Aurdalia

Par Youma Ephy

" Un jour viendra, où la Lumière et les Ténèbres s'uniront pour combattre un ennemi commun, pour aimer des choses communes, et ce jour-là naîtra l'Aurdalia "

Partie I : la Naissance d’Aurdalia

  1. Histoire de la rébellion de la Grande Prêtresse et des Protecteurs.
  2. ~~ Introduction ~~

    La vieille femme termina d’éteindre le feu de bois, puis pris une bougie de sur la table, et commença à monter lentement les escaliers. Alors qu’elle passait devant la première chambre de l’étage, elle entendit des sanglots étouffés et poussa la porte.

    Une petite fille est étendue sur son lit, la tête enfouie dans son oreiller. Des longues mèches de ses cheveux roux étaient collées par les larmes sur ses joues pleines de tache de rousseur.

    - Keiko… Tu sais qu’il va revenir ! dit doucement la veille femme, en s’asseyant sur le bord du lit.

    La petite fille leva sa tête et ouvre ses grand yeux bruns.

    - Mais grand-mère Mathilde… sanglote-t-elle, ça va durer huit ans ! Il ne rentrera qu’en 3659 ! J’aurai… elle calcula rapidement sur ses doigt, 15 ANS !
    - Allons, allons… continue la grand-mère en prenant Keiko dans ses bras. Il doit s’entraîner afin de devenir un grand chevalier ! C’est son rêve depuis toujours. Et puis, dit-elle en souriant, s’il te voyait en train de pleurer, il se moquerait de toi.

    Cet argument fut sans doute la plus efficace des consolations, et la petite Keiko sécha ses larmes d’un revers de manche.
    - Ah non alors ! fit-elle. Il ne se moquera pas ! Il verra, demain ! Je pleurerai pas !
    - C’est bien, il faut dormir maintenant, dit la grand-mère en éteignant la chandelle qui brûlait sur la table de nuit. Allez, dors bien !
    - Bonne nuit grand-mère Mathilde !
    - Bonne nuit…

    ***

    - Keiko, passe par la forêt pour rejoindre le village : c’est plus court et tu vas être en retard à la fête !
    - Oui grand-mère ! J’y vais !

    Et la petite fille se mit à courir le plus vite qu’elle pouvait.

    Alors qu’elle arrivait près du ruisseau, elle reçu une pomme de pin sur la tête et une voix moqueuse retentit :
    - Alors ? Encore en retard ?
    - Aban ! s’écria Keiko, rouge de colère. Descends tout de suite de cet arbre ! Et puis, je te ferai remarquer que cette fête est en ton honneur et que toi aussi tu es en retard !

    Le petit garçon que Keiko avait appelé Aban sauta du haut du chêne où il était perché et commença à faire des cabrioles. Il avait lui aussi des yeux bruns, et ses cheveux noirs était coiffés à la diable.
    - Hahaha !! T’es toute rouge ! se moqua-t-il.
    - C’est même pas vrai ! dit Keiko en devenant cramoisie.
    - Si, si ! Et là t’es encore plus rouge !
    - Non ! cria Keiko en se mettant à courir, Aban sur ses talons.
    - Laisse-moi tranquille !
    - Hahaha ! T’es toute rouge !

    Ils galopèrent durant plusieurs minutes, et arrivèrent près d’un ruisseau.
    - Attention, prévint Aban, le sol est glissant !

    Sans l’écouter, Keiko courût de plus belle… et tomba la tête la première dans une flaque de boue.
    - Ouin !! Ouiiin !! Ma robe toute neuve ! Et je pourrai pas aller à la fête ! Ouiin !
    - Mais si, tu pourras, la consola Aban. Viens, je vais te ramener chez toi, tu va vite changer de robe, et on va passer par un autre raccourci. Tu verra, on sera les premiers !
    - Tu… Tu crois ?
    - Mais oui ! Allez, vient !

    Et les deux enfants s’éloignèrent, la main dans la main.

    ***

    - Je vous remercie beaucoup pour cette fête… termina Aban.
    - Merci à toi, Aban. Et maintenant, en avant la musique !

    Tous se mirent à danser, ou à bavarder. Aban se glissa jusqu’à son amie, et lui souffla :
    - Tu vois, on est même arrivés avant ta grand-mère !
    - Oui, merci.
    - De rien, répondit Aban en souriant. On danse ?
    - Oh oui !

    ***

    La fête est finie, Aban est partit et Keiko est rentrée chez elle. Elle regarde les étoiles par la fenêtre, désignant les constellations par leur nom comme lui a apprit son ami.
    - Orion… Pégase… Andromède…
    - Keiko ! Tu dois te coucher !
    - Oui grand-mère.

    Elle jette un dernier regard au ciel, puis ferme sa fenêtre et entre dans son lit.
    _ A bientôt Aban…

    ~~ 1 ~~

    Trois jeunes filles font ensemble le chemin du collège.
    - Oulàlà ! Quelle chaleur ! dit l’une d’elles.
    - Toi Naoko, tu as toujours chaud ! lance la deuxième. Pas vrai Keiko ? Keiko ??
    - Hein ? Oui…
    - Tu es dans la lune, Keiko ! Tu pense au nouveau qui doit arriver aujourd’hui ? ricane Naoko.
    - Mais pas du tout ! Je pensais à la nouvelle prof d’anglais, Mlle Karen. Vous n’avez pas l’impression de l’avoir déjà vue ?
    - Pas du tout ! dit Naoko. Et toi, Shiziku ?
    - Moi non plus. Tu dois rêver, Keiko. Tu es souvent distraite ces derniers temps.
    - Ah ? C’est possible…

    Naoko et Shiziku poussèrent un soupir d’exaspération, puis recommencèrent à papoter à propos du nouveau.
    - Je me demande à quoi il ressemble…
    - J’espère qu’il est mignon !
    - Vous êtes à côté de la plaque ! intervint Keiko. C’est un petit voyou qui prend un malin plaisir à taquiner tout le monde.
    - Tu le connais ?
    - Bien sûr ! dit la jeune fille en souriant. C’est un ami d’enfance ! Vous verrez…

    Elles arrivèrent enfin à destination, et se rendirent dans leurs classes respectives. La cloche sonna quelques minutes plus tard, et Mlle Karen entra accompagnée d’un jeune homme.
    - Bonjour ! Voici votre nouveau compagnon de classe. Tu peux te présenter ?
    - Je m’appelle Aban Kidowa, et j’ai 15 ans. Je suis heureux de vous rencontrer.
    - Bienvenue, Aban ! crièrent les élèves en cœur.
    - Aban, va donc à côté de Naoko au deuxième rang.
    - Bien, Mlle Karen.

    A la pause de midi…
    - A ben ça ! Pour voir on a vu ! s’exclamait Naoko. Un petit voyou taquin, tu disais ? Tu dois être aveugle ! Il est super mignon !
    - Tu trouve tout les garçons mignons, Naoko… se moqua Shiziku.
    - Ah ! Tu te moque ! Et bien on va voir ! Je vais vous le montrer ! Où peut-il être…
    - A la bibliothèque, affirma Keiko.

    Les deux autres la regardèrent.
    - Tu en es sûre ?
    - Certaine !
    - Alors allons-y !

    ***

    Les trois jeunes filles cherchaient leur cible parmi les rayons, quand finalement Naoko l’aperçu.
    - Il est là ! Comment l’as-tu deviné ?

    Mais Keiko était trop surprise pour pouvoir répondre. Naoko n’avait pas menti : Aban avait radicalement transformé. Ses cheveux noirs, légèrement ondulés, étaient soigneusement coiffés et ses vêtements étaient impeccables. La seule chose qui n’avait pas changé était ses yeux, toujours du même brun profond. Soudainement, il leva les yeux et afficha un air surpris. Il se leva et se dirigea vers les trois amies.
    - Keiko ! Tu vas bien ?
    - Ou… Oui… Oui ça va ! dit-elle en rougissant.

    Aban afficha un air moqueur.
    - J’ai eu du mal à te reconnaître, mais tu rougis toujours aussi facilement.
    - Et toi tu es toujours aussi insupportable ! rugit-elle. Comment ai-je pu croire ne fus qu’un instant que tu avais changé !!

    Aban ne répondit pas, et se tourna vers Shiziku.
    - Bonjour, je n’ai pas l’honneur de te connaître, quel est ton nom ?
    - Shi… Shiziku… articula-t-elle.
    - C’est un bien joli nom !
    - Tu vas arrêter de jouer au joli cœur !? l’interrompit Keiko. C’est donc ça qu’on t’as appris pendant huit ans ??!
    - Eh… Calme-toi…
    - QUE JE ME CALME ?? TU VEUX QUE JE ME CALME ??????

    Naoko et Shiziku préférèrent décamper avant que les cris de leur amie n’ameutent tout le collège, et laissèrent les deux amis seuls dans la bibliothèque. La jeune fille redevint calme aussitôt.
    - Ah ! J’ai cru qu’elles n’allaient jamais partir ! annonça-t-elle.
    - Tu joue la comédie ? Toi ?
    - Et oui, tes leçons ont porté leurs fruits. Tu sais, tu es vraiment un sale gamin, mais je suis bien contente de te revoir.
    - Alors on est deux, déclara le jeune garçon.

    ***

    Les cours étaient terminés et Aban avait raccompagné Keiko chez elle, et après avoir discuté pendant trois heures qui lui avaient parut trois minutes, il était rentré chez lui et se trouvait maintenant dans sa chambre. Ses feuilles de devoir étaient éparpillées sur son bureau, et il mâchonnait un crayon en regardant par la fenêtre. Tout comme son amie, il avait été surpris de la voir si changée. Elle avait beaucoup embelli et était devenue une belle jeune fille. Ses cheveux mi-long avaient frisé, et elle les attachait en queue de cheval. Ses yeux bruns étaient surmontés de longs cils, et ses taches de rousseur lui donnaient un air adorable.
    - Elle est belle comme une fleur…

     

    De son côté, Keiko aussi pensait à son ami retrouvé. Il était toujours aussi taquin, mais la jeune fille lui avait trouvé un côté charmeur qu’il n’avait pas jadis. Elle rêvassait toujours quand sa grand-mère entra dans sa chambre.
    - Et bien ? Tu n’es pas très concentrée, remarqua Mathilde.
    - Hein ? Non…
    - Dis-moi, tu ne serais pas amoureuse ?
    - Mais pas dut tout !!
    - Tu sais, j’ai vu Aban, il est devenu un très beau jeune homme…
    - Mais qu’est-ce que tu va chercher ??? Allez, laisse-moi finir mes devoirs !

    La grand-mère sortit de la chambre, et referma la porte.
    - Non mais ! gronda Keiko.

    Puis elle sourit.
    - Bien que… Peut-être qu’elle a touché juste…

    ***

    Un mois plus tard, Keiko et Aban étaient dans la forêt. C’était le soir et ils s’étaient installés dans une clairière afin d’observer les étoiles.
    - Je vois que tu n’as pas oublié ce que je t’ai appris.
    - Qu’est-ce que tu crois ? fit Keiko, faussement fâchée. C’est pas moi qui ait une tête comme une passoire !
    - Il faudrait qu’on fasse une plate-forme sur un arbre, on verrait beaucoup mieux les étoiles, remarqua Aban.
    - On s’y mettra ce week-end, proposa son amie.
    - Ok…

    Aban s’assit, et pris appui sur ses mains.
    - Ah ! Cette forêt m’a manqué ! Tu te rappelle, le jour de la fête d’adieu ?
    - Bien sûr ! dit Keiko, en s’asseyant à son tour. Mais finalement, nous sommes arrivés à temps, heureusement.
    - En fait, tout ce qui est ici m’a manqué, continua Aban. Le village, la forêt, et toi, bien entendu.
    - Toi aussi, tu m’as manqué…

    Leurs deux visages se rapprochèrent, et ils s’embrassèrent. Keiko se redressa, et dit :
    - Je… Je dois rentrer chez moi… A demain !

    Et elle se mit à courir.
    - Keiko ! Pff…
    - Aban… Aban !
    - Hein ? Qui m’appelle ?
    _ Bonjour Aban… Il est temps pour toi de te souvenir…

    ***

    Le lendemain était un mercredi et Keiko allait rentrer quand Naoko l’accosta :
    - Ah ! Keiko ! Je te cherchais ! Aban est malade ?
    - Non, pourquoi ?
    - Il n’est pas venu ce matin.
    - Quoi ! Je vais vie chez lui voir ce qu’il a !

    Les deux filles coururent jusqu’à la maison de leur ami, pour apprendre qu’il n’était pas rentré de la nuit. Elles repartirent, et après avoir cherché Aban dans tout le village et dans la forêt, elles durent se rendre à l’évidence : il avait disparu. Elles rentraient chez elles, dépitées, quand elles virent Shiziku.
    - Bonjour les filles ! lança-t-elle. Y c’est passé quelque chose à l’école ?
    - Qu’est-ce que tu veux dire ? questionna Naoko.
    - Be oui, j’avais cour avec Mlle Karen aujourd’hui mais elle était absente, alors je suis restée chez moi. Il s’est passé quelque chose de spécial ?
    - MLLE KAREN N’ETAIT PAS LA ! s’exclama Keiko.
    - Be oui… Elle est malade…
    - Je cours vérifier ça !

    Elle partit comme une flèche, suivie de ses deux amies. Elles arrivèrent chez leur professeur juste quand Naoko terminait de tout raconter à leur amie.
    - Eh bien, quelle histoire ! Mais vous en faites pas un peu trop en soupçonnant Mlle Karen ?
    - Ah oui ? Alors pourquoi elle répond pas ? demanda la fille rousse.

    Une voix venant de la maison d’à côté les interrompit :
    - Qu’est-ce que vous voulez, les enfants ?
    - Bonjour Madame Berger ! dit poliment Keiko. Savez-vous où est Mlle Karen ? Nous voulions lui souhaiter un prompt rétablissement…
    - Rétablissement ? dit Madame Berger. Mais elle va très bien ! Seulement elle n’habite plus ici ! M. Dubois lui louait l’étage mais son bail a expié ce matin.
    - A bon ! Merci Madame !

    La fenêtre se referma.
    - Alors, tu vois Shiziku ?
    - C’est vrai que c’est louche…
    _ Keiko… Keiko…
    - Vous avez entendu ?
    - Quoi Keiko ? demanda Naoko.
    - Quelqu’un qui m’appelais…
    - Ah ! Là tu exagère !
    - Keiko… Keiko…
    - Encore !
    - Bon, moi j’arrête de divaguer et je rentre chez moi ! déclara Shiziku. Tu viens Naoko ?
    - Ok… Au revoir Keiko ! A demain !
    - Oui, au revoir…

    Les deux filles partirent en papotant.
    - Je me demande quelle est cette voix… murmura Keiko.
    - Keiko… Keiko…
    - Mais encore !
    _ Keiko… Va au pied du grand chêne dans la forêt… Je t’y attends…
    - Qui êtes-vous ?
    _ Viens, je t’expliquerai tout.
    - Bon…

    Et elle se mit en route.

     

    Arrivée au chêne, elle ne vit personne.
    - Ah non ! C’est quelqu’un qui s’est moqué de moi, j’en ai assez !
    - Non ! Regarde mieux…

    La jeune fille se concentra, et finit par apercevoir une femme qui l’attendait. Elle était très grande, avait de longs cheveux noirs attachés en partie avec une pince verte en forme de feuille et des grands yeux verts. Elle portait une tunique blanche et verte, retenue par une ceinture en cuir, et sur sa poitrine se trouvait un diamant.
    - Qui êtes-vous ? questionna Keiko, un peu effrayée.
    - Je suis Gaïa, guerrière protectrice de la Terre, et je viens au nom de Soleil, déesse de la Lumière.
    - Vous racontez n’importe quoi ! Je vais rentrer chez moi.
    - Non, attends ! Il faut que tu viennes si tu tiens à ton ami Aban !
    - C’est vous qui l’avez enlevé ? s’écria Keiko.
    - Non, mais celle qui l’a emmenée est notre ennemie. Viens, je vais te mener à Soleil.

    Keiko recula, mais quelque chose au fond d’elle lui disait de faire confiance à la guerrière de la Terre. Elle finit par avancer et pris la main de la femme.
    - Très bien, mais promettez-moi de me laisser rentrer ensuite ! dit-elle.
    - Ce sera à toi de le décider.

    Gaïa forma une boule mauve autour d’elles et elles s’envolèrent.
    - Ouah ! s’émerveilla Keiko. Mais c’est impossible !
    - Beaucoup de choses qui te paraissent impossible te seront accessibles, quand tu aura retrouvé la mémoire…
    - Retrouvé la mémoire ?
    - Tu comprendra plus tard. Maintenant ferme les yeux, car nous allons voyager à une vitesse très importante et nous nous rendons dans un endroit où tes yeux risquent de se brûler.

    Toujours poussée par cette sensation de confiance, Keiko ferma les yeux. Quelques secondes plus tard, Gaïa lui permit de les rouvrir, et la jeune fille fut émerveillée par la beauté de l’endroit où elle se trouvait. Elle était au beau milieux d’un parc merveilleux, plein de fleurs de toutes les couleurs et de toutes les formes, qui répandaient un délicieux parfum, sans qu’il soit pour autant dérangeant. Des arbres de toutes sortes étaient pleins de fruits à l’air délicieux, et des animaux se promenaient à leur guise. Mais tout cela n’avait pas d’importance à côté du somptueux château qui se trouvait au centre. Il était entièrement de couleur or, et semblait rayonner. L’architecture était sublime, et tut était fait avec une telle finesse et une telle précision qu’on aurait cru de la dentelle.
    - Voici, dit Gaïa après avoir laissé le temps à Keiko le temps d’admirer, le Palais Solaire.
    - Tu veux dire que…
    - Exactement, nous nous trouvons actuellement au centre même du Soleil, où demeure la Déesse de la Lumière. Viens, je vais te conduire à elle.

    Elles pénétrèrent dans le château, et traversèrent plusieurs pièce et arrivèrent enfin à la salle du trône. Le sol était en marbre blanc, et les murs couverts de symboles et d’histoires. De nombreuses fenêtres et un grand dôme de verre laissaient passer la lumière. Le trône était en simple bois orné, mais il brillait comme s’il était en or. Assise dessus, vêtue d’une robe blanc cassé et de bijoux d’or, était Soleil. Elle semblait avoir vingt ans, ses cheveux étaient blonds et longs, et ses yeux bruns d’or. Autour d’elle se trouvaient deux jeunes filles d’à peu près l’âge de Keiko. L’une avait des cheveux bruns et courts, et portait une tunique verte avec une pierre de jade sur la poitrine ; l’autre avait des cheveux noirs mi-longs et une tunique rose pâle, avec également une pierre sur la poitrine mais cette fois c’était un quartz. Toutes deux avaient les même yeux bruns que Keiko. Gaïa s’inclina devant la déesse.
    - Voici Vénus, Déesse Soleil.
    - Je te remercie, répondit la déesse de la Lumière.

    Sa voix était douce et Keiko se sentit comme réchauffée de l’intérieur lorsqu’elle l’entendit. Soleil repris la parole :
    - Bienvenue, Keiko. Tu dois être un peu déboussolée de voir tout ceci… Je me présente, je suis Soleil, Déesse de la Lumière. Voici Mercure de Jade et Mars de Quartz, guerrières combattantes qui protègent respectivement la planète dont elles portent le nom. Tu connais déjà Gaïa Terre de Diamant.

    Keiko acquiesça.
    - Tu dois te demander la raison de ta venue ici, repris Soleil. Elle est simple : tu es la réincarnation de la dernière guerrière combattante, Vénus d’Ambre.
    - Vénus d’Ambre ? répéta Keiko. Tout ça ressemble à un conte de fée !
    - Malheureusement, ce n’en est pas un. Je suis la Déesse de la Lumière, mais aussi la protectrice de la Voie Lactée. Pour m’aider dans ma tâche, j’ai créé ou appelé neuf guerriers, représentant chacun une planète et une pierre.
    - Mais vous avez dit tout à l’heure que j’étais la dernière, interrompit Keiko or nous ne sommes que quatre… Oh ! Pardon, je vous ai interrompue…
    - Ce n’est rien, dit Soleil en souriant. Tu as raison, et je ne me suis pas trompée. Il existe neuf guerriers, répartis en deux catégories : les combattantes, dont tu fais partie avec Mars, Mercure et Terre, et les Protecteurs, qui sont les autres planètes. Les Protecteurs sont : Cristal de Jupiter, Améthyste de Saturne, Emeraude d’Uranus, Rubis de Neptune et Saphir de Pluton.

    (note : pour les combattantes, dire d’abord la planète ; pour les protecteurs, dire d’abord la pierre)
    - Ah ! Je comprends… Mais où sont-ils ?
    - J’y reviendrai plus tard, déclara la déesse avec un air triste sur le visage. Tu ne t’en souviens pas, mais lors de notre dernière réincarnation, Hadès le Dieu de l’Enfer à tenté de conquérir la Voie Lactée. Nous avons réussit à le repousser, mais nous sommes tous morts. Cela c’est passé il y a plus de mille années.

    « Toi, et les autres guerriers, vous êtes réincarnés le 14 janvier 3644, sauf Terre, mais son cas est particulier.
    - Le jour de mon anniversaire… Alors nous avons tous quinze ans sauf les deux cas particuliers ?
    - Exact. Enfin… C’est ce qui aurais dû se passer. Malheureusement, il y a eu un problème. Lorsque je vous ai créé, je me suis arrangée pur que les combattantes soient des femmes et les protecteurs des hommes. De plus, excepté Terre, vous deviez avoir tous le même âge, et en cas de réincarnation, vous deviez vous réincarner le même jour. L’incident aurait dû être impossible… Cristal, protecteur de Jupiter, s’est réincarné dix ans avant les autres… et dans un corps féminin !
    - Mlle Karen !? Vous voulez dire que Mlle Karen est Cristel de Jupiter ?
    - Exactement. Mais cela n’aurait pas été important si elle ne s’était pas révoltée… En effet, Cristal a décidé de rendre la mémoire aux autres protecteurs et de les retourner contre moi en les envoûtant ! Lorsque je m’en suis rendue compte, il était trop tard et je n’ai pu que réveiller les combattantes afin de tenter de lui résister… Nous sommes en pleine guerrier interne !
    - Oh non ! Et Aban ? Qu’a-t-il à voir avec ça ?
    - Aban est la réincarnation du protecteur Saphir de Pluton.
    - Alors je vais devoir me battre contre mon meilleur ami ? s’alarma Keiko.

    Mars intervint :
    - Nous espérons pouvoir rendre leur liberté à tout les protecteurs sans les tuer, mais si nous échouons… Nous devrons nous battre !
    - Mais… Je ne sais absolument pas me battre !
    - Ne t’en fais pas, dit Soleil. Je vais te rendre la mémoire et tu retrouvera les pouvoirs que je t’ai donné. Es-tu prête ?

    Keiko acquiesça.
    - Chronos ! Dieu du temps et gardien de la mémoire ! Rend à Vénus la mémoire de sa vie antérieure !

    Une colonne de lumière jaune s’abattit sur la jeune fille, et une foule d’images lui traversa l’esprit. Oui ! Elle se souvenait ! Elle était Vénus d’Ambre, combattante aux pouvoirs des sentiments ! Elle servait Soleil depuis plusieurs millénaires déjà, et l’avais aidée à gagner plusieurs guerres. Le souvenir de Saphir, duquel elle avait toujours été amoureuse lui revint également en mémoire. Elle se rappela de tout les autres guerriers, de tout les moments passés ensemble, mais aussi de ses pouvoirs, de ses attaques. Lorsque la lumière disparu, Soleil se pencha vers elle, et une pierre d’Ambre entra à l’intérieur de son corps. Aussitôt, elle retrouva sa chère tunique jaune, une ambre sur la poitrine. Vénus plia un genoux.
    - Je suis heureuse de vous revoir, chère déesse Soleil…

    La déesse sourit.
    - Moi aussi, je suis contente, Vénus. Nous sommes maintenant tous réveillés, et nous allons devoir mener la bataille la plus rude de notre vie : celle qui nous opposera à nos chers amis protecteurs…

    ***

    Jupiter, Résidence de Zeus…

    Le jeune garçon se leva d’un coup, surpris, mais se rassis aussitôt en prenant sa tête en main. Quel mal de crâne ! Il attendit quelques minutes, en tentant de se souvenir de ce qui c’était passé. Il était en train de combattre un général d’Hadès, puis avait reçu un coup en plein cœur et avait été sûr que sa vie s’était arrêtée. Mais il était pourtant bien vivant. Soudainement, le souvenir de sa vie sur Terre en tant qu’Aban lui revint. Il avait donc ressuscité… Mais qui lui avait rendu la mémoire ? De plus, il portait sa tunique bleue et son saphir, et il sentait sa pierre près de son cœur. Qui lui avait rendu ses pouvoirs ?
    - Tu es enfin réveillé, Saphir.

    Il se retourna vivement, puis poussa un soupir de soulagement en reconnaissant le jeune homme blond à la peau claire et aux yeux bleus, qui portait une émeraude sur sa tunique verte.
    - Ah c’est toi, Emeraude. Je suis content de te voir. Que s’est-il passé ?
    - Cristal nous a réveillés, afin que nous lui obéissions comme jadis. De plus, elle a déclaré la guerre à Soleil.
    - Comment ! s’écria Saphir. Il est devenu fou !

    Emeraude sourit.
    - Tu te trompe, Saphir, la Cristal que nous servons maintenant est une femme.
    - Une femme ? Et elle a déclaré la guerre à Soleil ? Mais comment…
    - Incline-toi, Saphir, car voici notre Reine ! Cristal de Jupiter !

    Cristal entra dans la pièce, suivie de Rubis et Améthyste. Elle portait une robe d’un blanc éclatant et une couronne de cristaux. Ses cheveux noirs étaient lâchés et ses yeux bruns maquillés avec goût. Rubis était habillé de rouge, y compris sa pierre, et ses cheveux étaient toujours de la même couleur châtain. Améthyste lui était vêtu du même noir que ses cheveux excepté l’améthyste qu’il portait sur le front, selon son habitude. Il avait un masque noir qui lui cachait entièrement le visage. D’après ce que se rappelais Saphir, personne ne l’avait vu habillé autrement sauf peut-être Soleil. Mais le moment était mal choisi pour penser aux vêtements du protecteur de Saturne.
    - Qu’est-ce c’est que ces histoires, Cristal ? demanda-t-il d’un air furieux.
    - Mais c’est très simple… J’ai décidé de tuer Soleil.
    - Tu est folle ! Et pourquoi fais-tu cela ?
    - Parce que tel est mon bon plaisir ! répondit Cristal avec un air de reine. T’y oppose-tu ?
    - Je suis un protecteur de Soleil ! Jamais je ne t’aiderai !
    - C’est bien ce que je pensais… Rubis ! Emeraude ! Saisissez-le !
    - Que veux-tu dire ?
    - Que les autres aussi ont refusé, et que j’ai dû utiliser une petite incantation afin de les convaincre…
    - Tu les as hypnotisés ! Traîtresse ! cria Saphir en tentant de se ruer sur la protectrice de Jupiter. Mais Rubis et Emeraude le tenait bien, et il ne pu s’en défaire.
    - Je dois dire que ce fut assez facile… sauf pour Améthyste, tu ne peux pas imaginer combien ce guerrier masqué tient à Soleil… J’ai dû l’envoûter quatre fois avant que l’incantation marche.
    - Améthyste tient tant à Soleil ? pensa Saphir. Il en serait… Ce n’est pas le moment !

    Améthyste plia un genoux et baisa le bas de la robe de Cristal.
    - Je suis désolé de vous avoir donné tant de mal…
    - Ce n’est rien. Et toi Saphir de Pluton, combien d’incantation avant que tu ne succombe à mon charme et que tu ne devienne mon esclave ?

    Saphir serra les poing.
    _ Qu’est-ce que je peux faire ?
    - On va voir ça tout de suite ! Au nom de Zeus et d’Aphrodite ! Jenkama !!
    - NOOOOOOOOOOOOONNNNNNNNNNN !!

    ***

    La déesse de la Lumière eut un crispe ment et porta ses mains à sa tête.
    - Soleil, qu’avez-vous ? s’écria Mercure en la soutenant.
    - Le dernier des protecteurs vient d’être envoûté… Saphir est passé dans le clan de Cristal.
    Vénus baissa la tête.
    - Saphir… Aban…

    ***
    - C’est bon, lâchez-le.
    - Bien, Reine Cristal, dirent Emeraude et Rubis.

    Saphir, qui était tombé à genoux, se releva péniblement.
    - Je suis désolé de tout les ennuis que je vous ai causé… Veuillez me pardonner, Reine Cristal.
    - Je te pardonne, Saphir. Ta faiblesse était normale. Jure-tu maintenant de renier Soleil et me servir au risque de ta vie, et tout le long de ta vie.
    - Oui, le jure !
    - Très bien. Améthyste, montre-lui sa chambre.

    Le gardien de Saturne s’inclina, et sortit, suivit de Saphir. Rubis partit d’un autre côté. Emeraude se rapprocha de Cristal, qui l’embrassa à pleines lèvres.
    - Ah ! Mon bel Emeraude ! Nous allons détruire cette stupide déesse de la Lumière, et serons enfin libres !

    Elle l’embrassa à nouveau, puis lui fit signe de sortir. Il s’inclina et suivit l’ordre, le sourire aux lèvres.
    _Maintenant, je les ais tous ! Prends garde, Soleil !

    ***

    Le lendemain…

    Vénus avait décidé de rester au Palais Solaire, et avait prévenu sa grand-mère qu’elle allait chez une amie pour quelque temps. Elle était dans sa chambre, et avait peine à se lever. Finalement, un mauvais pressentiment la poussa à sortir du lit et elle commença à faire sa toilette. Elle se lava soigneusement, passa sa tunique jaune et coiffa ses cheveux en queue, comme toujours. Ensuite, elle se rendit à la salle du trône, et fit part à Soleil de son intuition.
    - Oui, lui répondit Soleil, moi aussi il me semble que quelque chose se passera aujourd’hui.
    - Quelque chose d’horrible, précisa Vénus.

    La déesse acquiesça, et poussa un soupir.
    - J’ai peur de ce qui va arriver… Peur que ça soit irréparable.

    ***

    Jupiter, Résidence de Zeus

    Cristal avait réuni tous les protecteurs dans la salle principale de son palais, et leur expliquait ce qu’elle attendait d’eux.
    - Nous allons bonnement et simplement attaquer le Palais Solaire au coup de midi.
    - Mais c’est de la folie ! intervint Améthyste. Personne n’a jamais réussi à prendre le Palais Solaire !
    - Tu ose me contredire ?
    - Ce n’est pas cela, mais…
    - Parce que personne n’a essayé, coupa Emeraude. Nous comptons sur l’effet de surprise et les scrupules des combattantes.
    - Nous ? murmura Rubis.

    Emeraude lui lança un regard meurtrier. Cristal s’aperçu de cette scène et intervint en ordonnant à tous de la laisser seule avec Emeraude. Rubis, Saphir et Améthyste saluèrent et sortirent. Aussitôt, Cristal et Emeraude échangèrent un baiser ardent.
    - Mon amour ! dit la Reine en se détachant de son vassal. Nous tenons Soleil ! Elle ne pourra jamais nous attaquer, mais nous n’avons pas ses scrupules !
    - Et les autres protecteurs vous sont tout dévoués, ajouta le guerrier d’Uranus.
    - J’ai quelques doutes en ce qui concerne la fidélité d’Améthyste…
    - Cela n’est rien, ma reine !

    Et ils s’embrassèrent de plus belle. Saphir, qui les espionnait par une porte dérobée, frémit en les voyant si amoureux. Le sort de Cristal avait eut l’effet recherché, et le pauvre était empli d’amour pour sa Reine. Certain penserons qu’il retourne bien vite sa veste, mais j’appuie sur le fait que Jenkama, l’enchantement utilisé par Cristal, est très puissant et qu’il est quasi impossible d’y résister. Saphir referma la porte sans bruit, et s’appuya contre elle, des larmes amères dans les yeux, alors que dans son cœur Cristal continuait d’écraser Vénus.

    ***
    - Foudre de Zeus !

    Un bruit gigantesque résonna dans le Palais. Aussitôt, Soleil et ses combattantes se rendirent à l’entrée et tentèrent de repousser les protecteurs dans les jardins.
    - Saphir !
    - Keiko ? Qu’est-ce que… Vénus ! Alors c’étais toi ?
    - Oui, Aban ! Reviens, s’il te plaît !
    - AAH !

    IFY">Une atroce douleur vrillait le cerveau de Saphir alors qu’il tentait de se libérer du sort lancé par Cristal, mais celle-ci s’approcha de lui et l’embrassa. Aussitôt, sa résistance cessa et il s’inclina devant sa Reine.
    - Vénus ! Tu seras la première que j’éliminerai ! cria-t-il.
    - Non, Saphir ! ordonna Cristal, de peur que son affection pour la combattante reprenne le dessus. Occupe-toi de Mars !
    - A vos ordres ! PLUTO ATTACK !

    Mars esquiva l’attaque et riposta :
    - Métaux d’Arès !

     

    Pendant ce temps, Améthyste faisait face à Terre ; Rubis à Mercure ; Emeraude à Vénus et Cristal était confrontée à Soleil elle-même.
    - Cristal ! Cesse ce combat absurde !
    - Jamais, Déesse ! Pas tant que ta tête sera sur tes épaules !

     
    - Saphir ! criait Vénus en tentant d’échapper à Emeraude. Emeraude ! Laisse-moi passer ! Spirale d’Ambre !
    - Eclats de verre !
    - AAAAAHH !

     
    - SHADOW SABRE !

    Une épée noire apparut dans la main d’Améthyste.
    - Epée végétale !

    Les deux épées se croisèrent avec force, et un duel de force égale débuta entre la guerrière de la planète de la vie et le guerrier de la planète de la mort.

     

    Pendant ce temps, Rubis et Mercure enchaînaient des attaques de plus en plus rapides, et rivalisaient de vitesse.
    - Ailes d’Hermès !
    - Vagues de Poséidon !

     

    Les cinq combats se poursuivirent durant de longues minutes, tant les lutteurs étaient de force égale. Soleil hésitait à déployer sa puissance face à ses propres guerriers, et Cristal en profitait pour mener le combat. Enfin, Emeraude arriva à assommer Vénus, et rejoignit sa Reine qui lui cria :
    - Inutile de la tuer ! Notre seul but est Soleil !
    - Très bien !

    Le combat se poursuivit, mais à la vue de ses amies blessée, de la fureur avec laquelle les protecteurs s’acharnaient sur les guerrières, la douce Soleil décida d’enfin utiliser toute sa force. Elle se concentra, et invoqua :
    - RAYON LUMINEUX !

    Un fin rayon partit de son doigt, et fila droit vers Cristal. Aussitôt, Emeraude la pris dans ses bras et tourna le dos à Soleil pour la protéger…

    Vénus leva la tête…

    Un cri.

    Une blessure béante.

    Quelqu’un qui crache du sang.

    Un corps qui s’écroule au sol.

    Emeraude ouvrit les yeux. Il était vivant, même pas blessé. La déesse de la Lumière avait-elle raté son coup ? Il se détacha de Cristal et réalisa ce qui s’était passé.
    - SAAAAPHIIIIIIIR ! hurla Vénus, en courant vers la forme étendue.
    - Impossible… murmura le protecteur d’Uranus.
    - SAPHIR ! Réponds-moi !
    - Keuf ! Keuf ! Cri… Cristal… murmura le gardien de Pluton en crachant des gerbes de sang.

    Les autres combats cessèrent, et les combattantes se groupèrent autour de Soleil alors que les protecteurs s’approchaient de leur Reine. Emeraude se tourna vers Vénus, reprenant ses esprits.
    - Ecarte-toi de lui ! lui somma-t-il.
    - Comment ! Il te sauve la vie et tu ne me laisse même pas le soigner ?
    - Tu es notre ennemie ! répliqua froidement Emeraude. Ecarte-toi ou tu en pâtira.
    - C’est ce qu’on verra !
    - Comme tu voudras… Eclats de verre !

    Affaiblie par son évanouissement de tout à l’heure, Vénus ne pu éviter l’attaque et s’effondra sur le sol.
    - Je t’avais prévenue, souligna Emeraude.

    Il chargea Saphir sur son dos avec le plus de précautions possible, puis invoqua :
    - Porte ! Ouvre-toi jusqu’à Jupiter !

    Un trou noir apparut, et le gardien d’Uranus s’engouffra à l’intérieur. Décidée à reprendre le contrôle de ses vassaux, Cristal ordonna :
    - Repliez-vous !

    Quelques secondes plus tard, les autres protecteurs s’étaient rendus de l’autre côté de trou noir sans même que les combattantes pensent à réagir. Lorsque la porte se referma derrière Cristal, elles se réveillèrent enfin, et Terre se précipita vers Vénus.
    - Ca va, elle n’a rien de grave, annonça-t-elle après une rapide consultation.

    Les autres poussèrent un soupir de soulagement à cette nouvelle, et toutes se dirigèrent vers la salle de soins.

    ***
    - Je crois qu’il vaut mieux que nous retournions chacune sur notre planète respective. La première qui voit ou qui perçoit quelque chose de suspect prévient les autres, proposa Mars.
    - Tu as raison, Mars, dit Soleil. Allez dans vos palais respectifs. Mars, tu es la plus proche des protecteurs, tu dois faire très attention…
    - Ne t’en fais pas, Soleil, je ne pense pas qu’ils s’arrêterons sur ma planète ou sur une autre.
    - Que veux-tu dire ? intervint Mercure.
    - Ils l’ont dit eux-même : tout ce qui les intéresse, c’est Soleil.
    - Mais alors, nous devons toutes rester ici ! s’exclama la combattante à la pierre de Jade.
    - Si nous sommes sur nos planètes, nous pourrons les observer, et nous serons tout de suite prévenus s’ils décident d’attaquer le Palais Solaire à nouveau, expliqua Mars. Il ne faut surtout pas que la prochaine bataille ait lieu ici ! Si le Soleil est détruit, cela signifie la perte du système !
    - Tu as raison ! Alors, qu’attendons-nous ? En avant !

    Trois rayons lumineux, vert, rose et blanc, partirent du soleil et disparurent au loin.
    - Vénus ? Te sens-tu assez rétablie pour te rendre au Castel d’Aphrodite sur ta planète ?
    - Il n’y aura pas de problème, déesse Soleil. Votre magie m’a bien soignée.
    - Très bien, alors vas-y !

    Un quatrième rayon, jaune cette fois, fila jusqu’à Vénus.
    - Vénus… Tu es bien courageuse…

    ***

    Résidence de Zeus
    - Comment va-t-il ?
    - Sa blessure sera guérie d’ici trois jours par incantation, ma reine, mais je pense que sa pierre a été touchée… Ses pouvoirs en serons amoindris et il souffrira beaucoup.
    - Merci Rubis. Ta science de la médecine nous est d’un grand secours. Mais jure-moi de ne répéter à personne ce que tu viens de me dire.
    - Vos désirs sont des ordres !
    - Bien, tu peux disposer. Dit à Emeraude qu’il peut entrer.
    - Bien.

    Rubis sortit après un dernier salut. Quelques secondes plus tard, le protecteur d’Uranus entrait.
    - Alors ?
    - Juste une blessure bénigne. Tout sera oublié d’ici quelques jours.
    - Vous me rassurez, j’avais peur que ça soit plus grave.

    Cristal passa ses bras autour de la taille d’Emeraude, et lui murmura à l’oreille :
    - Assez parlé de ce microbe. Il y a d’autre sujets plus… intéressants…

    Emeraude se dégagea.
    - Je suis juste venu demander des nouvelles de celui qui nous a sauvé la vie à tout les deux. Il faut que je retourne sur Uranus.
    - Comment ! Tu me laisse déjà ! s’exclama Cristal.
    - Je suis désolé, mais j’ai des choses plus importantes à faire.
    - Très bien, va t’en ! fit Cristal avec un sourire dédaigneux.
    - Je vous remercie, répondit Emeraude en la saluant.

    Et il sortit d’un air pressé alors que Cristal enrageait.
    - Comment ose-t-il me parler ainsi ! gronda-t-elle. Il me le payera !

    ***

    Uranus, Demeure d’Urania
    - Comment peut-elle traiter celui qui l’a sauvée de " microbe " ! Il a risqué sa vie par amour pour elle, alors que c’est un sort qui le rend amoureux ! Et elle le traite comme un esclave ! Je me demande si je n’ai pas fait un mauvais choix…

    ***

    Résidence de Zeus
    - Merci pour tout Rubis !
    - C’est normal, Saphir. Au fait ! Emeraude t’attend sur Uranus. Il a quelque chose d’important à te dire, à ce qu’il paraît.
    - Bien, j’y vais tout de suite.

    Il se protégea avec une sphère bleue, et s’élança vers Uranus à la vitesse d’une comète. Quelques instants après, il atterrissait à l’entrée du palais, le souffle court.
    - Qu’est-ce qui m’arrive ? pensait-il. Je suis pourtant rétabli…

    Voyant son ami arriver, il se redressa.
    - Bonjour, Emeraude…
    - Saphir ! Tu es déjà rétabli ? Je suis content !

    Le gardien de Pluton s’inclina.
    - Je te remercie…
    - Ne me salue pas ainsi, fit Emeraude, reprenant son sérieux. C’est à moi de te remercier. Sans toi, je serais mort à l’heure qu’il est, et Cristal aussi.
    - C’est normal, nous lui avons juré fidélité ! dit aussitôt Saphir.
    - Ecoute, Saphir, il faut que je te parle. Tu sais que tu as été envoûté, n’est-ce pas ?

    Le gardien baissa la tête.
    - Oui, c’est ma grande honte !
    - Ne dis pas cela ! Il faut briser le sortilège !
    - Comment ? Que veux-tu dire ?
    - Que Cristal, pour te remercier, à décidé de briser l’enchantement, mentit Emeraude. Tu pourras ainsi prouver à Cristal que ce n’est pas uniquement ce sort qui te rattache à elle. Es-tu d’accord ?
    - Bien sûr ! Les désirs de Cristal sont des ordres pour moi !
    - Très bien.

    Le protecteur d’Uranus se concentra, puis invoqua :
    - Au nom de Zeus et d’Aphrodite ! Que le Jenkama soit brisé ! Injenkama !!
    - AAAH !
    - Saphir, ça va ?

    Le gardien leva la tête ; et dévisagea son compagnon d’un air méfiant.
    - Emeraude…
    - Tu es redevenu toi-même ! se réjouit Emeraude. Enfin !
    - En effet… Mais qu’est-ce qui te prends ? demanda Saphir. Je croyait que…
    - Que j’avais moi aussi été envoûté ? Eh bien non… J’ai rencontré Cristal alors que je n’étais pas encore réveillé, comme toi. Mon nom sur Terre était Jack, et je tombai amoureux d’elle ! Lorsque je fus réveillé, elle réussit à me convaincre de l’aider, à ma grande honte ! Mais je me suis rendu compte que celle que je servais n’était pas celle que je croyais.
    - Et les autres protecteurs ?
    - Sont toujours sous le charme, mais Améthyste se ralliera facilement à nous. En attendant, faisons semblant de rien et obéissons-lui comme jadis.
    - Très bien… Nous agirons à la prochaine bataille.

    Des autres visiteurs interrompirent leur conversation. Cristal venait d’atterrir sur Uranus, accompagnée de Rubis et d’Améthyste.
    - Emeraude ! Saphir ! Nous sommes en route pour le Soleil ! Dépêchez-vous de vous joindre à nous, ordonna Cristal.
    - A vos ordres !

    Les cinq personnes se dirigèrent vers le soleil à toute vitesse.

    ***

    Mars, Manoir d’Arès
    - Bib ! Bib !
    - Qui a-t-il, ordinateur ? questionna Mars.
    - Cinq personnes se dirigent vers nous. Bib ! D’après nos informations, il s’agit de Cristal, Rubis, Emr…
    - Vite ! l’interrompit Mars, prévient les autres ! Dis-leur de venir ici tout de suite, je vais essayer de ralentir leur progression !
    - Bib ! A vos ordres !

    La gardienne au quartz sortit à toute vitesse, et invoqua :
    - Metal Wall !

    Un mur de métal se dressa devant les cinq intrus, les empêchant d’avancer.
    - C’est Mars ! s’écria Rubis.
    - Vous n’irez pas plus loin ! Métaux d’Arès !!
    - Bouclier d’Améthyste ! invoqua le protecteur de Saturne.

    Le bouclier bloqua net l’attaque de Mars, qui renchérit :
    - Fer ! Or ! Argent ! Etain ! Platine ! Par les cinq métaux élémentaires !

    Le bouclier vola en éclat, et les protecteurs évitèrent l’attaque de justesse. Il tentèrent de continuer leur route, mais Mars avait gagné suffisamment de temps pour permettre aux autres combattantes de la rejoindre, ainsi que Soleil.
    _Vous voulez que le final ait lieu ici ? Très bien ! Comme vous voudrez ! Par les foudres de Zeus !!
    - Metal Wall !

    Les éclairs traversèrent le mur de métal sans encombre, et les combattantes ne purent éviter complètement l’attaque.
    - AAAAH !
    - Mars ! Ca va ? s’inquiéta Vénus.
    - Pas… Pas de problème…
    - Inutile de disperser nos attaques ! cira Soleil. Lançons une attaque collective avant que tout le monde meure ! Eclat du Soleil !
    - Métaux d’Arès !
    - Ailes d’Hermès !
    - Puissance de Gaïa !
    - Cœur d’Aphrodite !
    - Ripostez avec moi ! ordonna Cristal. Foudre de Zeus !
    - Black Tornado ! invoqua Améthyste.
    - Vagues de Poséidon !
    - Saphir ! Attaquons où nous serons tous balayés ! cria Emeraude. Etoiles d’Urania !

    Saphir hésita une seconde, puis lança à son tour :
    - Instant de Chronos !

    Les deux vagues d’attaques étaient complètement équivalente et restèrent en suspension entre les deux clans. Il aurait suffit que l’une des attaques baisse d’intensité, et tout les membres du clan périssaient.
    - Non ! pensait Emeraude. Si je continue, je vais blesser les combattantes, mais si j’arrête, tout les protecteurs vont y passer !

    De son côté, Saphir tentait de maintenir la puissance de son attaque, mais il faiblissait à vue d’œil.
    _ Arrh ! Cristal m’a menti ! Je suis sûr que mon saphir interne a été touché… Je ne tiendrai pas longtemps !

    Finalement, la douleur qu’il endurait devint insupportable et il s’écroula, laissant la puissance des attaques des combattantes transpercer les leurs, et finir par toucher ses amis.
    - AAAAAAHH !!
    - AAAAH !

    Silence.
    - Ils sont tous morts ? demanda enfin Mercure.
    - Non, nous n’avons pas lancé nos attaques à pleine puissance, sinon leurs corps même seraient détruits, et la planète avec, répondit Mars.
    - Mais qu’est-il arrivé à Saphir ? s’inquiéta Vénus. Saphir ! Où es-tu ?

    Un gémissement lui répondit, et la protectrices aux pouvoirs des sentiments couru vers son aimé.
    - Saphir !

    Pendant ce temps, Mars et Terre s’employaient à lever le sort qui pesait sur Améthyste et Rubis. Aussitôt rétablis, ils plièrent le genoux et jurèrent fidélité à Soleil.
    - Je suis vraiment désolé, déesse… dit Améthyste en baissant les yeux.
    - Ce n’est rien, Améthyste. Relève-toi. Toi aussi, Rubis. Ce n’était pas votre faute.

    Mercure murmura à l’oreille de Mars :
    - C’est une première ! Améthyste plie le genoux devant quelqu’un !

    Les deux jeunes filles pouffèrent, puis éclatèrent de rire. Mais brusquement, le silence se rétablis. Cristal s’était relevée, et faisait face à Soleil.
    - Tu me le payera ! dit-elle en grinçant des dents.
    - Non, Cristal, dit Soleil. Cette fois tu es allée trop loin. Purification de l’Aube !
    - AAAAAAAAAAAAHH !

    Le souffle de lumière traversa la protectrice de Jupiter, et elle se retrouva en cendre. Soleil versa une larme et déclara :
    - Cristal de Jupiter se réincarnera en homme, la prochaine fois. Je me demande ce qui a pu se passer…
    - Sans doute, intervint Améthyste en regardant gravement la déesse, est-ce une ruse d’Hadès.
    - Hadès ? Mais il est relégué en Enfer ! s’exclama-t-elle.
    - Je suis bien placé pour savoir que rien ne lui est impossible, répondit sombrement le protecteur de Saturne.

    Soleil acquiesça.
    - Rentrons, maintenant.

    ~~ 2 ~~

    Palais Solaire

    Vénus revenait de l’infirmerie où Terre avait examiné Saphir.
    - Alors, Vénus ?
    - Saphir est gravement malade, sa pierre s’est brisée ! pleura Vénus. Il va mourir, et ne pourra plus ressusciter !

    La déesse fut sur le choc durant quelques secondes, mais Vénus s’agenouilla à ses pieds et continua à parler :
    - Oh, Soleil, n’existe-t-il pas un moyen pour le guérir ?

    ***

    Palais Solaire

    - Saphir est gravement malade, sa pierre s’est brisée ! pleurait Vénus. Il va mourir, et ne pourra plus ressusciter ! Oh, Soleil, n’existe-t-il pas un moyen pour le guérir ?
    - Si, il y en a un… répondit la déesse.
    - Lequel ? Dis vite !
    - Il est très risqué, Vénus, et je…
    - Peu importe ! interrompit la combattante de l’Ambre. Je prends le risque !
    - Bien… Il faut faire fusionner sa pierre avec celle de quelqu’un d’autre.
    - C’est tout ?
    - Oui, mais si tu le fais et que tu n’es pas en harmonie avec lui, vous mourrez tous les deux ! De plus, même si ça réussit, vous ne pourrez plus utiliser vos pouvoirs si vous êtes séparés, sauf si vous subissez un entraînement intense.
    - Soleil, puis-je essayer ? Je t’en prie !
    - C’est à toi de voir, j’accepterai ta décision.
    - Alors j’essaie !

    Vénus courut jusqu’à la salle de soin, et pris la main de Saphir.
    - Au nom d’Aphrodite et de Chronos ! Que nos pierres et nos pouvoirs fusionnent, et que la moitié de chaque s’implante respectivement dans nos cœurs !

    Une lumière vive les inonda. Soleil, qui avait suivit Vénus, entra dans la pièce à ce moment, et pria pour qu’ils réussissent. Saphir ouvrit les yeux et se redressa.
    - Vé… Vénus ?
    - Saphir ! cria la combattante en se jetant dans ses bras. Saphir ! Tu es vivant !
    - Vénus ! Je suis si heureux !
    - Vous êtes enfin réunis, dit Soleil, après mille ans de séparation…
    - Tu exagère, dit Mercure en entrant. Ca fait à peine trois jours que Saphir est dans le coma ! Et puis, il y a un mois, ils étaient encore ensemble sur Terre !
    - Peu importe ! Ils sont ensemble maintenant et c’est ce qui compte.

    ***

    Vénus regardait par la fenêtre. Elle regardait la Terre, et elle se mit à songer avec nostalgie à sa grand-mère, à ses amies qu’elle avait dû laisser là-bas. Elle ne pouvait leur dire qui elle était ! Et puis après tout pourquoi pas ? Soleil ne leur avait jamais interdit de révéler leur identité, d’ailleurs la légende de la déesse de la Lumière était connue par la plupart des gens… Soleil s’approcha, et posa sa main sur l’épaule de la jeune fille.
    - Vas-y. Ils doivent s’inquiéter.

    La combattante de l’Ambre remercia la déesse d’un regard et se leva, puis s’envola à toute vitesse vers la Terre.

    Vénus atterrit dans la forêt tout près de son village. Elle se dirigea vers la maison isolée de sa grand-mère et toqua légèrement à la porte. La vieille femme lui ouvrit, et ouvrit des grands yeux surpris en voyant sa petite-fille vêtue d’une tunique jaune étincelante.

    - Ke… Keiko ?

    - Bonjour grand-mère Mathilde… Je dois t’avouer quelque chose…

    Mathilde lui fit signe d’entrer et Vénus s’installa sur une chaise.

    Bien plus tard, Vénus termina son histoire. A son grand étonnement, sa grand-mère la croyait sur parole.

    - Je suis contente que tu m’aie tout dit, Keiko… non, Vénus. Tu dois maintenant faire ton devoir et reste auprès de la déesse Soleil et de ton cher Saphir de Pluton. Je te demande seulement de faire très attention à toi, et de ne pas oublier la vieille Mathilde.

    - Oh, grand-mère !

    Vénus se jeta dans les bras de la vieille femme.

    - Jamais je ne t’oublierai ! Tu as veillé sur moi durant toute cette vie ! J’aimerais tant ne pas avoir à te quitter… Ne veux-tu pas venir avec moi au Palais Solaire ?

    Mathilde repoussa sa petite fille tendrement mais fermement.

    - Non, Keiko. Ta destinée est de suivre Soleil, la mienne est de rester sur Terre. Je me débrouillerai bien seule. Va faire ton devoir, et si je te demande de ne pas m’oublier, je te demande aussi de ne pas revenir.

    Vénus comprit la sagesse des paroles de sa grand-mère, et après l’avoir embrassée une dernière fois elle sortit, la mort dans l’âme.

    - Au revoir, grand-mère ! Merci pour tout !

    - Adieu, Keiko ! Et surtout, prends garde à toi…

    ***

    Uranus, Demeure d’Urania

    Emeraude réfléchissait à ce qu’avait dit Améthyste. Etait-ce possible qu’Hadès était derrière tout ça ? En fait, c’était même très probable. Le dieu Sombre Hadès, le pire ennemi de la déesse de la Lumière. Son ennemi naturel, puisque depuis toujours les dieux sombres, avec Hadès à leur tête, et les dieux de lumière, dirigés par Soleil, s’affrontaient. Cependant, ce qui intriguait le protecteur d’Uranus, c’était les paroles d’Améthyste : “ Je suis bien placé pour savoir que rien lui est impossible ”… Cela voulait-il dire qu’Améthyste connaissait Hadès ? Il est vrai que le protecteur masqué n’avait pas, comme les autres, été créé par Soleil. Emeraude se souvenait encore de la première fois qu’il l’avait vu, alors que le jeune homme venait proposer ses services à Soleil. Emeraude n’avait alors que quinze ans, et c’était sa première vie. Les guerriers affrontaient les généraux d’Hadès pour la première fois…

    *** Flash Back ***

    Palais Solaire

    - Déesse Soleil ? Qu’allons-nous faire ? désespérait Mars. Nous sommes trop peu puissants pour pouvoir tenir encore longtemps face à Hadès et à ses cinq généraux !
    - Mars a raison ! renchérit Rubis. Bien que le cinquième général ne se soit pas encore montré, nous n’arrivons déjà pas à les battre ! Alors, quand il sera là lui aussi…
    - Calmez-vous, dit doucement Soleil. Le cinquième général n’interviendra pas.

    - Que veux-tu dire ? demanda Saphir.
    - Rien…

    Des cris retentirent dans le couloir.

    - Non ! Il est interdit de passer ! Restez où vous êtes !
    - Je veux voir Aurore !

    Soleil tressaillit, et Emeraude se demanda si c’était à cause du nom ou de la voix qui le prononçait.

    - Il n’y a pas d’Aurore ici ! Repartez d’où vous venez !
    - Mercure, laisse-le passer, dit Soleil d’une vois blanche.
    - A vos ordres !

    Un jeune garçon entra et s’inclina légèrement. Il avait des cheveux noirs, et était entièrement habillé de cette couleur, excepté une pierre mauve sur son front. Un masque noir cachait ses traits. C’était la première fois qu’Améthyste entrait dans le Palais Solaire.

    - Que fais-tu ici ? demanda Soleil.
    - Je suis venu te proposer mon aide, dit-il comme s’il s’agissait d’une évidence.
    - Tu es fou ! Si Hadès te savais ici, il…
    - Peu m’importe l’avis d’Hadès ! coupa l’étranger. Aurore, tu ne tiendras pas longtemps ! Laisse-moi t’aider où la Voie Lactée tombera sous la coupe de ce dieu maudit !
    - Ne le maudit pas ! Il s’agit tout de même de ton…

    Il l’interrompit d’un geste.
    - Inutile que tes guerriers sachent qui je suis. Tu as donné mon nom à une pierre jadis, je la représenterai donc. Si tu accepte, je serai Améthyste de Saturne, la planète de la mort.
    - Il n’y a pas de planète de ce nom !
    - Qu’importe ! Tu en créeras une ! Je t’en prie, accepte !
    - Très bien… Mais dis-toi bien que c’est pour ce monde et uniquement pour lui !

    Améthyste s’approcha de Soleil, et lui fit un baisemain à travers son masque.
    - Je ne l’oublierai pas.

    *** Fin du Flash Back***

    Et c’est ainsi qu’un nouveau protecteur vit le jour. Emeraude se demandait encore qui il était, et pourquoi avoir décidé que Saturne serait la planète de la mort ? Saturne était bien le nom romain d’Hadès, mais pourquoi justement ce dieu ? Tout disait qu’Améthyste connaissait le dieu des morts…

    Tout à ses pensées, Emeraude ne vit pas l’ombre s’approcher de lui. Soudainement, il entendit une invocation…
    - Par la prise diagonale !

    … et n’eut pas le temps d’esquiver. Il tomba au sol, sans vie.

    ***

    Vénus avait rendu visite à Naoko et à Shiziru. Ses deux amies avaient été très étonnées, mais l’avaient également crue. Toutes deux avaient dit être très contente d’avoir été son amie, mais elles déclinèrent elle aussi son invitation au palais.

    - Je ne peux pas accepter, ma vie est sur Terre, dit Shiziku. Dans trois ans, je commencerai mes études en droit, comme je l’ai toujours rêvé.

    - J’ai décidé de me marier, fit Naoko. Tu te souviens de Thomas ? Il m’a demandé en mariage, et j’ai accepté. Dès que nous aurons finit nos études.

    Vénus s’envola seule vers le Palais Solaire, triste de quitter de si chers amis mais heureuse de les avoir revus une dernière fois.

    ***
    - Où est donc Emeraude ? demanda Soleil.
    - Quel culot ! dit Mercure, furieuse. Soleil avait pourtant insisté pour que tout le monde soit là !
    - Doucement, Mercure, intervint Terre. Peut-être lui est-il arrivé quelque chose.
    - Je vais voir, décida Améthyste.
    - NON ! cria Soleil.

    Tous se retournèrent vers elle, mais elle fit semblant de rien.
    - Reste ici. Rubis et Mars irons voir. Au moindre problème, vous nous appelez.
    - Comme tu voudras, dit Rubis. On y va !

     
    - Comment ! s’exclama Soleil. Mort ! Mais… qui ?
    - Si c’est celui à qui je pense, nous n’en avons pas finit, fit sombrement Améthyste.

    Soleil hocha la tête.
    - Nous allons avoir besoin de tout le monde. Pourrais-tu te rendre en Enfer et le faire revenir ?
    - Si son corps est entier, il n’y a pas de problème.

    Les autres guerriers sursautèrent, surpris. Seuls Saphir et Terre ne manifestèrent aucun étonnement.
    - Tu peux aller dans le royaume des morts et en ramener des âmes ? demanda Vénus.
    - Ne suis-je pas le protecteur de la planète des morts ? répondit-il.

    Ensuite, il se tourna vers Rubis et Mars :
    - Le corps est-il en état ?
    - Il n’y a aucune trace de coup, comme s’il était mort empoisonné.
    - Dans ce cas, je vais faire le nécessaire. Je part sur le champ.

    Il disparut dans un nuage de poussière. Devant l’étonnement de ses guerriers, Soleil sourit.
    - Il a de nombreux pouvoirs, sans aucun rapport avec les vôtres.
    - Mais qui est-il donc ? demanda Rubis.
    - Vous vous souvenez peut-être qu’il m’a lui-même demandé de ne pas divulguer son identité, répondit la déesse.
    - Mais pourquoi porte-t-il un masque ? questionna Vénus à son tour. Est-ce pour qu’on ne le reconnaisse pas ?
    - Non, c’est pour une autre raison. Comme vous le savez, nous avons en chacun de nous une partie de lumière et une partie de ténèbres. Seuls les dieux sombres et les dieux de lumière font exception. Quelqu’un a jeté un sort à Améthyste, qui fait qu’il n’y a plus que des ténèbres en lui. A cause de cela, personne ne peut le regarder sans éprouver une gêne immense, et sans avoir envie de le tuer, tant les ténèbres qu’il dégage sont grands. Il porte donc un masque pour pouvoir rester parmi des êtres vivants. S’il ne possédait pas en lui la pierre d’améthyste, il vous serait même impossible de le toucher !
    - Mais vous êtes une déesse de Lumière, fit remarquer Mars, et Hadès un dieu Sombre, pourtant nous avons pu vous voir.
    - Uniquement parce que nous savons contrôler la lumière (pour Hadès les ténèbres) que nous dégageons. Améthyste n’est pas encore assez puissant pour cela. Le jour où il acquerra une certaine puissance, il pourra contrôler son aura et ne devra plus porter ce masque.
    - Je me demande à quoi il ressemble… dit Mercure.
    - Bon, assez discuté, déclara Soleil. Retournez immédiatement sur vos planètes, et prévenez-moi au moindre bruit suspect ! Saphir, Terre, vous deux restez ici.
    - A vos ordres !

    Les guerriers s’envolèrent vers leurs palais respectifs.
    - Mon gardien, ma Donneuse de Vie, qu’allons-nous faire ? demanda Soleil à Saphir et Terre.
    - Nous n’en savons rien, déesse. Chronos et Héra n’ont aucun message à vous transmettre.
    - Bien… Allez donc dans vos chambres, et priez pour qu’Améthyste réussisse !

    Le gardien et la Donneuse de Vie se retirèrent.

    ***

    Neptune, Chapelle de Poséidon

    Une forme dans un tourbillon d’étoiles. Cristal ! Emeraude ! Saphir ! Améthyste ! Ils sont tous là. Rubis les rejoint en volant, et ils commencèrent à plaisanter. Soudainement, les combattantes arrivèrent, suivies de Soleil et ils se mirent à danser par deux. Une musique magnifique résonnait dans l’espace et tous s’amusaient…

    Rubis dormait, et rêvait. Après avoir veillé durant trois jours, il avait fini par s’assoupir sur la terrasse. Une ombre s’approcha doucement, et murmura :
    - Attaque diagonale !

    Il ne se réveilla même pas quand il reçu le coup.

    ***

    Les guerriers étaient abattus.
    - Rubis aussi…

    Mars acquiesça. Elle était encore sous le choc d’avoir découvert son ami, allongé sur sa terrasse. Elle avait d’abord cru qu’il dormait simplement : il ne portait pas la moindre blessure ! Et elle l’avait secoué pour le réveiller, mi-riant, mi-sérieuse. Mais il ne s’était pas réveillé. Il était resté étendu, raide et froid sur le sol de pierre. Horrifiée, elle avait volé le plus vite possible jusqu’au Palais Solaire pour prévenir les autres.
    - Oui… Il est mort, réussit-elle à articuler.

    Vénus la pris dans ses bras pour la consoler, et toutes deux éclatèrent en pleurs muets. Les autres retenaient leurs larmes.
    - Bon, dans ce cas… Dorénavant, vous resterez tous dans le Palais Solaire, décida la déesse de la Lumière.
    - Mais, Soleil… intervint Mercure.
    - Pas de mais, coupa la déesse. Je ne veux pas perdre quelqu’un d’autre.
    - Très bien…
    - Il ne reste plus qu’à espérer qu’Améthyste réussisse… murmura la déesse.

    ***

    Enfer
    - Laissez-moi passer.
    - Certainement pas ! dit le garde.
    - Je vous dit de me laissez passer !
    - Vous n’avez rien à faire ici !
    - Bon…

    Améthyste ôta son masque.
    - Sei… Seigneur Da…
    - Silence ! coupa Améthyste. Ne prononcez pas mon nom ! Ouvrez cette porte et laissez-moi passer !
    - A vos ordres, Seigneur !
    - Une dernière chose… Où se trouve Hadès actuellement ?
    - A Ellusion, Seigneur.
    - Parfait, il ne saura donc pas que je suis là… murmura Améthyste.

    Ensuite il éleva la voix pour dire :
    - Ne révélez à personne ma présence ici, sinon…
    - A… A vos ordres ! dit le garde en ouvrant la porte, frémissant à ce qui l’attendais s’il désobéissait.

    Le protecteur de Saturne passa la porte. Il avança, traversant les multiples patries de l’Enfer jusqu’à arriver à un palais obscur. Il pris une clef qui était attachée autour de son cou par une chaîne d’argent, et ouvrit la porte du château, puis pénétra à l’intérieur. Il continua de marcher jusqu’à une salle ronde, où se trouvaient dix cercueils dorés et dix urnes de verre.
    - Voyons… Laquelle est celle d’Emeraude ? Celle-là. Non ! Rubis est mort aussi ! Bon… Au travail.
    - Tu ne pensais tout de même pas que nous te laisserions ressusciter les guerriers impunément ?

    Améthyste se retourna.
    - Qui est là ?

    Un homme sortit de l’ombre. Il était chauve, et portait une armure noire.
    - Je suis Fou, serviteur d’Hadès ! se présenta-t-il.
    - Fou ? Sais-tu qui je suis.
    - Bien sûr.
    - Et tu sais ce qui t’attends si tu porte la main sur moi ?
    - Une bonne récompense ! Je suis ici par un ordre d’Hadès lui-même !
    - Hadès ?
    - Oui. D’ailleurs, tu ne refuseras pas le combat.
    - Et pourquoi en es-tu si sûr ? demanda railleusement Améthyste.
    - Je suis l’allié de celui qui a tué tes deux amis.

    Le protecteur de Saturne frémit.
    - Tu as touché juste, Fou ! Et tu vas payer pour lui !
    - Tu crois être à la hauteur ?
    - On va voir ça tout de suite ! BLACK TORNADO !

    Fou arrêta l’attaque d’Améthyste d’une seule main, puis riposta en envoyant des boules d’énergie. Le gardien de Saturne esquiva, et le combat continua ainsi durant plusieurs minutes. Malheureusement, Fou était le plus fort, et au bout de quelque temps Améthyste s’écroula pour ne plus se relever.

    ***

    Palais Solaire
    - NON !
    - Soleil, qui a-t-il ? demanda Vénus.
    - Améthyste… Améthyste est mort…
    - Mon dieu !
    - Notre dernier espoir s’est envolé…

    Une explosion retentit dans les jardins.
    - Encore un problème ? Je pensais qu’ils étaient enfin à court ! dit ironiquement Mercure.
    - Mon dieu ! s’écria Vénus. Saphir est dans les jardins ! Mais il ne peut pas utiliser ses pouvoirs sans moi !
    - Tout le monde dans les jardins !

     

    Saphir se trouvait face à un guerrier chauve, portant une armure grise. Rapidement, Vénus le rejoignit et il se prirent la main.
    - Reçois ton châtiment ! Pouvoirs de Chronos et d’Aphrodite !
    - AAH !

    L’inconnu fut gravement blessé.
    - Vous ne m’aurez pas si facilement ! Attaque diagonale !

    Saphir et Vénus esquivèrent.
    - Et c’est avec ça que tu as tué les autres protecteurs ? lança Saphir. Sale lâche ! Tu as du les attaquer par derrière !

    L’intrus sourit d’un mauvais sourire.
    - La fin justifie les moyens… Seul le résultat compte ! ricana-t-il.
    - Tu vas payer ! Vénus ?
    - Oui ! Cœur d’Aphrodite !
    - Instant de Chronos !
    - AAAAAAHH !

    Le guerrier chauve fut complètement désintégré par la double attaque combinée de Vénus et de Saphir.
    - Ouf ! fit Mars. Mais qui était-il ?
    - Il s’est présenté comme Pion, dit Saphir.
    - Pion ? Comme aux échecs ?
    - C’est cela, répondit le gardien de Pluton. En fait, il a dit qu’il était Pion, de la garde d’Echecs.
    - Pion de la garde d’Echecs… Je me demande qui ça peut être…
    - En attendant, dit Mercure, nous ne sommes plus que sept !
    - Sept ? répéta Saphir. Vous voulez dire qu’Améthyste…
    - C’est cela.

    Tous baissèrent la tête.
    - Rentrons, proposa Soleil. Allons à l’intérieur du Palais.
    - Certainement pas ! cria une voix. Je suis Tour de la garde d’Echec, et je vengerai mon ami Pion !
    - Tour ? s’exclama Mars. Mais qu’est-ce que c’est que ce cirque ?
    - Attaque faciale ! invoqua Tour.
    - Metal Wall !

    L’attaque fut bloquée par le mur de métal, et les guerriers ripostèrent. ALIGN="JUSTIFY">
    - C’est nous qui allons venger nos amis ! Vagues de Poséidon !
    - Ailes d’Hermès !
    - Instant de Chronos !
    - Cœur d’Aphrodite !
    - Vous ne m’aurez pas si facilement ! dit Tour en esquivant la vague d’énergie qui venait vers lui.
    - C’est ce qu’on va voir, dit Soleil. Tu as tué, ou aidé à tuer mes protecteurs ! Tu vas payer ! RAYON LUMINEUX !
    - NOOOOOOOOONNNN !!

    Tour fut à son tour pulvérisé.
    - Maintenant, rentrons ! dit Soleil d’un ton sans réplique.
    - C’est la première fois que je la voit comme ça ! souffla Saphir à l’oreille de Vénus.
    - Elle a été très affectée par la bataille contre Cristal. Les morts de Rubis, Améthyste et Emeraude étaient de trop. Elle a passé la nuit dans des cauchemars plus horribles les uns que les autres…
    - Je me demande QUI peut bien être Améthyste.
    - Moi aussi…
    - Et bien ? demanda Soleil. Vous venez ?
    - On arrive, Soleil ! cria Vénus en s’élançant.

    Saphir la suivit, mais pensa encore :
    - QUI est Améthyste ?

    ***
    - Pion et Tour se sont fait tuer, Reine.
    - Et Améthyste ?
    - Il a rejoint ses amis dans le sommeil éternel.
    - Eternel ? Ils renaîtrons dès que Soleil en aura l’occasion. Mais qu’importe, tu as bien fait ton travail, Fou. Pion et Tour ne sont que des incapables, bon débarras.

    Fou s’inclina.
    - Quand vais-je agir ?
    - Dès demain, tu attaqueras. Et ne me déçois pas !
    - Fais-moi confiance, Reine !

    ***

    Améthyste… Mort, il est mort ! Hadès l’a repris ! Améthyste est mort ! MORT ! M-O-R-T ! Tu ne le reverras jamais ! Jamais ! Il est mort ! Il est redevenu Da…
    - NON !

    Soleil se redressa, en sueur. Quel horreur ! Ce cauchemar… Elle aimerait pouvoirs oublier la mort d’Améthyste et des autres au moins pendant son sommeil ! Améthyste…

    ***

    Le lendemain…
    - Tu as l’air fatiguée, Soleil.
    - Ce n’est rien, Terre. J’ai juste passé une mauvaise nuit.
    - Tu es sûre que ça va ?
    - Mais oui…
    - Soleil ! Terre ! Mars !
    - Qui a-t-il, Mercure ?
    - Nous sommes attaqués ! Cette fois, c’est un certain Fou qui nous attaque ! Il est beaucoup plus puissant que les deux autres !
    - Vite, allons-y !

     
    - Attaque spirale !
    - AAAAH !
    - AAAAAH !
    - Vénus ! Saphir ! Puissance de Gaïa !
    - Fer ! Or ! Argent ! Etain ! Platine ! Par les cinq métaux élémentaires !
    - Hahaha ! ricana Fou. Vous pensez vraiment que ces attaques minables peuvent m’atteindre ? Attaque spirale !

    Terre et Mars reçurent l’attaque de plein fouet, et elles s’écroulèrent, assommées.
    - Attaque spirale ! répéta Fou.
    - Non ! Mars, Terre !

    Les corps même des deux combattantes furent anéantis.
    - Non ! Tu vas me le payer ! Ailes d’Hermès !
    - Spirale d’Ambre !
    - Pluto Attack !

    Les trois attaques fusèrent sur Fou, qui ne fit même pas un geste pour les éviter.
    - Ah ! Tu fais moins le malin maintenant ! dit Mercure.

    La fumée se dissipa. Fou n’avait absolument rien ! Pas la moindre meurtrissure !
    - Alors ? Je pensais que j’allais payer ?
    - Non… C’est impossible…
    - Mais pourtant vrai ! Attaque spirale !
    - NOOOONN ! Mercure ! hurla Vénus.
    - A ton tour ! Attaque spirale.

    Vénus esquiva, et lança à son tour une attaque :
    - Cœur d’Aphrodite !
    - Attaque Spirale !
    - AAAAAH !
    - VEEEENUUUUUUUUUUUUUUS ! rugit Saphir. VEEENUUUUS !
    - Calme-toi, Saphir ! dit Soleil.
    - Ce salaud a tué Vénus ! Il les a tous tués !
    - Saphir… murmura la déesse, vite… Ouvre les portes du temps…
    - Quoi ?
    - Ouvre les portes du temps !
    - Mais…
    - Fais ce que je te dis !
    - Bon… Chronos ! invoqua Saphir. Dieu du temps et de la mémoire ! Permet à ton gardien d’utiliser les clefs du temps ! Porte du temps, ouvre-toi !

    Une profonde lumière bleue envahit les environs. Une porte apparut, et elle entraîna Fou vers elle.
    - Quelle est cette porte ? demanda Fou, paniqué.
    - C’est la porte du temps ! expliqua Saphir.
    - La porte du temps ? Et qui es-tu pour pouvoir l’ouvrir au nom de Chronos ?
    - Je suis Saphir. J’ai jadis été un gardien de Chronos, mais le dieu du temps a proposé à Soleil que je me joigne à elle en gage d’amitié. Je suis maintenant le protecteur de Pluton et l’unique gardien parmi les guerriers !

    Fou ouvrit de grands yeux, puis repris son sang-froid.
    - Pauvre idiot ! Tu ne me feras rien avec ça ! Attaque spirale !

    Surpris, Saphir bondit pour éviter l’attaque, mais fut du même coup happé par la porte.
    - NOOOONNNN ! SOLEEEEEEEIIL !
    - Saphir ! Nous nous reverrons ! cria la déesse de la Lumière.

    La porte se referma.
    - Maintenant, à nous deux, déesse !

    Soleil sourit.
    - Tu ne me tueras pas.
    - Je ne comptais pas te tuer.
    - Tu ne me captureras pas non plus.
    - Comment ?
    - Tu as entendu. Je ne tient pas à mourir, mais je sais qu’Hadès ne pourra pas sortir des Enfers avant deux cent ans au moins. Car tu sers bien Hadès, n’est-ce pas ?
    - Pas du tout !
    - Inutile de me mentir. Vous n’auriez pas pu tuer Améthyste dans les Enfers si vous ne serviez pas Hadès.

    Fou baissa la tête.
    - Mais peu importe ! continua la déesse. Je n’ai pas besoin de vivre si mes guerriers sont morts et si la Voie Lactée ne craint rien. Je dis que tu ne me tueras pas, parce que je le ferai moi-même !
    - Comment ?
    - Si vous me capturez, personne ne défendra plus cet endroit, et à sa ressuscitation Hadès s’en emparera facilement. Je préfère encore mourir, et renaître pour empêcher Hadès de vaincre, que vivre et laisser Hadès gagner ! Naissance d’une étoile ! invoqua la déesse.

    Une lumière l’enveloppa, et elle disparut.
    - So… Soleil… gémit Terre, encore au sol.
    - Tiens, tu es encore vivante ? s’exclama Fou, revenu de sa surprise.
    - Je me battrai jusqu’au bout ! dit la combattante en se relevant.
    - Et moi aussi ! dit Mars.
    - Je vous croyait morte, mais je vais réparer cette erreur… Attaque spirale !

    Les deux combattantes évitèrent facilement cette attaque si souvent répétée, et ripostèrent en dégainant leurs épée :
    - Epée végétale !
    - Arme d’Arès !
    - Ooh ! Des armes blanches maintenant. Comme vous voudrez, dit Fou. Lame du Fou !

    Les trois lames se rencontrèrent et une lutte effrénée commença. Mars et Terre commencèrent par prendre l’avantage, mais elles étaient fatiguées et blessées, et Fou repris le dessus.
    - Vous allez goûter à la botte du fou ! Coup de lame !
    - Metal Wall !

    Le coup de Fou fut arrêté net par le mur, et les deux combattantes en profitèrent pour lancer des incantations :
    - Puissance de Gaïa !
    - Métaux d’Arès !

    Fou, surpris, ne put éviter et fut gravement blessé.
    - Vous avez fait couler mon sang en transperçant mon armure ! Je vous félicite, mesdames, vous êtes les premières à y arriver ! Malheureusement, je suis maintenant obligé de vous éliminer !
    - Les premières ? Et depuis combien de temps vis-tu ? se moqua Mars. Trois ans ? Il n’était pourtant pas bien difficile de deviner que ton point faible était ta tête dénudée !
    - Tu vas me payer cet affront, combattante au quartz !

    Il se concentra, et lança une énorme boule d’énergie. Terre eut le réflexe d’éviter, mais Mars pris l’attaque de front et fut pulvérisée.
    - Mars ! Non ! Toi aussi…
    - Et oui ! Je l’avais prévenue… Il ne reste que toi, Gaïa Terre de Diamant ! Et tu ne vas pas tarder à rejoindre tes amis en Enfer !
    - Tu n’auras pas ma vie ! Jamais je n’irai en Enfer ! Je n’ai d’autre fonction qu’aider Soleil, mais puisqu’elle a jugé qu’il ne servait à rien de rester en vie, je vais la suivre de ma propre volonté !
    - Tu veux dire que toi aussi tu vas te…

    - Naissance d’une graine ! invoqua Terre sans écouter son adversaire.

    Une lumière blanche l’enveloppa, et elle disparut comme Soleil un peu pus tôt.
    - Après tout, fit Fou en rengainant son épée, qu’elles se suicident où que je les tue, quelle différence ? Bon… Maintenant je dois faire part à Reine des dernière nouvelles… Et de notre totale victoire !

    Et il s’envola en riant.

    ***

    - Quoi ? Un gardien de Chronos parmi les guerrier ? C’est étrange que nous n’en étions pas au courant. Mais ce n’est pas un problème en soit, puisqu’il est mort de toute manière.
    - Tu as raison, Reine. Ce qui me tourmente plus c’est le suicide de Soleil et de Terre.
    - Il est vrai que c’est surprenant. Et tu dis qu’elle a invoqué une incantation et elle a disparu ?
    - Exactement, et Terre de Diamant à suivit son exemple quelques minutes après à peine.
    - C’est incroyable…
    - Elle avait bien compris que si elle était capturée, elle n’aurait plus pu protéger la Voie Lactée, et qu’Hadès se serait servie d’elle comme otage. Elle est sûre de renaître, elle ne craint donc pas la mort.
    - Dans ce cas, nous allons l’empêcher de revivre !
    - Comment, Reine ?
    - C’est très simple…

    Elle lui tendit un objet soigneusement emballé.

    - Va placer ça au centre du Palais Solaire, autour du globe solaire. La déesse de la Lumière ne verra plus jamais le jour ! affirma Reine en ricanant.
    - J’y vais de ce pas !

    Il s’envola vers le Soleil, et en ressortit quelques minutes plus tard.

    - Adieu, Soleil de la Lumière ! HAHAHA !

    Partie 2, Histoire d'échec