Quelques mises au point…
Cette histoire est en fait une sorte de cross-over entre l’univers des sailors et celui que j’ai crée pour une bande dessinée que je prépare. Je relate ici la rencontre entre les guerrières et Garett Firebrand, un personnage que j’ai inventé pour ladite BD, qui s’intitule « Darkeim Metheir, l’aube du messie noir. », qui se passe dans un monde parallèle au nôtre, le royaume des goules.
Garett est une gargouille, être humanoïde dotée de griffes, d’ailes et bien d’autres choses très sympathiques.
Je ne vais pas m’attarder sur le royaume des goules ( c’est si complexe que même moi, son créateur, je m’y perds…)
En vérité, je suis plus porté sur le médiéval-fantastique pur ( que se soit le seigneur des anneaux, Conan le barbare, ou les chroniques de la lune noire.) Mais je me suis très inspiré du jeu vidéo Diablo 2 ( sur PC… je fais pas de pub, je vous assure.). Comme la règle des cross-over est de lier deux univers distincts, j’ai apporté ma touche personnelle, au niveau des sortilèges, les termes sont plus proches de la phraséologie (ce mot existe, si, si) de Diablo. ( comme le mur de feu, ou la nova de foudre…)
Pour ce qui est de cet épisode, il se situe après la première saison, je crois… ( je suis plus sûr, y a longtemps que j’ai plus vu d’épisodes…)
Pour quoi ce titre, et en anglais, je vous entends dire. C’est simple. C’est aussi le titre de ma chanson préférée du groupe Bathory, un groupe de trash. ( Pour ceux qui connaissent pas, c’est du hard-rock très très hard ) Or, Bathory est le nom d’un personnage important de cette histoire. Finesse !! (« Woah ! Matîn !! Qu’il est fort ce type !! » dixit la foule en liesse… je sais, c’est nul…)
Autre chose : Garett et le démon que les protagonistes vont devoir affronter parlent parfois dans leurs langues maternelles, l’Akranodien ou le gargouille par Garett, et la langue des ténèbres pour le démon. Vous trouverez à la fin un lexique des termes étrangers.
Bonne lecture…
Ps : j’ai un style un peu glauque, voire même violent, ne soyez pas surpris si certaines scènes sont un petit peu gore…
"a flash like the birth of a sun
a pillar of virgin fire
now glowing a ruby cloud
the finger of death reading higher
i have harnessed the stars
now unleashed upon the earth
i am become death
the destroyer of worlds"
Bathory, Destroyer of worlds
1
“Death from above”
Quelque part, non loin de Tokyo…
La campagne verdoyante s’étale sous un ciel ombrageux et sombre. En voyant l’évolution du temps, Hakko Tokosa se dit qu’il avait mal choisi son moment pour venir braconner. À se demander si le ciel n’était pas contre son acte. Deux lapins pendaient déjà à sa ceinture, et il se hâtait de regagner sa jeep avant que la pluie ne tombe.
Trop tard. De grosses gouttes commencèrent à tomber, il accéléra le mouvement, gêné par son fusil et les branches des arbres. En jurant, il tenta de gravir une petite pente.
Son pied dérapa. Il poussa un nouveau juron alors qu’il tombait en arrière. Il atterrit le cul dans la boue.
« Et merde… » il venait de s’apercevoir qu’il avait perdu un des lapins. Peut-être était-ce le prix à payer… Il se remit debout, et la pluie, a son grand étonnement, cessa.
Il resta un instant immobile, fixant la pente devant lui, et il essuya son cul, avant de grimper à nouveau. En s’accrochant aux nombreuses branches et racines, il parvint enfin au sommet.
C’est alors qu’il découvrit ce qui le tracassait depuis un instant : il n’avait pas franchi de pente en venant de la voiture…
Et merde, pourvu que je ne me sois pas perdu…
Passer la nuit dans cette forêt était inenvisageable. Ses rhumatismes sont trop violents.
Il continua quand même, et après quelques minutes, déboucha sur une grande clairière. La mémoire lui revint alors, et il sut qu’il était sur le bon chemin.
Tandis qu’il se frayait un chemin au milieu des hautes herbes, le sol se mit à trembler. Il resta pétrifié, tandis que les secousses étaient de plus en plus violentes.
Il le va les yeux au ciel. En plein milieu des nuages, un maelström se forma, comme un titanesque trou dans les cieux. Des éclairs zébrèrent le ciel. Une lumière aveuglante éblouit Hakko, qui du se protéger les yeux. Quand il put regarder de nouveau, ce fut pour voir une boule de feu descendre du maelström et s’écraser dans la prairie, à une vingtaine de mètre de lui. Le souffle de l’impact le projeta à terre.
Il resta un instant étendu, abasourdi. Décidément, on lui en voulait vraiment pour cette petite chasse…
Il se remit lentement sur pied, ramassant son fusil, son chapeau, et, courbatu, clopina vers le lieu de l’impact. La météorite – ce ne pouvait pas être autre chose – avait brûlé toute forme de vie sur un cercle d’une dizaine de diamètre. Un énorme cratère s’ouvrait au centre de ce cercle, d’où s’échappait une fumée semblant sortir de l’enfer.
Hakko observait, stupéfait. Il ne savait pas trop ce qu’il devait faire. Sûrement prendre ses jambes à son cou et filer.
Il poussa un cri. Une main venait de surgir du cratère. Une main humaine. Terrifié, il leva son fusil, et suivit les mouvements de cette main. Elle s’agrippa au rebord du trou, et une deuxième main fit de même.
Une créature superbe émergea du cratère. Une femme. Très grande, très mince, avec de longs cheveux roux, des grands yeux verts, des seins lourds et de longues jambes fines.
Elle était totalement nue.
Hakko n’en croyait pas ses yeux. La jeune femme regarda autour d’elle. Elle ne semblait pas du tout blessée, ni brûlée…
Son regard se porta sur lui. Le chasseur cru qu’on lui transperçait le ventre. Son regard était profond, inquisiteur et brillait d’une lueur démoniaque. Elle s’approcha de lui, avec grâce et légèreté. Elle souriait.
« N’approchez pas ! » Fut la seule chose que Hakko fut capable de dire.
Elle s’arrêta face à lui, sans un mot, toujours souriante. Puis, d’un geste vif et élégant, elle lui arracha le fusil des mains. Ses yeux brillèrent.
Hakko écarquilla les yeux. Il voulait fuir le plus loin possible, mais ses jambes n’obéissait plus. La jeune femme le saisit par le col, le souleva. Hakko commença à pleurer.
« Pitié, je vous en prie… »
Sourd à ses supplications, la jeune femme sourit de plus belle, et, enfonça son bras dans son ventre. Le chasseur hurla. Du sang gicla de sa bouche, coula de son menton et étouffa son hurlement.
La jeune femme l’embrassa alors, aspirant le sang qui coulait en abondance, avant de le couper littéralement en deux par la seule force de ses bras. Les deux parties du corps de Hakko tombèrent dans l’herbe.
La jeune femme lécha son bras ensanglanté, et ses yeux brillèrent. Elle se mit en marche, vers l’endroit où se trouvait la camionnette du chasseur.
Elle avait une mission à remplir.
Dans la banlieue de Tokyo…
Les hurlements de la jeune fille résonnaient dans la ruelle glauque et sombre où elle s’engageait, à toute allure, une meute de violeurs à ses trousses. Ça faisait cinq minutes qu’elle courait à perdre haleine, appelant à l’aide malgré le fait qu’elle sait, comme tout le monde, que nul ne voudra prendre un coup de couteau pour elle.
Derrière elle, elle entendait les rires et les insultes de ses trois agresseurs. Ils gagnaient du terrain…
L’un des violeurs lui tomba dessus, la plaquant contre le sol. Bientôt, elle fut littéralement immobilisée, et déjà, il retirait son pantalon.
Une explosion les pétrifia tous. Les violeurs comme la fille, qui ne compris pas, tant elle fut ébahie, qu’elle avait une chance de s’en tirer.
Des éclairs bleus illuminaient la ruelle. A un endroit précis, l’air sembla se dilater, gonflé, puis une sphère de flamme explosa.
Un homme roula hors de la sphère de flamme, tombant sur le sol. Il resta un instant immobile, un genou au sol, puis il se releva. Il portait une espèce de cape noire, et une capuche était rabattue sur sa tête, si bien qu’on ne voyait pas son visage. Il devait bien faire dans les deux mètres, voire plus.
L’un des violeurs attrapa la jeune fille et la releva. Il posa la lame de son couteau sur le cou de sa victime.
« Sais pas d’où tu sors, mec, mais t’as plutôt intérêt à dégager de là vite fait si tu veux pas que je la taillade ! »
Pendant un instant, l’homme ne bougea pas. Les loubards l’encerclaient, tentant de cacher leur peur derrière un masque de méchanceté.
L’homme fit un geste simple mais rapide. Il tira quelque chose de sous sa cape, qui brilla une seconde à la lueur de la lune, et fila en sifflant vers le loubard tenant la jeune fille en pleurs.
Elle hurla. Une sorte de boomerang métallique s’était figé dans la tête de son agresseur. Ses yeux roulèrent dans ses orbites, le couteau glissa de ses mains et il tomba au sol, entraînant la jeune fille qui hurla de plus belle.
Les deux autres punks se tournèrent vers l’homme, qui ne bougeait toujours pas.
L’un fondit sur lui en l’injuriant. L’homme esquiva le coup et colla un puissant coup de pied dans le ventre du loubard qui décolla du sol et alla atterrir lourdement contre un mur. Ses organes avaient implosé, il était mort avant même de toucher le mur.
Le troisième et dernier sortit un long couteau de survie de sous sa veste en cuir : « Vas-y, viens, que je te plante ! »
Calme, l’homme le toisa. On crut voir ses yeux briller dans l’ombre de la capuche. Il leva son poing gauche. Quatre griffes jaillirent de ses phalanges. Elles étaient fines, et plus longues que le poignard du loubard, qui le lâcha et prit ses jambes à son coup. Quand il fut loin, l’homme fit rentrer ses griffes. Puis il se tourna vers la jeune fille, encore sous le choc. Il prit son pantalon des mains du punk, en profitant aussi pour retirer le boomerang du front de ce dernier, et tendit le vêtement à la jeune fille.
« Merci… articula-t-elle.
- Tu devrais rentrer chez toi, lui répondit l’homme avec une voix calme et posée.
- Oui… Oui… merci monsieur… merci… »
Tandis qu’elle filait, tout en remettant son pantalon, l’homme, qui ne se souciait déjà plus d’elle, examinait les trois loubards. Aucun n’avait le même gabarit. Il devra donc faire avec sa cape. Heureusement, avec l’orage qui se prépare, les ombres seront avec lui.
Car il n’était qu’une ombre. Déjà, il avait disparu.
2
Le dernier métro
Collège Jyuban
Encore une journée qui se termine… plus tard que pour les autres pour Ami Mizuno, qui, plutôt que de partir à la fin des cours, comme tout le monde, s’est attardé à la bibliothèque. Comme d’habitude.
Seulement, cette fois-ci, elle se demandait si s'était une bonne idée, tandis qu’elle sortait du grand bâtiment scolaire et qu’elle apercevait les nuages menaçant au-dessus d’elle. L’orage arrivait, et elle soupira. Heureusement qu’il y avait peu de trajet jusqu’à la station de métro aérien. Prestement, sans toutefois courir, elle se dirigea donc vers l’avenue parallèle qu’elle remonta sur une centaine de mètre. Ils n’y avaient pratiquement personne dans les rues, balayé par des bourrasques de vent qui soulevait un peu sa jupe de collégienne.
La rame de métro était tout aussi déserte. Il devait y avoir une dizaine d’usagers à tout casser. Ami s’installa tranquillement contre une des fenêtres de la rame et constata qu’il pleuvait, et plutôt fort. La ville qui s’étendait devant ses yeux prit une drôle de couleur, contraste de vert et de gris.
Elle avait 20 minutes de trajet, alors elle décida de lire un livre qu’elle avait emprunté à la bibliothèque. La rame s’arrêta à la station suivante, sans se remplir davantage. A la troisième station, il ne restait plus que 6 personnes dans la rame quand elle s’élança à nouveau sous la pluie.
Ami eut alors la désagréable sensation qu’on la regardait, qu’on la surveillait. Elle leva les yeux de son livre et regarda autour d’elle.
Elle avait raison.
Assis à l’autre bout de la rame, une jeune femme, très belle, la fixait, le visage neutre. Elle avait de longs cheveux roux et était vêtue d’un long manteau de cuir noir. Ami croisa son regard et fut mal à l’aise. Elle replongea dans son livre en espérant arriver le plus vite possible. Il ne restait que deux stations.
A la station suivante, la jeune femme se leva. Averti par son mouvement, ami leva machinalement la tête et, avec effroi, la vit lever un fusil de chasse de sous son manteau.
Pétrifiée pendant quelques secondes, Ami reprit ses esprits. Malgré la surprise, elle était habituée à des situations extrêmes, et ses réflexes lui sauvèrent la vie. Elle sauta à plat ventre alors qu’une décharge de plombs explosa la banquette, là où elle se trouvait un millième de seconde plus tôt.
Les usagers hurlèrent et bondirent hors de la rame, laissant Amy seule avec une folle qu’elle ne connaissait pas mais qui, de toute évidence, lui en voulait.
La rousse tira, encore et encore, réduisant la banquette à néant, puis jeta le fusil une fois vide. Ami décida de saisir sa chance. Réunissant ses deux mains, elle se concentra. Un vif éclat bleuté illumina son visage tandis qu’une boule de glace se formait entre ses paumes. Elle se leva d’un bloc pour voir la rousse qui était tout
près, et elle lança la boule de glace sur elle. Frappée de plein fouet, la rousse tournoya sur elle-même avant de retomber sur le plancher.
Pendant un instant, Ami reprit son souffle. Elle constata, en regardant la banquette en miette, qu’il ne s’en était vraiment fallu de peu.
Un mouvement attira son attention. Elle se tourna vers la rousse… qui était debout, et qui lui balança un coup de pied dans le ventre. Ami vola par terre. Elle gémit. Le coup de pied avait été très violent. Elle leva les yeux, la vision embrumé par la douleur, et vit la rousse qui était au-dessus d’elle. De longues griffes jaillirent de ses doigts, prête à transpercer Ami de part en part…
L’une des fenêtres à la gauche de la rousse explosa. Une forme noire passa à travers, frappant de plein fouet la rousse qui tomba sous le choc.
Ami se leva difficilement. Devant elle se tenait une grande personne, très grande, enveloppé dans une longue cape noire dont la capuche cachait la tête. Le nouvel arrivant faisait face à la rousse qui déjà se relevait.
« Sauve-toi, dit-il à ami.
- … Qu… Quoi ?
- Sauve-toi ! »
La rousse hurla. Un hurlement strident, terrifiant, si aigu que toutes les fenêtres de la rame explosèrent. Ami tomba à genou en se bouchant les oreilles, grimaçant de douleur.
Cela ne fit rien à l’homme à la cape, qui leva une main vers la rousse. Des éclairs parcoururent son bras, semblèrent se masser à sa paume pour former une boule de foudre qui partit vers la rousse qui bondissait sur lui. La boule de foudre la frappa au visage, elle vola à travers la rame et alla s’écraser à l’autre bout, contre la porte donnant sur l’autre partie de la rame. Elle tomba sur le sol et ne bougea plus.
L’homme à la cape se tourna vers Ami. L’attrapa par le bras et la souleva.
« Hé !! Lâchez-moi !! »
Il l’amena jusqu'à la porte latérale et la poussa hors de la rame.
« Mais qu’est-ce que… commença-t-elle.
- Fous le camp, vite !!! »
Amy resta figé, quand elle vit alors la rousse qui se relevait à travers les vitres de la rame.
« Attention ! » Cria-t-elle.
L’homme à la cape se tourna vers la rousse et allait sortir son boomerang, mais l’autre fut plus rapide. Elle l’attrapa par les épaules et le souleva pour l’envoyer cogner contre le plafond. Une fois, deux fois !
En voyant cela, Amy sembla se réveiller et fila. Manquant de glisser sous la pluie et de tomber, elle dévala l’escalier et sortit de la station.
Dans la rame, l’homme à la cape tentait de résister, mais la rousse le fit passer à travers une vitre, du coté surplombant une route en contrebas. L’homme se rattrapa de justesse au rebord de la fenêtre, se balançant qu dessus du vide, et se hissa à l’intérieur de la rame.
La rousse avait disparu.
Amy avait couru pendant cinq bonnes minutes, elle était trempée et essoufflée, elle s’arrêta pour reprendre son souffle. Son estomac lui faisait encore mal du coup qu’elle avait prit, et ses oreilles sifflaient encore.
Mais qui étaient-ils ? Pourquoi voulait-elle la tuer ? Et surtout, d’où sortent-ils ?
Le coté fantastique du drame qu’elle venait de vivre de l’impressionnait guère, dans le sens où elle côtoie ce genre de choses depuis quelque temps. Mais là, elle venait de voir à l’œuvre des puissances extraordinaires, comme elle n’en avait jamais vu… et ce qui l’impressionnait, c’est que la rousse soit encore vivante malgré avoir été touché et par la boule de glace, et par celle, bien plus puissante, de foudre. Quand ce type avec sa cape capta l’énergie pour accomplir son attaque, tout le corps d’Amy trembla tant les vibrations d’énergies étaient fortes… mais la rousse ne semblait pas entamée !
L’avenue où elle se trouvait était littéralement déserte, a part une ou deux voitures qui passaient. Amy reprenait son souffle, appuyé contre un mur, sous un balcon.
Un bruit la fit sursauter. Un crissement de pneu. Elle vit un Gros 4*4 rouge qui roulait à tombeau ouvert. étrange, c’était le même 4*4 qui était garé devant la station de métro…
En voyant le véhicule monter sur le trottoir et fonçait vers elle, Amy comprit aussitôt. Elle vit la rousse derrière le volant, une seconde avant de sauter la route, évitant de peu le 4*4. déjà, ce dernier faisait demi-tour et s’engageait sur la route. Amy se releva, la peur lui dévorant les entrailles, et elle couru vers une ruelle qui semblait apparemment trop étroite pour le 4*4…
Erreur. Malgré les ordures, et le fait que la carrosserie racle contre les murs, le véhicule s’engouffra à sa poursuite dans la ruelle. Certes ralentie par l’étroitesse de la ruelle, elle allait encore trop vite pour la jeune fille qui commença à pleurer, sentant la main de la mort se rapprocher d’elle.
Mais c’est une autre main, ferme et puissante, qui l’attrapa par le col. Elle poussa un cri de surprise tandis qu’on la soulevait. Quand elle reposa pied, ce fut sur le toit d’un immeuble.
Alors qu’elle se demandait encore comment elle avait atterrit ici, elle vit devant elle le grand type à la cape noire. Déjà, il se détournait d’elle et se dirigeait vers le rebord du toit.
« Attendez ! Qui êtes-vous !
- Reste ici. » Lui dit-il simplement, avant de sauter dans le vide. Amy se précipita vers le bord du toit et jeta un coup d’œil en contrebas. Le type avait atterrit sur le capot du 4*4, qui zigzaguait sur la route pour s’en débarrasser. Mais le type tenait bon, enfonçant ses griffes dans le capot de la voiture. D’un coup de tête, il explosa le pare-brise, et, tandis que la rousse semblait préparer un sortilège de sa main droite, il prit une forte inspiration et cracha une grande gerbe de flamme. La rousse, dont le visage commençait à brûler, lâcha le volant. Le véhicule dérapa sur le sol trempé, et fonçait droit vers une station service. Le type sauta du capot, roula sur l’asphalte et se tourna. Hors de contrôle, le 4*4 alla percuter un camion citerne avec un grand fracas. Malgré la pluie, il suffit d’une étincelle pour faire exploser les deux véhicules. La station entière s’embrasa, la jeep vola en l’air, des débris de métal volèrent sur la route, le plastique fondu s’écoula sur le bitume.
Tandis que les flammes dévoraient la station service, le type s’éloigna, se rendant vers l’immeuble où il avait laissé Amy. Grâce à un bond surhumain, il atteignit le toit… où Amy ne l’attendait pas.
Il jura, et, restant un instant pensif, il finit par s’en retourner et disparaître.
Il ne vit pas la rousse qui, un sourire au lèvre, ressortait indemne d’entre les flammes.
3
Chaos aux urgences
Amy n’est pas stupide.
Elle est poursuivie par une créature ressemblant à un top-modèle, et apparemment protégée par une espèce de moine mystérieux et… électrique.
Ils l’ont trouvé facilement, c’est alors qu’ils savent aussi où elle habite. Et, bien qu’inquiète pour sa mère, elle décida de se rendre plutôt chez l’une de ses amies les plus proches, à savoir Makoto Kino, appelée Mako par ses amies.
Trempée et crevée, Amy arrive devant l’immeuble où son amie vit, seule, depuis la mort de ses parents dans un accident d’avion. Une surprise de taille attendait la jeune fille. Devant l’immeuble stationne une voiture de police. Intriguée, elle traverse la rue, et entre dans l’immeuble. Elle monte à l’étage où se trouve l’appartement de Mako, et trouve, stupéfaite, un policier devant la porte. Plus loin dans le couloir, d’autres policiers parlent avec les voisins. L’inquiétude gagne l’esprit d’Amy, qui s’approche du policier : « Excusez-moi, monsieur, mais je viens voir une amie qui habite ici. »
Le policier la fixa : « vous connaissez mademoiselle Kino ?
- Oui… Pourquoi ? »
Elle jeta un coup d’œil derrière le policier et aperçoit l’intérieur de l’appartement, sans dessus dessous. Les murs sont défoncés, les meubles renversés… et il y a une grande tache de sang sur le sol.
« Mon Dieu !!! Que s’est-il passé ici ?!!!
- Restez calme, mademoiselle.
- Où est-elle ?!!
- Votre amie à été transporté à l’hôpital il y a dix minutes, dans un état critique. Elle est grièvement blessée.
- Oh Seigneur !!! » Amy chancela. Le policier la retint de justesse. Il l’aida à s’appuyer contre le mur.
« Est-ce que ça va ? Lui demanda-t-il.
- Oui… Non… je sais pas… Mais qu’est-ce qui s’est passé ?
- Nous l’ignorons. Tout ce que nous savons, c’est qu’une jeune femme rousse a été aperçue à cet étage avant l’incident. Nous pensons qu’elle n’est pas étrangère à tout cela. Ca vous rappelle quelqu’un ? »
Sans regarder le policier, elle fit non de la tête. Puis elle lui demanda dans quel hôpital se trouvait Mako. Une fois informée, elle ressortit sous la pluie.
Elle n’en avait pas qu’après moi… elle est là pour nous toute ! Mais qui est-elle ?!
Elle repéra une cabine téléphonique. Elle décida d’appeler Bunny. Tandis qu’elle composait le numéro, elle se plongea en pleine réflexion.
Elle va sûrement vouloir achever Mako à l’hôpital… et si les autres vont la voir, elles seront aussi en danger… Pourvu qu’elle ne soit pas encore partit…
Ce fut la mère De Bunny qui répondit.
« Amy ? Est-ce que tu es au courant pour Mako ? Lui demanda-t-elle.
- Oui, je voulais savoir où était Bunny…
- Elle est partie avec Rei à l’hôpital il y a un instant à peine. »
La pluie se calma. Amy, épuisée, resta un long moment pensive, en tentant de trouver une idée. Si elle se rendait à l’hôpital, la rousse allait faire un carnage, mais en même temps, ses trois amies étaient en danger. Peut-être qu’avec Bunny et Rei, elles parviendront à lutter contre ce… mais qu’est-ce, au juste ?
La pluie cessa quand Bunny et Rei entrèrent dans le grand hall de l’hôpital, aussi silencieux et désert qu’une cathédrale. Elle s’adressèrent à l’accueil pour savoir où se trouvait leur amie.
Dans l’ascenseur les menant à l’étage des
réanimations, Bunny secoua la tête : « J’ai du mal à imaginer quelqu’un pouvant mettre Mako dans un tel état… elle sait se défendre, quand même !
- C’est plus inquiétant encore, ça veut dire que celui qui s’en est prit à elle est vraiment dangereux.
- Je me demande où est Amy… ma mère m’a dit qu’elle n’était pas entrée, elle avait même prévenu la police.
- Je n’aime pas ça du tout. Mina aussi est introuvable. Ca ne me plaît pas… »
L’ascenseur s’ouvrit sur un couloir aussi désert que le hall. Les deux jeunes filles s’approchèrent du local des infirmières, vide.
Rei fronça les sourcils. Elle venait de voir un bras qui dépassait de la porte du local. Elle le montra à Bunny qui poussa la porte.
Une infirmière morte gisait sur le sol, les yeux grands ouverts. Son corps était littéralement brisé, son tronc était inversé par rapport à ses jambes.
« Seigneur…
- Mako !! Vite ! »
Elles couraient à travers le couloir, vers la chambre où se trouvait leur amie.
La chambre était vide. Le lit était défait, et les appareils éteints.
« On arrive trop tard…
- Oh, non… »
Bunny se tourna, ne sachant que faire. Elle vit alors la porte des toilettes entrouverte et la poussa. Un policier était assit contre le mur. Rei se pencha sur lui et prit son pouls.
« Il est vivant. »
Elle le réveillèrent. Le policier, hagard, les regarda en grognant : « Mais qui êtes-vous ?
- Des amies de Mademoiselle Kino. Elle a disparu !
- Quoi ? »
Il se leva et se rua hors des toilettes pour constater que la jeune fille n’était plus dans son lit.
« Hé merde…
- Que s’est-il passé ?
- je sais pas… je montais la garde devant la porte. J’ai entendu du bruit venant de l’intérieur et je suis entré. J’allais allumer la lumière quand on m’a assommé… »
Il prit son téléphone : « faut que je prévienne le chef. Suivez-moi.
- Il y a aussi une infirmière morte dans le local.
- Bon sang, mais que se passe-t-il ici ? »
Dans le couloir, le policier essayait de joindre son supérieur quand une silhouette surgit du fond du couloir. Une grande femme rousse, tout de noir vêtue. Le policier sortit son arme.
« La suspecte ! Police, plus un geste !!! »
La rousse passa outre et couru vers eux, levant sa main. Une sphère brune se matérialisa entre ses doigts, et dans un hurlement strident, la projeta vers le policier.
L’explosion crée à l’impact le carbonisa, et projeta Rei et Bunny par terre.
La rousse souriait : « décidément, ces terriens sont si fragiles, si prévisible… »
Remises debout, les deux jeunes filles jugèrent qu’il était temps de passer à l’action. La rousse les fixa, hilare, tandis qu’elles invoquaient leurs tenues de combats. Elle explosa de rire : « C’est ça qu’on m’a expressément demandé de tuer !!! Des gamines !!! »
Elle poussa un autre crie, plus puissants, clouant les sailors sur place. Le couloir entier trembla.
« Je me servais de jeunes filles comme vous pour mes bains de sang !!!
- Mais… qui es-tu… ? Articula Rei.
- Je suis la comtesse Erzserbet Bathory, Reine du 2154 eme cercle des ténèbres !!! »
Sa main s’embrasa. Elle préparait une nouvelle attaque. Bunny fut plus prompt à réagir. Elle saisit son diadème et le lança vers elle. Le diadème se transforma, se lissant pour devenir un disque parfait.
Le disque atteignit Bathory à l’épaule, lui coupant net le bras où se formait la sphère d’énergie. Le bras tranché tomba au sol. En rage, la comtesse fixa son membre se consumer et disparaître.
« Ne bougez plus !! »
Bathory se retourna. Un autre policier lui faisait face, la tenant en joue. Il tira plusieurs fois. Les projectiles pénétrèrent dans le corps de la comtesse sans lui faire le moindre mal. Elle ricanait. Le policier, pétrifié, laissa tomber son arme. La comtesse cria. Les balles jaillirent de son corps et transpercèrent le policier qui s’écroula.
Bunny sauta sur elle. Bathory fut plus rapide. Elle l’attrapa par le cou et la plaqua contre le mur. Elle fit jaillir ses griffes.
Rei leva les mains et hurla : « Vade retro !! »
La comtesse la fixa, amusée : « Tu crois vraiment me faire mal avec une incantation de curé ?
- Peut-être pas, mais avec ça, oui !!! » Rei fit jaillir une boule de feu de sa main qui toucha la comtesse. Elle vacilla, lâchant Bunny. Rei ne la lâcha pas, l’attaquant sans cesse. Les boules de feu pleuvaient sur Bathory, qui bientôt s’effondra, à moitié carbonisée.
Rei aida Bunny à se lever.
« Je crois qu’on l’a eue. » Dit cette dernière.
A peine avait-elle fini sa phrase que la comtesse s’éleva dans les airs. Sa peau brûlée commença à cicatriser, son bras se reformait.
« C’est pas vrai…
- Tirons-nous, vite !!! »
Tandis que la comtesse se régénérait, elles fuyaient.
Le chaos attendait Amy devant l’hôpital.
L’avenue a été fermée par la police, créant un véritable embouteillage. Les véhicules étaient détournés, alors qu’une dizaine de voitures de polices étaient garée devant l’hôpital. Les badauds s’étaient massés devant les barrières.
Amy comprit aussitôt. Ses amies étaient en danger.
Un camion de la police se fraya un chemin entre les barrires. Des hommes du groupe d’intervention, en tenues de combats, armés jusqu’au dents, en descendirent. Ils se dirigèrent au pas de course vers l’entrée de l’hôpital où ils s’engouffrèrent.
Amy ne savait que faire. Il fallait sûrement qu’elle entre pour tenter de retrouver les autres, mais par où entrer ? Pour la première fois, elle était à court d’idée. Tout ce qu’elle savait, c’est que ses amies avaient besoin d’elle.
« Amy, enfin je te trouve ! »
Amy se retourna. Luna, la chatte noire parlante de Bunny, se tenait sur une poubelle.
« Mais où étais-tu ?
- J’ai été attaqué !! Expliqua Amy, qui lui raconta ce qui lui était arrivé. La chatte resta songeuse.
« Une femme rousse, tu dis ?
- ça te rappelle quelqu’un ?
- Peut-être… ça me fait penser à la comtesse Bathory.
- Bathory ? Ezserbet Bathory ? »
Amy connaissait son histoire. Cette femme a été accusée et reconnue coupable, au 17eme siècle, d’avoir tué 650 jeunes filles dans son château à Csejthe, qu’elle saignait pour faire des bains de sang, pour rajeunir.
« Mais elle est morte en 1614 ! S’exclama Amy.
- Oui, mais tu crois que ça arrête les démons ?
- C’est… un démon ?
- Un démon inférieur du monde des ténèbres. Un royaume qui se trouve sur un autre plan spirituel par rapport au notre. A sa mort, les démons supérieurs décidèrent de l’élever au rang de démon inférieur.
- Qu’est-ce que c’est que cette histoire de démons inférieurs ?
- Vous ne connaissez que les entités maléfiques de ce monde. Mais ils agissent au nom des démons du monde des ténèbres. Il y a 3487 démons inférieurs, 4 démons supérieurs, qui sont Rushifhell, bellzemon, Zakkudruzer et Zundo druer. Ce sont les lieutenants du démon originel, le roi des ténèbres, seigneur des destructeurs… »
La voix de Luna se teinta de crainte : « … Breager, le premier des démons. Le plus puissant, l’immortel, le prince des forces du mal.
- Il a l’air sympa, celui-là… et l’autre, tu as une idée de qui il s’agit ?
- Grand avec une cape noire ? C’est peut-être un veilleur du pays d’akranod. »
Amy allait lui demander des explications quand une voix sobre et calme résonna derrière eux.
« Tu as une sacré mémoire, Luna… »
La jeune fille et la chatte se retournèrent. L’homme à la cape noire se tenait dans l’ombre. Luna resta un instant surprise.
« Garett ? Garett Firebrand ?
- Heureux que tu te rappelles encore de moi. »
Perdue, Amy les regarda tous les deux : « Vous vous connaissez ?
- On s’est déjà croisé, expliqua Luna. Je te présente Garett Firebrand, ancien membre de la guilde des veilleurs d’akranod.
- Enchantée, mais ça n’explique toujours pas ce que…
- elle ne sait rien du royaume des goules, Luna ? Elles sont malignes, dis-moi, ces guerrières…
- Elles ne sont pas appelées à lutter contre les créatures du saint royaume.
- Attendez, temps mort, si vous m’expliquiez ? Qu’est-ce que ce royaume des goules ? J’en ai jamais entendu parler.
- En fait, si, jeune fille, expliqua Garett en s’approchant. Tu ne le connais pas mais tu as du y penser une fois dans ta vie. Le royaume des goules est le royaume des morts.
- … des morts ? Vous… êtes un fantôme ?
- Non, une gargouille.
- c’est encore plus compliqué…
- J’ai pas le temps de vous expliquer en profondeur, ce qui est sûr, c’est que ezselbet est là pour vous tuer, et moi pour vous protéger.
- Ce sont les quatre qui t’envoie ? Demanda Luna.
Amy remarqua la voix du félin, empreint de crainte et de respect alors qu’elle prononçait ses mots. Les quatre devaient être des personnes importantes.
« Oui. J’ai sauvé in extremis Pathoal de eszelbet, et je suis arrivé à temps pour notre amie ici présente et pour Zekhael.
- … ? De quoi tu parles ? Demanda Amy.
- C’est de la langue d’akranod, expliqua Luna. Pathoal signifie Venus et Zekhael Jupiter.
- Tu parle de Mina et Mako ?
- Oui. Mina fut la première à être attaqué, j’ai put repousser ezselbet et mettre ton Amy en lieu sur. Mais je suis arrivé trop tard pour Mako. Mais j’ai toutefois empêché le démon de l’achever. La police arrivait, je n'ai pas eu le temps de la soigner. J’ai toutefois devancé ezselbet en venant la chercher à l’hôpital. Elle est en ce moment en lieu sur avec Mina.
- On a un problème, lança Luna. Bunny et Rei sont à l’intérieur, et vu l’agitation, le démon est avec elles.
- Tu parles de Selenelph* et Redelph** ? C’est fâcheux. Senelelph est la cible prioritaire du démon. Je vais aller les chercher.
- Je viens avec vous ! S’écria Amy.
- Non, pas question. Luna et toi, vous allez rejoindre Mako et Mina dans mon refuge. Il y a un bus, le n°7, qui sort de la ville. Arrêtez-vous à l’arrêt 26, il y a un seul sentier. Au bout, il y a une maison, c’est mon refuge. J’ai élevé un champ de force autour pour vous protéger des attaques magiques. Soyez quand même prudent. »
Alors qu’il se dirigeait vers l’hôpital, Luna le rappela.
« Est-ce que tu es toujours…
- Non. Je ne le suis plus.
- Tu arriveras à la tuer ?
- Peut-être pas, on verra.
- Décidément, les gargouilles seront toujours aussi flegmatique… »
Garett sembla disparaître dans les ombres. Luna sauta de sa poubelle : « en avant.
- Tu lui fais confiance ?
- Oui. Aveuglement.
- Pourquoi ?
- Parce que c’est l’élu. »