivent rester secrètes.
Le roi regarda Marius, qui lui fit signe d’accepter.
- Cet homme à toute ma confiance, dit-il.
- Très bien, qu’on nous laisse seuls ! ordonna le roi.
Les serviteurs et les courtisans sortirent, laissant Saphir et Marius seuls face au roi.
- Majesté, je vais maintenant me présenter… Mon nom est Saphir de Pluton, et je suis un protecteur au service de la déesse Soleil.
Le roi, qui de par son rang connaissait l’histoire de la déesse de la Lumière qui défendait leur monde, reconnut le symbole sur la tunique de Saphir et afficha un air surpris. Reprenant ses esprits, il demanda :
- Et par quel honneur me rendez-vous visite ?
Le visage du gardien s’assombrit.
- Nous avons mené une guerre il y a plus de deux siècles, dont je suis sortit seul survivant. J’ai ressenti il y a peu la réincarnation d'autres guerriers et je voudrais vous demander de les faire chercher.
- J’accepte bien sûr de rendre service à la déesse de la Lumière, mais comment les reconnaître ?
- Il faut chercher sept enfant nés le 5 juin de cette année, trois filles et quatre garçons aux yeux bruns. C’est tout ce que nous savons…
- Ce sera suffisant. Je vais faire rechercher discrètement tous les enfants aux yeux bruns nés cette date, et les ferai mener au château royal avec leurs parents.
- Merci, Majesté. Je pourrai ressentir lesquels sont bel et bien des guerriers ou des simples enfants. Je vous remercie encore…
- Ce n’est rien, dit le roi. C’est pour moi un grand honneur d’aider la déesse Soleil ! Je vais d’ailleurs interrompre mon voyage afin de diriger moi-même les recherches.
- Je ne voudrais pas…
- Ne vous en faites pas, je comptais de toute façon rentrer au château pour l’anniversaire de ma femme.
Saphir et Marius s’inclinèrent, et sortirent, laissant rentrer tous les courtisans qui voulaient s’attirer les grâces du roi.
- Tu n’as parlé que de sept enfants, or il y a bien neuf planètes, plus toi ? demanda Marius dès qu’ils se furent éloignés.
- Exact, mais je ne pense pas que Terre soit morte.
- Que veux-tu dire ?
- Durant mon voyage dans les gouffres du temps, j’ai pu assister à la suite du combat, comme je te l’ai raconté. Ce que je ne t’ai pas dit, c’est que nous possédons tous une attaque " naissance ". Cette attaque n’est pas suicidaire, elle nous télétransporte au centre de notre planète et nous met en état d’hibernation jusqu’au réveil des autres guerriers. Terre doit déjà être réveillée.
- Mais pourquoi ne pas la faire rechercher ?
- Pour la simple raison que trouver une femme de vingt ans précise dans une foule de plus de six milliards de personnes, c’est tout bonnement impossible. De toute manière, elle nous rejoindra dès notre premier combat.
- Tu es donc sûr qu’il y aura des nouvelles batailles ?
- J’en suis certain. Nous n’avons pas tué tous nos ennemis, la dernière fois, ils sont donc encore en vie et attaqueront dès qu’ils se seront rendu compte de notre renaissance. C’est pour cela que les recherches doivent rester discrètes.
- Ah, je comprends… Mais allons donc un peu nous promener ! décida Marius en entraînant son ami vers les jardins.
***
Saphir se trouvait devant six bébés, les réincarnations des guerriers. Ils avaient apparemment tous gardé la même apparence, et cette fois Cristal était bien un garçon.
- Merci, Majesté, remercia le gardien. Il ne reste qu’Améthyste à trouver. Mais que pensent les parents ?
- Trois des enfants étaient orphelins et deux sont nés de familles pauvres qui ont accepté de nous les confier en échange de la promesse qu’ils soient bien traités.
- Et le dernier ?
- Il est né dans une famille noble, qui a accepté lorsque je leur ai raconté. Ils ont promis de ne rien dire.
- Très bien, fit Saphir. Encore une fois, je vous remercie…
- Ce n’était rien. Les enfants pourront rester vivre au château tout le temps qu’il vous conviendra.
Saphir s’inclina, et s’apprêtait à se retirer lorsqu’un serviteur entra.
- Majesté, une femme demande à vous voir d’urgence. Elle dit que vous accepterez lorsque vous aurez vu ce papier…
Le serviteur tendit une feuille chiffonnée au roi. Il la déplia, et voyant le symbole de la terre dessus, ordonna de faire entrer la femme. Il s’agissait bien de Gaïa Terre de Diamant, et elle et Saphir furent heureux de se retrouver. Elle salua le roi, qui l’invita à demeurer au château. Après avoir échangé avec le roi les politesse qu’exige l’étiquette, Terre, Saphir et Marius prirent congé. Marius laissa ses deux amis afin de régler quelques affaires, et les deux guerriers commencèrent à parler de tout ce qui c’était passé.
- J’ai senti que les autres guerriers étaient rassemblés, et je suis accourue, déclara Terre.
- Oui, il ne manque qu’Améthyste.
La Donneuse de Vie sourit.
- C’est normal, il ne se réincarne jamais, révéla-t-elle. Il apparaîtra dans quinze ans.
- Que veux-tu dire ? questionna le gardien.
- Améthyste protège la planète de la mort. Au lieu de se réincarner à chaque mort dans un nouveau corps, son corps est entreposé dans les Enfers où il se reconstitue, et son âme s’y insère dès la réparation terminée. Ensuite, il se met en état d’hibernation jusqu’à ce que les autres guerriers aient quinze ans, et il se rend sur terre.
- Et cela uniquement parce qu’il protège la planète de la mort ? questionna Saphir.
- Je pense qu’il y a d’autres raisons, liées à son identité, mais seule Soleil peut répondre.
- Il est bien mystérieux…
- C’est ce que tout le monde pense.
Silence.
- Et Soleil ? demanda soudain Saphir. S’est-elle réveillée ? Elle aussi doit reposer au centre de sa planète – enfin, au centre du soleil.
- Non. Tu sais que normalement, en tant que Donneuse de Vie, je dois l’aider à se réveiller quand elle m’appelle et que c’est pour cela que je ressuscite avant les autres guerriers, mais elle ne m’a encore rien ordonné.
Marius, qui en avait terminé avec ses affaires personnelles, s’approcha d’eux.
- Et bien ? s’exclama-t-il. Vous avez finit de papoter ?
Saphir et Terre sourirent et acquiescèrent.
- Dans ce cas, allons fêter le retour des guerriers, que je puisse faire mieux connaissance avec Terre !
Et le trio s’éloigna en riant.
~~ 2 ~~
Les guerriers étaient inquiets. Le temps avait passé, et ils avaient maintenant quinze ans, mais Soleil n’était toujours pas réapparue et elle ne donnait aucune nouvelle à Terre. Les guerriers avaient donc décider d’organiser une réunion afin de voir ce qu’ils allaient faire.
- La question est simple : Que faire ? avança Terre. Soleil ne donne pas de nouvelles, et Améthyste aussi n’est pas reparu.
- Je propose, dit Vénus, que nous allions voir s’il n’y a pas un problème au centre du soleil. Peut-être que c’est ça qui empêche Soleil de contacter Terre, et qui l’empêche donc de ressusciter.
- Tu as raison, Vénus, c’et la première chose à faire.
- Qui ira ? demanda Mars.
- Allons-y tous !
- Bon… fit Terre. Et pour Améthyste ?
Personne ne répondit. Après de longues secondes de silence, une voix retentit :
- On s’inquiète pour moi ?
Tous se retournèrent, pour voir un jeune homme masqué et habillé de noir.
- Améthyste ! s’écria Cristal. Tu es enfin revenu !
- Et oui… répondit le protecteur de Saturne.
Tous poussèrent un soupir de soulagement et Améthyste s’assit à la table.
- Où est Soleil ? demanda-t-il, visiblement inquiet.
- Elle n’a pas donné de nouvelles, mais nous venons de décider de nous rendre au Palais Solaire afin de voir ce qui se passe.
- Alors, qu’attendons-nous ? Mettons-nous en route !
***
Marius se promenait dans les jardins royaux. Il était heureux d’avoir pu aider les guerriers. Il leva les yeux au ciel, et aperçut neuf étoiles filantes de couleurs différentes. Comprenant qu’il s’agissait de ses amis et qu’il les voyait sans doute pour la dernière fois, il leur fit signe de la main, et rentra au château.
***
- Nous y sommes !
Les neufs guerriers se posèrent à l’entrée du Palais solaire.
- Quelle est la salle où se trouve le noyau du soleil ? demanda Mercure.
- C’est la salle centrale inférieure, répondit Améthyste.
- La salle centrale inférieure ? Je n’en ai jamais entendu parler, fit Vénus.
- Moi non plus, renchérit Emeraude.
- C’est normal, cette salle est secrète, expliqua Terre. Je pensais que seules Soleil et moi-même connaissions l’existence de cette pièce.
La Donneuse de Vie porta sur Améthyste un regard lourd de questions, mais le protecteur fit mine de ne pas s’en apercevoir.
- Où se trouve cette pièce ? questionna Mars.
- Dans les sous-sols du château, répondit le guerrier de la planète de la mort. La porte se trouve dans le salon doré.
- Allons-y !
- Voilà, la porte est cachée ici, derrière ce rideau, dit Améthyste.
- En effet, murmura Terre, étonnée.
Les guerriers entrèrent après avoir activé leurs lunettes spéciales afin de protéger leurs yeux de la forte lumière que dégageait le noyau. Ils retinrent un cri de surprise.
- Mais qu’est-ce que… ?
Le noyau était entouré d’une forme noire, ressemblant à une couronne ténébreuse.
- C’est sans doute cela qui empêche Soleil de renaître, dit Mars.
- Pouvons-nous le détruire ? demanda Emeraude.
- Je crains que si nous attaquons, le noyau sera endommagé… fis remarquer Rubis.
Mars acquiesça :
- C’est vrai. Cependant nous devons essayer sans quoi Soleil ne se réveillera plus jamais !
- Allons-y ! Instant de Chronos !
- Métaux d’Arès !
- Ailes d’Hermès !
- Puissance de Gaïa !
- Cœur d’Aphrodite !
- Foudre de Zeus !
- Black Tornado !
- Vagues de Poséidon !
- Etoiles d’Urania !
Les puissantes attaques s’écrasèrent contre la couronne, produisant un nuage de fumée. Lorsque la fumée se dissipa, les guerriers restèrent bouche bée : la couronne était intacte !
- Impossible !
Rubis et Mars prélevèrent un échantillon de la couronne afin de l’analyser et les guerriers se rendirent sur Neptune qui était la planète la mieux équipée technologique ment avec Mars.
Mars et Rubis se chargèrent de l’analyse alors que les autres attendaient au salon. Seul Améthyste préféra faire un tour " afin de se changer les idées ".
***
Je me demande comment Améthyste a pu être au courant de l’existence de la salle secrète, pensait Vénus. Terre n’avait l’air qu’à moitié étonnée pourtant… En tout cas, Améthyste est vraiment inquiet au sujet de Soleil, plus que nous autres. Il a beaucoup parlé dans le Palais Solaire, contrairement à son habitude, et sa voix a trahi son anxiété. Il a l’air de connaître Soleil depuis longtemps… Je me demande qui il est… Mais le pauvre est en train de se ronger les sangs tout seul dehors… Bon !
Vénus se leva.
- Où vas-tu ? demanda Saphir.
- Moi aussi je vais faire un tour, répondit Vénus en souriant. Je reviens tout de suite, ne t’en fait pas.
***
Améthyste était assis sur un rocher et il regardait les étoiles. Il était tellement absorbé qu’il ne vit pas Vénus approcher.
- Améthyste ?
- Qui est là ? sursauta le protecteur. Ah, c’est toi.
Il leva les yeux vers les étoiles. Pour la première fois, Vénus put voir ses yeux malgré le masque ; ils étaient d’un bleu profond, et tristes, si tristes… Mais bleus ? Tout les guerriers avaient les yeux bruns, excepté Terre dont les yeux étaient vert, mais Terre était spéciale : elle était l’une des Donneuses de Vie d’Héra… Note, Améthyste était également spécial.
- Tu es très inquiet… dit en fin la combattante.
- Comme tout le monde.
- Non, plus que les autres.
Améthyste baissa les yeux vers Vénus.
- Pourquoi dis-tu cela ?
- Parce que c’est la vérité, affirma-t-elle.
- Et qu’est-ce qui te fait croire cela ?
- Premièrement tes yeux.
Il détourna la tête.
- Deuxièmement, ta voix.
- …
- Et troisièmement, tu connais Soleil depuis bien plus longtemps que nous et je ne suis pas la seule à croire que tu éprouves pour elle un sentiment plus fort que le dévouement.
- Ne dit pas n’importe quoi, dit le guerrier de sa voix grave.
- Alors pourquoi as-tu décidé de devenir un guerrier ?
- Parce que la cause pour laquelle vous vous battiez était plus juste que la cause pour laquelle se battais Hadès. Et si je reste avec vous c’est parce que c’est toujours ainsi.
- Tu t’es battu pour Hadès ? demanda Vénus.
- Pourquoi es-tu ici ?
- Tu n’as pas répondu à ma question.
- Toi non plus.
Silence.
- Tu as beaucoup parlé aujourd’hui, dit enfin la combattante de l’Ambre.
- Tu as parlé plus que moi.
- Pas par apport aux autre, par apport à d’habitude.
- C’est possible.
Silence.
- Et si nous allions aux nouvelles ? proposa Vénus.
Pour toute réponse, Améthyste se leva, et Vénus le suivit à l’intérieur.
***
- Alors ? Vous avez trouvé quelque chose ?
- Oui.
- Allez, parlez ! dit Mercure, qui bouillait d’impatience.
- Cette couronne n’est pas protégée, et il est cependant impossible de la détruire, annonça Rubis.
- Que veux-tu dire ? demanda Terre.
- Elle n’a pas de protection, répondit Mars.
- Mais si on ne peut la détruire, il y a une raison ! s’exclama Emeraude.
- En effet, reprit Mars. Rubis et moi pensons que la couronne qui entoure le noyau du soleil n’est que l’incarnation d’un objet.
- L’incarnation d’un objet ? Que veux-tu dire ? demanda Mercure.
- La couronne qui entoure le noyau n’est pas réelle, répondit Rubis. Elle symbolise une autre couronne qui se trouve quelque part dans le monde. Si nous détruisons cette seconde couronne, l’autre disparaîtra instantanément.
- Vous avez découvert notre secret.
Les guerriers se retournèrent d’un bloc vers le coin d’où venait la voix. Une silhouette sortit de l’ombre, et tous sursautèrent.
- Fou… finit par articuler Saphir.
- Et oui, c’est bien moi ! Fou, pour vous desservir !
- Grrr…
Le protecteur de Pluton serra les poings et faillit s’élancer, mais Vénus posa sa main sur son épaule, et fit un signe de négation.
- Rubis ! Allons-y ! lança Emeraude.
Ils allaient attaquer quand Améthyste se jeta devant eux.
- Non ! Vous ne vous êtes jamais battus contre lui, vous ne connaissez pas sa force ! Il est bien trop puissant !
Fou eut un sourire cruel.
-Tiens, vous portez un masque hors des Enfers, Seigneur ?
Le protecteur de Saturne fit face à leur adversaire.
- Tu ne te débarrasseras plus de moi aussi facilement !
- C’est ce que nous verrons.
- Améthyste a combattu Fou ? se demanda Vénus. Sans doute est-ce lui qui l’a tué dans les Enfers…
- SHADOW SABRE !
Une épée d’ombre se matérialisa dans la main du protecteur de la planète de la mort, et son ennemi dégaina.
- Vous remettez ça ? Vous n’avez pas compris ?
- Il vouvoie Améthyste ?? Vénus se posait de plus en plus de questions.
Les deux adversaires se jetèrent l’un sur l’autre, et le combat débuta. Ils firent des passes simples, tous les deux très calmes, comme s’il n’y allait pas de leurs vies. Soudain, Vénus et les autres guerriers entendirent une voix qui résonnait dans leurs têtes.
- Vous m’entendez ? C’est Améthyste ! Je vous parle par télépathie…
- Nous t’entendons, qu’y a t’il ?
- J’occupe Fou pour quelques temps. Préparez-vous à lancer vos attaques les plus puissantes quand je vous le dirai.
- Entendu !
Les passes s’enchaînèrent, de plus en plus rapides. Fou tenta un coup d’estoc (un coup direct) qu’Améthyste évita facilement en se déplaçant vers la droite. Le protecteur en profita pour faucher les jambes de son adversaire et il enfonça son épée dans sa cape, l’empêchant momentanément de bouger.
- MAINTENANT !
- Métaux d’Arès !
- Ailes d’Hermès !
- Puissance de Gaïa !
- Cœur d’Aphrodite !
- Foudre de Zeus !
- Vagues de Poséidon !
- Etoiles d’Urania !
- Instant de Chronos !
Fou tenta d’esquiver la vague d’énergie qui déferlait vers lui, mais il ne pu se dégager à temps et fut emporté en hurlant :
- NOOOOOOONN !
L’attaque avait soulevé un nuage de fumée qui se dissipa rapidement. Le palais était à moitié détruit. On ne voyait plus trace de Fou.
- Enfin ! Nous avons réussi ! s’exclama Mercure, toute joyeuse.
Mais Améthyste gardait un air sombre et concentré. Il se dirigea vers son épée, qui s’évapora dès qu’il la toucha. Il se tourna vers ses amis, puis eut un sursaut :
- RUBIS, ATTENTION !
Le protecteur de Neptune se tourna pour tenter de réagir mais trop tard, Fou l’avait enfermé dans un globe de métal qui s’envola à sa suite.
- Bye, bye ! Nous nous retrouverons ! lança le garde des Echecs. Il se tourna vers Améthyste : " Au revoir, Seigneur ! "
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Le Fou s’évapora avec la sphère qui enfermait Rubis. Aucun des guerriers n’avait eu le temps de réagir.
- Et merde ! jura Améthyste.
***
Mars, Manoir d’Arès
Mars tapait furieusement sur les touches de son ordinateur. Elle tentait de retrouver Rubis en localisant son énergie, passant chaque monde au peigne fin, sans succès.
- Où peut-il bien être ? grommela-t-elle.
Elle essuya la sueur de son front, soupira, puis se remit au travail.
***
Les autres guerriers étaient assis dans la salle principale, excepté Améthyste qui était allé faire un tour et Emeraude qui faisait les cent pas. Le protecteur d’Uranus passa pour la ènième fois devant Vénus, qui tapotait nerveusement sur la table. La combattante se leva brusquement.
- Emeraude, ça suffit ! Tu vas finir par me donner le tournis !
Le guerrier lui jeta un regard noir, et continua de marcher.
- Emeraude ! Je…
- Je fais ce que je veux, coupa sèchement le protecteur. Si je te dérange, va voir ailleurs.
- Emeraude, fit Saphir en se levant à son tour, nous sommes tous aussi inquiets que toi. Inutile de te mettre dans cet état.
Le gardien se rassit calmement, bientôt imité par Emeraude et Vénus, qui se remit à tapoter. Après quelques minutes de silence, Mercure se leva et déclara :
- Je vais voir où en est Mars !
Le bruit de ses bottes résonna dans le couloir.
- Cette attente est intolérable ! dit Vénus. J’ai l’impression qu’on m’a mise à bouillir dans une cocote-minute.
Un regard à la ronde lui fit savoir que tous éprouvaient cette même sensation, mais personne ne répondit. Enervée, la combattante de l’Ambre se leva.
- Bon, je vais voir où est Améthyste. Je n’aurais jamais cru penser ça, mais il est plus bavard que vous !
Saphir sourit en entendant Vénus qualifier Améthyste de bavard, mais ne dit rien et laissa son amour s’éloigner en voyant Mercure revenir.
- Alors ?
- Toujours rien.
Les guerriers poussèrent un soupir de déception. Emeraude se releva et se remit à faire les cent pas.
***
Améthyste errait sans regarder où il allait. Vénus le repéra facilement dans le désert de la planète, et se posa à ses côtés sans qu’il la remarque. Elle se rapprocha de l’oreille du guerrier, et hurla :
- AMETHYSTE !!!!
Le protecteur sursauta, et, voyant Vénus, poussa un soupir de soulagement.
- Vénus !? Tu es folle, tu as failli me faire avoir une crise cardiaque !
- Tu n’es pas si fragile ! répondit la combattante en souriant. Aucun de nous aurait pu tenir tête à Fou pendant si longtemps.
- J’ai plus d’expérience, c’est tout, fit Améthyste en détournant la tête.
- Je me demande quel âge tu as pour avoir plus d’expérience que nous, dit Vénus en faisant un clin d’œil. Après tout, j’ai quand même quelques millénaires derrière moi !
- Je sais, tu as 5734 ans si je ne me trompe pas.
- Exact ! Et toi ?
Améthyste sourit derrière son masque, mais fit un signe de négation.
- Allez, dis-moi ! S’il te plaît !!
- Mais il ne me plaît pas.
- Mais moi bien ! Allez !! Améthyste !
Mais le guerrier ne répondit pas.
- Bon… 5000 ans ?
- Raté.
- 6000 ?
- Raté.
- Dis-moi au moins si je suis proche du compte juste !
- Tu es totalement à côté de la plaque.
- Hein ? totalement ? Tu dois être vraiment vieux dis donc !
Le sourire du protecteur s’accentua.
- Tu es vieille aussi par apport aux humains.
- Allez ! Quel âge as-tu ? 10000 ans ??
- Raté.
- 15000 ?
- Tu commences à te rapprocher.
Vénus le regarda, sidérée.
- Tu plaisantes ? Tu as 10000 ans de plus que nous ?
- J’ai dis que tu te rapprochais, pas que c’était ça.
Vénus avala sa salive, puis se remit à sourire d’un air malicieux.
- Allez, dis-moi le compte juste ! Je te promets de rien dire aux autres !
- Je ne sais pas si je peux te faire confiance…
- Allez !!
- Tu sais garder un secret ?
Vénus approuva.
- Et bien… Moi aussi !
La combattante de l’Ambre soupira, puis sourit. Elle tendit une main… Améthyste sentit quelque chose qui le démangeait.
- Vénus ! Arrête !
La combattante se mit à rire et chatouilla de plus belle, alors que le protecteur s’écroulait en riant et en lui suppliant d’arrêter.
- J’arrête si tu me dis ton âge !
- Hahaha ! Ok ! Mais Arrête !!
- Promis ?
- Promis ! Promis !
Vénus lâcha Améthyste, qui s’adossa à un rocher pour reprendre son souffle.
- Alors ? fit la combattante de l’Ambre.
- Oui… Une minute… Je reprends… Mon souffle…
- Grouille ou je recommence ! fit Vénus d’un air menaçant.
- Non ! Non ! J’ai…
- Oui ?
- Tu ne le répètes pas ?
- Promis !
- J’ai 16079 ans.
- QUOI !!?? TU RIGOLES ?
- Je t’ai promis de dire la vérité.
- T’es VRAIMENT vieux ! Je croyais que tu plaisantais tout à l’heure ! 16079 ans ! Eh ben… En tout cas, je suis bien contente !
- Pourquoi ?
- J’ai réussi quelque chose que personne n’avait jamais réussi à faire avant moi !
Améthyste la regarda, intrigué.
- J’ai réussi à te faire rire !!
- Pff… Tu n’es qu’une gamine, Vénus.
- Qu’est-ce que tu as dis ?
- Rien, rien…
- REPETE !
***
Saphir regardait par la fenêtre, et se frappa le front d’un air désolé.
- Quels gamins…
- Que se passe-t-il, Saphir ? demanda Mercure en se rapprochant de la fenêtre.
- Rien de particulier… J’ai juste l’impression d’être en train de regarder une cour de récréation maternelle…
La porte s’ouvrit, laissant passer Vénus et Améthyste. Ils étaient à bout de souffle et leurs vêtements étaient froissés et déchirés. Les yeux d’Emeraude s’agrandirent comme des soucoupes.
- Vénus ? Améthyste ? Mais qu’est-ce que vous avez fait pour vous retrouver dans cet état ?
- Rien… On a juste un peu couru… Pas vrai Améthyste ? fit Vénus en donnant un coup de coude au guerrier de Saturne.
Le protecteur acquiesça en retenant un éclat de rire, et les yeux d’Emeraude doublèrent encore de diamètre.
- Et pourquoi donc étiez-vous en train de courir ?
- Je me le demande aussi, fit Saphir. Je vous ai observés de la fenêtre, on aurait dit deux enfants qui s’amusent.
- J’ai juste forcé Améthyste à me dire son âge… souffla la combattante de l’Ambre.
- Vénus ! Tu as promis de ne rien dire !
- Oui, mais je n’ai pas dis ce que je ne dirais pas !
Améthyste la regarda, consterné, puis finit par lâcher un grand éclat de rire, ce qui laissa les autres bouche bée.
- Ouf ! C’est la première fois que je ris autant depuis un bon bout de temps…
- En effet, fit Terre.
Mercure donna un coup de coude à Vénus :
- Alors ? C’est quoi son âge ?
Mais tous se turent à l’arrivée de Mars.
- Alors ? demandèrent tous les guerriers d’une seule voix.
- Je n’ai pas réussi à retrouver Rubis… Par contre, j’ai localisé Fou et je crois bien avoir trouvé la base de nos ennemis !
- Alors, qu’attendons-nous ? Allons-y !
***
Je suis bien contente d’avoir réussi à faire rire Améthyste, pensait Vénus. C’est la première fois que je l’entends rire, et il me semble que les autres guerriers aussi. Je me demande tout de même qui il peut être… Il semble toujours triste, et quand il a apprit que Soleil n’était pas encore ressuscitée, il a été proche du désespoir. C’est pour ça que je l’ai taquiné avec son âge, je voulais le distraire. Pfu… Saphir avait une drôle de tête, j’espère qu’il n’était pas jaloux ! C’est lui que j’aime de toute manière. Je voulais juste aider Améthyste. D’ailleurs, le protecteur de Saturne me considère comme une amie – comme une petite fille aussi. Mais c’est bien comme ça. Bon, maintenant, allons récupérer Rubis !
~~ 3 ~~
Les neufs guerriers se posèrent sur la lune, où Mars avait repéré l’énergie de Fou.
- C’est ici.
Ils se trouvaient devant un immense château taillé à même la roche, flanqué de tours sombres. Au premier coup d’œil on pouvait le croire vide, mais si on observait mieux on pouvait distinguer des ombres qui se mouvaient lentement au sommet des murs.
- Des ombres ? murmura Mars.
- Le spectre d’Hadès qui dirige les ombres est Ténèbres, fit Mercure.
- Peut-être est-il ici ? suggéra Emeraude.
- Non, déclara Améthyste.
- Comment peux-tu en être si sûr ? demanda Mars.
- Je le sais, c’est tout. Vous devez déjà vous être rendu compte que je connaissais mieux Hadès que vous.
- Normal, avec plus de 10000 ans en plus, dit Vénus en pouffant.
- 10000 ans de plus ?
- Et oui, il…
- Vénus ! coupa Améthyste. Tu m’avais pourtant assuré que tu savais tenir ta langue !
La combattante de l’Ambre tira la langue, et le protecteur haussa les épaules.
- Il a 16079 ans.
- QUOI ! cria Mercure
Vénus plaqua une main sur la bouche de son amie.
- Chut !
Les autres guerriers étaient également surpris, mais ils ne firent aucun commentaire. Enfin, Mars se repris :
- Bon, il serait temps de songer à entrer sans attirer l’attention…
- Pourquoi penser à ne pas attirer l’attention ? Nous devrons nous battre de toute manière, fit remarquer Saphir.
- Alors, décida Améthyste, nous entrons par la porte principale !
- Elle est gardée par plusieurs dizaines d’ombres !
Le protecteur sourit, et se dirigea vers la porte, seul. Les ombres se rassemblèrent autour de l’intrus et le chef s’avança.
- Qui es-tu et que fais-tu ici ?
- Ce serait plutôt à moi de te demander ce que tu fais ici, Ombre !
Les guerriers se figèrent en entendant la voix d’Améthyste, qui était devenue froide comme la glace. Améthyste se mit à fixer le chef des ombres, et ses yeux devirent cruels et perçants. Les autres ombres se mirent à trembler en voyant l’aura noire qui se matérialisait autour du protecteur.
- Black Tornado !
L’attaque pulvérisa un grand rocher noir qui se trouvait à quelques mètres de là, et les ombres commencèrent à franchement paniquer.
- Sei… Seigneur D…
- On dirait que vous m’avez enfin reconnu ! coupa Améthyste. Alors répondez, que faites-vous ici – sans ma permission ?
- Nous… Nous sommes désolés… Sa Seigneurie Mort nous avait dit…
- Et depuis quand obéissez-vous à Mort ?
Les ombres baissèrent la tête.
- Fichez le camp ! Et que je n’entende plus parler de vous !
Visiblement soulagées de ne pas recevoir plus qu’une remontrance, les ombres se dispersèrent rapidement. Impressionnés, les guerriers mirent un temps avant de s’approcher d’Améthyste.
- Comment se fait-il qu’ils t’aient écouté ? demanda enfin Mars.
- Ce n’est pas le moment de penser à ça ! Nous devons libérer Rubis.
- Améthyste !
Mais le protecteur était déjà occupé à ouvrir les battants de la grande porte de pierre, aidé par Saphir et Terre. Après avoir hésité une seconde, les autres guerriers se précipitèrent pour les aider. Voyant que la porte ne bougeait pas, Améthyste se recula et fit signe aux autres d’en faire autant. Le protecteur avait décidément pris le commandement des opérations, et personne ne discuta. Il se concentra, et lança à nouveau son attaque, faisant exploser la porte.
- Inutile de traîner, il faut trouver Rubis.
Tous pénétrèrent à l’intérieur du château et si mirent à suivre l’unique chemin : un sombre couloir à peine éclairé par quelques torches. Après quelques minutes de marche, les guerriers débouchèrent dans une grande salle ou se tenait leur adversaire, le puissant Fou.
- Et bien ! Vous en avez mis du temps pour nous trouver ! ricana-t-il.
Mais il cessa bien vite de rire en voyant dans quel état était Améthyste ; le protecteur, furieux parce qu’incapable de faire ressusciter Soleil et de libérer Rubis, dégageait une énergie bien supérieure à celle qu’il avait lors de leur dernier combat. Les autres guerriers étaient également surpris, d’autant plus que l’énergie de leur ami était aussi noire que la nuit. Reprenant son assurance, le Fou se décida enfin à approcher et se mit à narguer Améthyste :
- Alors ! Voilà le grand héros ! Triste héros, incapable de protéger sa déesse ! Incapable même de la faire renaître ! Vous devez vous rendre à l’évidence, Seigneur, aider ces stupides guerriers ne vous aura apporté que des problèmes !
- Je vais te faire ravaler tes paroles !
Améthyste serra les poings, et fit éclater son aura, éteignant les quelques torches qui brûlaient dans la pièce. Le combat débuta, dans le noir total. Il semblait que le protecteur de Saturne et son ennemi voyaient aussi bien dans les ténèbres qu’en pleine lumière, et ils échangeaient des passes savantes. Par contre, les guerriers tentaient de localiser leur ennemi sans succès, et la seule chose qu’il purent faire fut de se protéger derrière le mur métallique de Mars. Ils entendaient tout autour d’eux les bruits du combat, sans pouvoir intervenir.
Poussé par sa colère tout en restant calme, Améthyste eût rapidement l’avantage. Il parait tout les coups de son adversaire, et le blessait régulièrement, presque avec facilité. Enfin, Fou perdit patience et fonça tête baissée vers son adversaire. Le protecteur évita l’attaque et fit un croche-pied à Fou qui s’étala par terre. Ensuite, il se saisit de l’épée de son ennemi et la brisa. Le garde des Echecs recula jusqu’à se trouver dos au mur, puis tenta une dernière attaque :
- Attaque spirale !
Les guerriers ne surent jamais ce qui arriva par la suite. En tout cas, lorsque leur ami ralluma les torches, il ne restait de Fou que quelques miettes de métal éparpillés un peu partout dans la pièce.
- Comment as-tu fait ? demanda Emeraude.
Le protecteur de Saturne lui tendit une torche sans répondre, et les guerriers continuèrent d’avancer.
Le couloir continuait après cette première salle. Cette fois, il y avait des portes sur les côtés, mais on ne sentait aucune énergie à l’intérieur ; elles étaient vides. Après une centaine de mètres, le couloir déboucha à nouveau sur une pièce, bien plus grande que la première et bien plus éclairée. Elle était aussi richement décorée, mais toujours dans les tons sombres. Sur un trône d’argent – le métal d’Hadès – se trouvait une magnifique femme dont les longs cheveux blonds tranchaient avec son armure noire. Elle portait également une couronne noire, semblable en tout points à celle qui entourait le centre du soleil.
- Vous avez donc réussit à tuer mon fidèle Fou, commenta la femme, qui vraisemblablement était Reine.
- Oui, Madame, il ne reste plus que vous, répondit Améthyste.
- Vous êtes bien galant avec une simple exécutrice, Seigneur. Mais vous semblez oublier qu’il existe une autre pièce aux échecs : le Chevalier !
Un homme, qu’ils n’avaient tout d’abord pas vu car il se trouvait dans un coin sombre, les salua. On ne distinguait pas sont visage, mais il portait lui aussi une armure de couleur bordeaux, et un foulard de la même couleur barrait son front.
- Je serai votre prochain adversaire.
- Je reconnais cette voix… fit Mars.
Le guerrier sortit de l’obscurité… Ses cheveux étaient châtain, court ; ses yeux bruns identiques à ceux de Mars, d’Emeraude et des autres guerriers, sauf qu’ils étaient fixes et bizarrement froids…
- … Rubis ! cria Vénus.
- Vous vous trompez, combattante de Mars, mon nom est Chevalier et j’obéis aux ordre de Reine !
Les guerriers étaient complètement déboussolés, ils ne s’attendaient pas du tout à devoir affronter leur ami, et c’était bien lui car ils ressentaient la pierre de Neptune qui réagissait aux leurs à l’intérieur de sa poitrine.
- Mais… Mais… bégaya enfin Mars.
Reine eut un sourire de triomphe.
- Ne cherchez pas : il est tout simplement sous mon contrôle ! Vos n’avez plus qu’à le combattre.
- Jamais nous ne porterons la main sur notre ami ! s’écria la combattante.
- Et bien mourrez alors, car lui n’a pas vos scrupules ! En avant, Chevalier ! Je veux voir leurs cadavres à mes pieds !
- A vos ordres, Reine…
Chevalier dégaina son épée, qui était rouge sang, et fonça vers ses amis à une vitesse vertigineuse. Les guerriers, qui ne s’attendaient pas à une agression si rapide, ne réagirent pas jusqu’à ce que Vénus et Terre hurlent, blessées toutes deux par la puissante attaque. Alors, ils se réveillèrent et ceux qui avaient des armes blanches les dégainèrent. Chevalier revint à l’attaque, et se jeta sur Emeraude. Le protecteur d’Uranus se défendit, mais il n’osa pas attaquer de peur de blesser son ami. Son ennemi profita de la situation pour le désarmer et le blesser gravement. Saphir fonça, et s’apprêta à planter son arme dans son adversaire mais il hésita une seconde qui suffit à Chevalier pour faire voler l’épée du guerrier et lui enfoncer la sienne dans le corps. Saphir s’écroula en gémissant, et ce fut au tour d’Améthyste de monter à l’assaut. Malheureusement, lui aussi se laissa surprendre par ses sentiments et il rejoignit rapidement les autres guerriers qui gisaient au sol.
- Merde… songeait le guerrier de Saturne. Que pouvons-nous faire ? Même si on tente d’ignorer nos sentiments, ils ressurgissent toujours au moment crucial et nos attaques manquent de détermination. Du coup, notre ennemi en profite et nous voilà déjà tous à terre… Vite ! Trouver une solution !
Mais les pensées d’Améthyste furent interrompues par un coup de Chevalier qui lui ficha son arme dans le côté. Le protecteur retint un cri, et il se tourna vers son ennemi.
- Pfff… C’est ça le grand protecteur de la planète de la mort ? Je m’attendais à mieux de ta part ! Mais peut-être as-tu peur ?
- Peur ? Mais de quoi ?
Enervé, Chevalier retourna sa lame dans la plaie du protecteur, qui serra les dents.
- Tu ne fais plus le fier ?
Il enfonça l’épée plus profondément encore, puis se remit à la tourner. Des ondes de douleurs parcoururent le corps d’Améthyste, et il ne put retenir un gémissement.
- Aaah…
- Non, en effet. Tu gémis ? Mais moi, je te ferai crier !
Chevalier continua férocement à remuer son arme dans la plaie, l’agrandissant de plus en plus et infligeant une souffrance intolérable à celui qui gisait devant lui. Une goutte de sang coula de la bouche du protecteur et il crispa ses poings.
- Tu t’avoues vaincu ?
- Je… ne m’avoue pas… vaincu… quand… je… ne le suis pas…
D’un coup sec, Chevalier retira son épée de la blessure, et le sang se mit à couler. Améthyste crut que l’autre abandonnait, mais déjà on lui enfonçait à nouveau l’épée, dans la jambe cette fois. Le protecteur gémit à nouveau, et un cruel sourire étira les lèvres de son adversaire. Lentement, il agrandit la plaie en remontant vers la cuisse. La torture devint insoutenable, et Chevalier continuait. Soudain, d’un coup, il trancha le muscle vaste interne (nda : muscle de la cuisse) et Améthyste hurla.
- Et bien, il t’en a fallu du temps !
Ayant obtenu ce qu’il voulait, Chevalier sortit son arme et se détourna. Il ne restait plus qu’une guerrière capable de se battre, et encore, elle était à genoux. Mars de Quartz. Obéissant à un regard de Reine, il se dirigea vers elle. Elle leva les yeux.
- Pourquoi fais-tu cela, Rubis ? Pourquoi ?
- Cesse ce m’appeler ainsi, mon nom est Chevalier !
- C’est faux, tu es Rubis de Neptune, même si tu l’as oublié !
Il haussa les épaules et allait ouvrir la bouche pour répondre quand Reine perdit patience :
- Alors ? C’est pour aujourd’hui ou pour demain ?
- Excusez-moi de vous faire attendre, Reine. Je termine tout de suite.
Il fit mine de se diriger vers un autre guerrier mais Reine l’arrêta.
- Puisque tu es devant celle-là, à quoi bon changer ?
Il s’inclina à contrecœur. Il lui semblait qu’il avait été très attaché à cette Mars lorsqu’il était Rubis, et il avait tenté de ne pas trop la faire souffrir. A vrai dire, cela le répugnait un peu de la tuer, mais enfin, il devait obéir. Il leva son épée, mais soudain sa main gauche échappa à son contrôle et tenta d’abaisser l’arme.
- Mais qu’est-ce que… ?
- Qui a-t-il ?
- Je ne comprends pas ! Ma main gauche, ainsi que tout mon bras, échappent à ma volonté ! Je ne les contrôle plus !
Reine plissa les yeux, puis son visage se fit moqueur.
- Ne t’en fait pas, c’est juste Rubis qui tente de reprendre le dessus. Tue-la vite, et cela prendra fin.
- J’aimerais bien, mais…
Reine se leva, et ses yeux brillèrent. Elle se mit à parler d’une voix qui fit frissonner les guerriers :
- Rubis ! Tu es en mon pouvoir ! Tu m’appartiens !
- Je suis en ton pouvoir… se mit à répéter le jeune homme.
- Oui, c’est cela ! Tu dois m’obéir !
- Je dois t’o…
- Non ! interrompit Mars. Ne l’écoute pas Rubis !
Il secoua la tête, et parut reprendre conscience mais Reine ne lâcha pas prise.
- TU DOIS M’OBEIR !
- Je dois… vous o… b… é… Non !
- SI ! TU N’ES QU’UN PANTIN !
- Je… ne… s… u… is… qu’un…
Il se crispa, mais leva son épée encore plus haut. Son visage se tordit, et il lutta pour faire cesser son mouvement… La Reine soupira.
- Chevalier, lorsque tu auras abaissé ton arme et que tu verras du sang à tes pieds, tu retrouveras le contrôle de ton corps. Vas-y maintenant !
La lame s’abaissa…
Les yeux de Mars s’ouvrirent…
Le sang coula au sol…
Rubis reprit ses esprits et l’armure bordeaux disparut.
- Mars…
- Rubis… Mais tu es fou ?
Reine n’en revenait pas. Le guerrier avait bel et bien abaissé son arme, comme elle l’avait ordonné, et en voyant du sang au sol il avait repris le contrôle de lui-même mais… au lieu de tuer – ou même blesser – Mars, il avait tout bonnement… tranché son bras gauche !
- C’est impossible…
Rubis gémit et tomba à genoux. Le sang s’écoulait rapidement de ce qu’il restait de son bras, et il lui fallait des soins de toute urgence. Mars se pencha vers lui, mais il lui fit un signe de négation.
- Tue Reine… Vite… Sinon tout cela n’aura servit à rien…
La combattante comprit et se releva péniblement. Elle fit face à Reine qui éclata de rire.
- Tu crois vraiment pouvoir me tuer dans ton état ? Tu es folle ! Tu tiens à peine debout ! Tout est fini, et c’est moi qui ai gagné !
- J’en doute…
Les pierres des guerriers se mirent à briller sur leur poitrine, et le quartz de la combattante rayonna en réponse. Elle se concentra…
- Par le pouvoir de Mars ! Quartz light ray !
Un rayon rose pâle partit de l’index tendu de Mars, et vint se loger en plein milieux de la couronne noire de Reine sans que celle-ci n’esquisse un mouvement. Elle hurla, et la couronne vola en éclats. Lentement, son corps s’effrita et il ne resta d’elle qu’un petit tas de cendre.
- Ça y est… Nous avons gagné ! fit Mars en souriant.
- Maintenant… gémit Améthyste, il ne reste plus… qu’à… voir comment… nous allons retourner… sur le Soleil…
Les guerriers s’entre-regardèrent, et ceux qui en avaient encore la force éclatèrent de rire. Rubis réussit à se relever, et Saphir, Emeraude et Mercure suivirent son exemple. Le protecteur de Pluton aida sa bien-aimée Vénus, alors qu’Emeraude soutenait Terre et Mercure et Mars aidaient Cristal. Rubis se pencha vers Améthyste, et le souleva de son seul bras droit. Améthyste gémit, et le protecteur de Neptune ne put retenir un sourire. L’autre l’aperçut et grogna :
- C’est bon… C’est de ta faute si je suis dans cet état !
- Je pourrai me vanter d’avoir réussi à faire crier le plus silencieux des guerriers !
- Pfff…
Les autres gloussèrent, et enfin ils s’envolèrent pour le Palais Solaire.