Dorures
L'odyssée de la tour d'or
Dorures
Par Samuel Rasmussen Stauphan Von DeRick Filipovitch

I- Le commencement

L 'écho d’un grand fracas se fit entendre et un portail fut ouvert. Les éléments tournoyèrent dans les cieux et des chants puissants mais clairs et des cors sonnaient. Une force indescriptible et puissante largua Ivellios, qui tomba à plat-ventre dans la taïga de Galrath, la demeure de l’orge glacée, dans la langue des anciens humains. Lorsqu’il se releva, il aperçut une source.

Il rampa fébrilement vers le cours d’eau et se pencha pour voir. Il vit que son reflet n’avait point de traits. Le dieu magicien ne pouvant créer des personnages au physique minutieux, il engendra un individu qui gardait la forme d’un humanoïde. Sa figure flottait dans un espace sans ombre et sans lumière.

Ivellios était dénudé dans le froid mordant des landes et de ces régions inoccupées de ce temps, qui l’empêchait d’avancer. Il se leva de son point de chute et aperçut, après une longue observation à travers la neige et la glace, des habits et deux armes posés sur une pierre plate. C’était une robe de magicien rouge sang, une épée dont le pommeau représentait un aigle braqué et un sceptre à l’immense joyau scintillant.

Il revêtit donc ces atours, nicha l’épée dans les plis de ses robes et utilisa son bâton comme canne. Il chemina le long du ruisseau à demi-gelé et escamota les durs récifs qui surplombait le fleuve d’Itim. Il vit sur un rocher un rayon de lumière jaillissant de tout son éclat, l’aveuglant.

Une grande silhouette mais cependant couronné de longs cheveux blancs pendant sur ses larges épaules. Vêtu d’un tabar blanc brodé de l’icône d’un œil vert pleurant et une armure de plates platines, la lumière ne montrait que les rebords de sa moustache pâle.

– Pourfends ceux qui veulent répandre la dévastation et le chaos, réunis ceux qui possèdent la magie dans leur âme. Ne t’inquiète pas, la majorité se ralliera à la cause de l’équilibre, car elle comprendra le besoin de la foi en la puissance, émit-il en s’évanouissant dans la coupole des cieux céruléens.

L’homme venu de nulle part surprit le mage essoufflé par le parcours effectué. Mais il se souvint à qui il avait affaire : à son maître, le dieu tout puissant, Valorius.

Il pressa le pas le long d’une lande de geysers fuligineux. Il s’assit près d’un point d’eau fraîche qui n’était toujours pas gelée, où il se désaltéra. Dans la réverbération de l’eau, il vit une immense créature qui gloussait. Un seigneur dragon d’or.

– Je pense que c’est une lourde besogne que ce genre de quête, dit l’auguste créature accrochée à un monceau de pierres.

– Ne me faites plus jamais cela, vous m’avez presque tué. Je suis tombé du néant qui se déchira et … s’exclama Ivellios.

– Peu importe ! Vous êtes sain et sauf. Il n’y a plus rien à craindre. Je suppose que vous avez certainement besoin de mon aide. Je vis ici depuis cent saisons, je connais bien le continent où j’ai voyagé pendant ma jeunesse, dit le dragon en ricanant de plus belle.

– Il y a bien des êtres qui possèdent la magie en eux-mêmes ? Mais moi, ai-je ce don ?

– D’après l’aura de lumière qui émane de vous, je peux déduire que oui !

– Laissez-vous emporter par les éléments, donnez libre cours à votre esprit qui prendra le commandement de votre corps. Vous pourrez ainsi accéder à la puissance. Comme si vous voulez le feu. Car nous les dragons sommes des êtres magiques qui possédons le feu. Et vous aussi pouvez créer cet élément …Sentez-vous la chaleur qui monte dans vos veines ? Poursuivit le lucide dracosire.

Ivellios lança une sphère de braises torsadées. La sagesse du monstre ailé impressionna l’élu.

– Vous avez beaucoup de choses à découvrir encore, jeune seigneur. Je vous emmène tout de suite à un endroit qui surplombe le continent. Accrochez-vous à mon dos ! intima le dragon au saint.

Ezinoquires monta à une cinquantaine de pieds. La vue était d’une incroyable beauté. On pouvait voir le fleuve disparaître au nord et une île logée au centre des flots.

La neige et le désert polaire s’arrêtèrent à l’orée d’une sombre forêt. À l’autre bout du continent se dressait une jungle équatoriale luxuriante dans laquelle une faune de myriades de bêtes vivait. Des aras aux couleurs flamboyantes et aux cris exotiques appelaient depuis leurs perchoirs feuillus.
Le dragon colossal se hissa dans les airs et balaya le sol. La poussière vibrionna. Ils parcoururent encore moult distance. Ils se posèrent sur un amas de terre durcie. Ezinoquires scruta l’horizon masqué par le brouillard des marécages avoisinants. Un gnome perché sur une grosse branche d’un hêtre. Les deux personnages se posèrent tranquillement et solennellement sur le sol.

– Nous sommes venu pour un royaume. S’enquit Ivellios au gnome.

– Je suis Zook Coeurdefrênes. J’ai été envoyé sur Kalivaldur par la déesse des gnomes : Allégra Feuilles D’argents. Je suis un très bon constructeur, j’ai déjà bâti des tranchées souterraines et des repères, dit brusquement le gnome en se raclant la gorge et en regardant Ivellios sévèrement.

– Moi, par Valorius le tout puissant faiseur de tempêtes. Je n’ai pas traversé la glace, le feu, le vent et la tempête pour rien, répliqua dédaigneusement Ivellios en regardant le gnome de haut.

– Vous êtes navrants en causant de cette façon ! Je vous amène en terre promise, dit le dragon doré.

Ils survolèrent les glèbes de Galrath. Au plus profond de la vallée de Ganghuin se trouvait une lande couverte d'herbes et de fleurs des champs. Une place idéale pour des structures de maçonnerie.

Le dragon doré se posa sur une grosse montagne rocailleuse.

– Allez-y… Maintenant ! s’exclama le dragon.

Ivellios souleva la montagne. Ezinoquires cracha une gigantesque flamme qui permit à Zook de forger la montagne avec le marteau d’Allégra. Dès que la montagne fut bien façonnée, l’archimage prononça une formule pour affermir la gravité. L’île céleste restait en permanence en suspension au-dessus de la terre par l’entremise de la magie.

Ivellios concentra toute son énergie et sa concentration sur l’immense morceau d’adamantin qui deviendrait le siège social du royaume de la magie. Une autre tour fut modelée : la tour de la force divine. Un royaume qui ne devint pas que des structures de blocs de pierre mais un redoutable ordre pour l’équilibre de la magie, dernier des éléments.

II- La création d'un royaume